Dans le Jardin des mots

« Jardin du souvenir », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

 

rose et jasmin

 

 

Il y a dans le grand livre du souvenir

inscrit en filigrane délicat ton nom,

à ses côtés, en lettres brodées, ton prénom

y figure posé sur l’aile d’un soupir.

Il y a dans ce long poème, nos sourires,

ces jours bleus, ces étangs, ces hôtels de renom,

ces déserts fleuris, ces forêts, ce cabanon

à l’orée du lac où le jour vient s’assoupir.

Il y a sur la plage où l’horizon se meurt

les empreintes laissées par ces deux promeneurs

lisant leurs rêves sur les versets de demain.

Sur la page où éclosent nos rires

il et un jardin où des roses sur un parchemin

viennent en doux murmures nos deux âmes fleurir…

 

© Monique-Marie Ihry – 6 avril 2011 -

* * *

« Grâce à ses capacités imaginatives peu communes, la poétesse creuse très profondément dans sa mémoire affective pour y puiser des réminiscences chargées de regret et de nostalgie. Et ce voyage à travers le temps subjectif l’amène à se promener dans des lieux inoubliables (étangs hôtels de renom déserts fleuris forêts cabanon lac  plage  jardin) en compagnie de son bien-aimé parti définitivement vers l’au-delà et du lecteur qui se trouve émerveillé par tant de sensibilité et de délicatesse.

Merci Monique-Marie pour ce nouveau joyau ! »

 

Mohamed Salah Ben Amor

« Sait-on pourquoi l’on aime ? », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

Au chant du soir 40 x 40 cm

(toile de l’auteure)

 

Sait-on pourquoi l’on aime ?

On aime tout simplement,

on aime voilà tout.

On aime ces silences qui rapprochent,

ces soupirs qui chantent

lors de la fusion ivre des corps.

On aime cette absence de remords

lorsque l’aurore s’éveille

et que s’installe la tendresse du jour.

On aime l’ivresse de moments tendres

et la tendresse d’assauts sauvages,

on aime l’aveu muet d’un seul regard

et ce désir des soirs

parés de mille égards…

 

Monique-Marie Ihry – 6 mai 2011 -

* * *

« Sait-on pourquoi l’on aime ? Les psychanalystes répondent à cette question  par l’appartenance de l’amour au côté irréel de l’être humain  au même titre que le rire et la folie. Ce qui veut dire que ces trois phénomènes échappent totalement à l’entendement, d’où leur caractère extrêmement surprenant. Freud explique également l’amour par l’instinct de  mort qui attire inconsciemment le corps vers le bas, c’est-à-dire vers la terre ou la matière inerte qui avait donné naissance à la vie. Quoi qu’il en soit, la poétesse, sans avoir eu besoin de se référer à ces thèses scientifiques, a bien saisi les mêmes caractères spécifiques de l’amour. Ce qui montre que le créateur artistique peut, grâce à sa sensibilité aiguisée,  accéder à la vérité sans emprunter le chemin méthodologique tracé par les scientifiques.

Outre la véracité de ce discours poétique au niveau du sens  général né d’une expérience réelle au sein de l’arène de la vie, ce poème vaut par son côté esthétique captivant,  aussi bien sur le plan des images que sur celui du rythme interne, tant est si bien que la place nous manque pour le démontrer. En un mot, la poétesse, en nous montrant ce joyau, nous offre l’occasion de l’admirer et de nous délecter de sa beauté resplendissante. Merci Monique-Marie ! »

 

Mohamed Salah Ben Amor

« Ivresse », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

QUIZAS 46 X 38

 

J’envie cette coupe qui effleura tes lèvres

Déjà, comme elle, frustrée, je guette l’instant

De rafraîchir ton corps comme tu l’aimais tant

Des bulles qui pétillent dans mon cœur en fièvre

 

Viens Approche tes lèvres de ma coupe ambrée

Savoure ce champagne qui n’attend que toi

Viens Viens à moi Vois ces larmes perlées de joie

À cette idée fervente de te rencontrer

 

Je veux être ce verre qui un jour caressa

L’orée libre de ton cœur Ces vertes allées

Ces prairies fleuries Ces printanières vallées

 

Laisse-moi m’enivrer de ce rêve grivois

Laisse-moi sombrer dans cette ivresse de toi

Viens boire à mon calice et laisse-toi aller

 

Monique-Marie Ihry – 26 août 2011 -

Toile de l’auteure

Extrait du recueil de poésie Délices, Éditions Mille-Poètes en Méditerranée, Narbonne, 2013 (réédition, juin 2018)

 

* * *

 

« Tout d’abord, essayons de dépasser  la très bonne impression que nous laisse ce poème après  sa lecture et cherchons  les  causes qui ont suscité en nous cet effet. Pour  fasciner ses lecteurs,  la poétesse a usé successivement du procédé de l’identification et ce, à trois reprises : la  première  se situe au niveau du désir et est symbolisée par la coupe effleurant les lèvres du bien-aimé. Quant à la seconde,  elle est évoquée par  le champagne contenu dans la coupe. La troisième, enfin, est représentée par  le verre qui enivre l’élu du cœur et ouvre son esprit sur un monde paradisiaque. Ce procédé, quoique technique, pourrait dévoiler  du point de vue psychanalytique un fétichisme latent dissimulant un désir refoulé  à l’égard du bien-aimé. Mais quoi qu’il en soit,  le  poème répond  clairement aux critères de la vraie création et c’est le plus important en poésie. Félicitations Monique-Marie !  »

 

Mohamed Salah Ben Amor

« Blanche harmonie », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

Blanche harmonie

 

La neige tombait encore

Sur les arbres emmitouflés.

Dans mon cœur transi gonflé

D’ennui, fleurit une aurore…

 

Monique-Marie Ihry – 26 janvier 2012  -

 

* * *

 

« Le lecteur de ce haïku  est saisi par quatre  éléments  hautement poétisés : le premier est le parallélisme verlainien  établi entre  l’atmosphère neigeuse externe et l’état d’âme de la locutrice. Le second est la relation de cause à effet  qui relie ces deux  mondes : l’un concret  donc visible d’un côté, et l’autre abstrait  et par conséquent invisible de l’autre. Le troisième  est le caractère subjectivement vivifiant de la neige malgré sa substance glaciale. Le quatrième, enfin, est la  double métaphore imaginée par la poète pour décrire le changement qui a été accompli dans son monde intérieur sous l’effet de la neige (l’aurore pour la vivacité, et la fleur pour l’aurore),  sans oublier le caractère surprenant de cette dernière image  qui répond à l’une des règles poétiques du haïku.

En un mot,  ce joyau est petit de taille mais très précieux  de par sa valeur. »

 

Mohamed Salah Ben Amor

« Bleuets », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

pensetang.jpg

Bleuets

 

Sur le berceau de l’eau fleurissaient des bleuets.

Ces fleurs avaient d’azur les pétales fluets,

Leur parfum exhalait une fragrance bleue

Qui diffusait dans l’aube un reflet bienheureux.

 

Un amour s’installait sur l’étang endormi

Et le cœur en éveil s’enivrait d’infini…

 

Monique-Marie Ihry – 2 juillet 2012 -

 

* * *

 

« Tout comme le mini-poème qui l’a précédé, celui-ci s’inscrit dans la même lignée romantique et symbolique. La teinte romantique qui est la plus évidente  s’illustre dans l’accord harmonieux total entre, d’un côté les éléments mis en action  appartenant au monde naturel ou spatial,  selon les termes de Bergson, (bleuets – eau – azur – parfum – aube) et de l’autre entre l’être humain (cœur en éveil)  et l’ensemble de ces éléments ainsi que l’univers  qui les englobe. Cet accord,  pareil à une mélodie visuelle  et olfactive,  crée une atmosphère paradisiaque propice à l’extase  et à la béatitude (un reflet bienheureux le cœur en éveil s’enivrait d’infini, …).

Si nous  tentons maintenant  de saisir les significations  exprimées au niveau illocutoire ou  des structures profondes, nous remarquons que trois éléments (eau ‒  fleur parfum)   ont en commun  l’appartenance symbolique  à l’univers féminin  et leur action génératrice,  l’eau étant associée à tout ce qui est vital, la fleur à la reproduction de la plupart des plantes et le parfum à l’exubérance et à la récupération des forces. D’autre part, l’action bénéfique de ces éléments  ne s’est pas limitée  au milieu où ils sont réunis (l’étang) mais elle s’est étendue à l’aube, l’élément temporel  qui les accueille au moment de l’énonciation (Leur parfum exhalait une fragrance bleue / Qui diffusait dans l’aube un reflet bienheureux). Par ailleurs, puisque l’aube symbolise le renouveau et le début d’un  nouveau cycle, la totalité du poème nous révèle la vision optimiste d’une nouvelle expérience  entamée dans l’arène de la vie  à laquelle l’auteure a  fait allusion au cinquième vers par l’usage du mot « Amour ».

En somme, un texte bien structuré, extrêmement condensé et s’ouvrant sur un univers spirituel très profond. »

 

Mohamed Salah Ben Amor

« Symphonie matinale », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

Symphonie matinale

 

Palavas s’éveillait dans un concert ailé

Les goélands dansaient un ballet étoilé

La mer allait, venait dans une valse bleue

Déposant à ses pieds en offrande immaculée

Le feston d’une fine dentelle satin

Qui s’immolait avec grâce dans le matin.

L’écume s’effaçait pour renaître à nouveau

Déposant sous ses pas dans un doux renouveau

L’offrande généreuse d’une tendre aurore

Dont le souvenir bienheureux perdure encore…

 

Monique-Marie Ihry – 6 mars 2014  -

 

* * *

 Ce poème dépeint apparemment  un paysage  naturel réel dans la station balnéaire méditerranéenne  de Palavas-les-Flots  sise dans le Sud de la France. Mais si l’on essaie de voir un peu plus loin que le « dit »  pour creuser un peu dans « le non-dit »  exprimé malgré tout involontairement  par l’inconscient de la locutrice, on y découvrira la même structure de son monde poétique spécifique régi par ces trois dualités constantes : le haut/le bas, le haut/le Moi et  le bas/le Moi. Le haut est représenté ici par le goéland,  symbole du prince charmant parti pour le paradis céleste, le bas par la mer  source de la vie  et le Moi, l’âme de la poétesse  meurtrie par la perte du prince et qui cherche désespérément une échappatoire ou même une consolation,  par le biais de l’oubli et la beauté enivrante environnante, aidée dans cette tentative par l’accord total entre l’effet bénéfique du haut sur le bas et  celui de l’harmonie entre le haut et le bas sur le Moi  sous forme d’une symphonie  visuelle (les mouvements des goélands, des vagues et des écumes) et peut-être sonore extrêmement exaltante. Ce qui montre que  dans toute description du monde extérieur il y a nécessairement une projection inconsciente de soi. Et quelle belle projection nous est illustrée dans ce poème !

 

 Mohamed Salah Ben Amor

« Orée d’une éternité », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

ENCRE 29 (3)

Orée d’une éternité

 

Je vis éclore sur ses lèvres

Les prémices d’un bleu sourire,

Rose en porcelaine de Sèvres,

Délicatesse d’un porphyre…

Je crus accéder aux cieux.

Poussée par les ailes de l’aube,

Portée par l’air mélodieux

Que la lyre aux âmes dérobe,

Délivrée d’une cécité,

Un espoir embrasa mon cœur.

J’entendis s’élever un chœur

À l’orée d’une éternité…

 

Monique-Marie Ihry – 25 avril 2013 -

Extrait du recueil de poésie Délices, Éditions Mille-Poètes en Méditerranée, Narbonne, 2013

Illustration de l’auteure

* * *

Dans un écrit littéraire, qu’il soit poétique ou en prose, ce ne sont pas les sens dénotatifs, référentiels et apparents qui intéressent  le lecteur averti mais les sens symboliques inconscients qui  lui font découvrir  le tréfonds de l’auteur. À  ce niveau-là, la locutrice se présente dans ce texte de deux manières différentes : tantôt comme objet/patiente/rhème respectivement  au sens grammatical, sémantique et pragmatique de chacun de ces termes (poussée – portée – délivrée – embrasa mon cœur), tantôt en position d’observatrice ou de réceptrice passive  (je vis éclore j’entendis s’élever), c’est à dire dans une  situation semblable à celle d’un bébé dans son  berceau ou d’un passager dans une barque. Pour ce qui est de la première position, elle fait référence au sentiment d’être protégée contre les imprévus de la vie et d’être choyée par son entourage immédiat. Quant à la seconde, elle indique le passage d’une rive  malsaine ou  peu accommodante (délivrée d’une cécité)  à une autre édénique et enchanteresse (accéder aux cieux  s’élever un chœur à l’orée d’une éternité les ailes de l’aube l’air mélodieux – espoir) où elle jouit de ce qui lui a toujours tourné le dos : l’Amour  (Je vis éclore sur tes lèvres / Les prémices d’un bleu sourire, / Rose en porcelaine de Sèvres, / Délicatesse d’un porphyre). Ainsi, c’est une partie d’elle-même  ou, si l’on veut,  sa « vieille peau » qu’elle laisse sur l’autre rive pour  en endosser une autre tout à fait nouvelle.

Pour ce qui est du style, la poète est, comme d’habitude, toujours égale à elle-même  avec la forte présence de son cachet spécifique qui allie un néoromantisme exquis et un existentialisme croyant très profond.

Mohamed Salah Ben Amor

 

 

 

« D’un souffle », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

 

Très las, il s’assoupit dans un souffle serein.

Son corps voluptueux reposait sur le drap

De soie rose. Il mettait en valeur son teint

Perle de rosée au velours très délicat.

 

J’eus soudain envie de lui offrir un baiser,

De caresser ses hanches, son corps désirable,

Mais décidai de le laisser se reposer

Sous le regard heureux de mon amour affable.

 

Je veillais sur son repos lorsque vint l’aurore,

Il pencha sur mon cœur un regard amoureux,

Me couvrit de baisers dont il me plaît encore

À me remémorer lorsqu’en mon cœur il pleut…

 

Monique-Marie Ihry – 27 avril 2013 -

Extrait du recueil de poésie Délices, Éditions Mille-Poètes en Méditerranée, Narbonne, 2013, réédition juin 2018

* * *

 

Dans ce poème d’amour, deux remarques retiennent notamment notre attention : la première, au niveau du thème, est la différence énorme entre le comportement de la femme et celui de l’homme en amour. Cela se voit dans la maîtrise qu’exerce la locutrice sur son désir lorsque son compagnon est en train de dormir,  tandis que celui-ci ne se fait pas prier  pour passer directement à l’action et entrer dans le vif du sujet. Freud a expliqué cette différence par le fait que l’un des caractères spécifiques de la nature féminine est la réceptivité à laquelle il  a opposé l’intrusion chez le mâle. Et de ces deux modes de comportement résulte la complémentarité et l’harmonie entre les deux sexes.

Au niveau stylistique, ce texte vaut surtout par son rythme  mental généré par cette opposition pertinente entre les comportements des deux partenaires et par le tableau horizontal englobant les deux images de l’homme et des draps,  brossé à coups de pinceaux  par le biais d’une description visuelle. D’autre part, une intertextualité minime avec  l’un des plus fameux poèmes de Verlaine  se fait sentir  dans le dernier vers « À me remémorer lorsqu’en mon cœur il pleut » qui  me rappelle ces  deux autres vers de Monique-Marie :

Vous étiez beau Monsieur sur le pas de la gare

Lorsque je vous  vis un jour  au seuil de mon cœur[1]

 

Verlaine avait dit :

 

Il pleure dans mon cœur  

Comme il pleut sur la ville 

 

Artistiquement parlant, ce poème est un vrai bijou !

 


[1] Rendez-vous manqués, IchraQ Éditions, 2011, p. 17.

« Juste un baiser », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

Encore un baiser sur mes lèvres déposé

Dans la rosée de cette aube, un baiser de rose

Posé doucement sur mes paupières closes

Offertes à ta ferveur dans un hiver rosé

 

Un baiser étoilé sur mon cœur embrasé

Un délicat souffle de lune que je n’ose

Espérer encore, un tendre murmure en prose

Poétisé dans le crépuscule apaisé

 

Juste encore un baiser sur mes lèvres en attente

Un message de vie, une douce promesse

Un poème prosé, délicate caresse

 

Sur le silence installé de mon âme aimante

Un ultime baiser qui consacre l’instant

Défie les temps défunts d’un amour pénitent

 

©  Monique-Marie Ihry    – 1er mars 2012  -

 

Critique du Pr. Mohamed Salah Ben Amor :

Ce qui retient  tout particulièrement l’attention dans ce sonnet est, en premier lieu, l’accumulation de comparants surprenants imaginés par la poétesse pour décrire le baiser (un délicat souffle de lune ‒ un tendre murmure en prose poétisé ‒  un message de vie ‒ une douce promesse ‒ un poème prosé ‒  délicate caresse, …). Un autre point non moins fort est l’usage massif de sonorités sous forme d’assonances répétant le mot baiser ou résonnant comme des échos (déposées rosée baiser posé  poétisé apaisé baiser prosé, …). Et, à  notre avis, la poétesse n’aurait jamais pu réussir à élever son texte à ce haut degré de poéticité si elle n’était pas partie d’une expérience réelle vécue.

 

« Lorsque le jour épouse le crépuscule » commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

Lorsque le jour épouse le crépuscule
que la nuit semble enfin capturer
dans ses filets
une infime étoile de vie,
le monde s’endort
confiant son sort à l’horloge du temps,
remet à demain ses espoirs latents,
essaie de clore un instant son regard
sur l’injustice, la misère en ce monde,
prie pour que cessent enfin les guerres
et tente de croire à nouveau
en l’Homme…

© Monique-Marie Ihry – 20 février 2015

 

Commentaire du Pr. Mohamed Salah Ben Amor :

 

Partant de la dualité : jour/nuit dont les éléments s’opposent sur plusieurs plans, l’auteure de ce poème fait pencher la balance au profit du deuxième cité, en le faisant occuper presque la totalité de l’espace sémantique du texte ( de « que la nuit semble enfin… »au 2ème vers  à l’ultime vers), et ce en raison de sa manière de voir le monde en tant que femme , sachant que la nuit est un espace temporel propice à l’éveil des facultés spécifiquement féminines telles que la réceptivité et l’intuition et en tant que poète , du fait que la nuit est un symbole archétypal   connotant l’inconscient donc  lui offre l’occasion de plonger profondément dans son intérieur. Et le résultat de cette fuite en arrière est une vision panoramique du monde  mettant à nu la réalité amère qui y règne et qui prend  de plus en plus un aspect cauchemardesque (injustice, misère, guerres).Mais grâce à son regard foncièrement optimiste, la poète se ressaisit et ne se laisse pas gagner par le désespoir , ce qui se traduit par cette clôture  rassurante qui laisse malgré tout  la porte ouverte à la possibilité de jours meilleurs « prie pour que cessent enfin les guerres/et tente de croire à nouveau).Un poème concis mais plein de significations profondes et pertinentes.

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