Dans le Jardin des mots

Au paradis des roses

Classé dans : poèmes d'amour,Poèmes en français — 27 septembre, 2009 @ 7:40

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Au paradis des roses 

 

La ville faisait enfin une pause,

il ne manquait plus à mon cœur que cette rose,

qui, de mon spleen, m’aurait tirée.

Un vent frais d’automne agitait timidement

les feuilles des arbres ensommeillés.

Conquises, elles se rebellaient nonchalamment

exhibant leurs couleurs ensoleillées.

La brume du matin s’était évaporée,

la fraîcheur de l’aube s’était évanouie,

le soleil imposa sa douce présence

et mon cœur éclos peu à peu s’éveilla à la vie.

Le ciel était d’azur,

les astres de la nuit s’étaient enfuis

laissant la place au Prince de l’aurore.

L’astre solaire, auguste et impérieux,

s’évertua à séduire mon âme.

Peu à peu, je me laissai aller à sa flamme,

fermai mon regard,

m’abandonnai à cette douceur automnale

et pris mon envol vers ce paradis des roses

érigeant notre amour en piédestal…

 

©    Monique-Marie Ihry    -  septembre 2009  - 

 

Solitudes

Classé dans : Extraits de recueils de poésie de l'auteure,Poèmes en français — 27 septembre, 2009 @ 7:32

Elle avait bu et n’était plus tout à fait elle-même. La vie lui semblait tout à coup plus légère. Somnambule sur le fil de l’oubli, elle voguait dans l’éphémère, loin du marasme quotidien de la solitude. Les brumes de l’alcool lui réchauffait le cœur et brune lune dans le ciel veillait. Tendre était la nuit, douce son euphorie; elle tentait de survivre, il le fallait…

Encore une coupe de champagne, rien qu’une et elle sombrerait enfin dans le lac impassible et bienheureux du sommeil, si tant est qu’un cauchemar ne la noie définitivement dans la fange de ses tristes souvenirs…

 

©  Monique-Marie  Ihry    -  septembre 2009  -

 Extrait du recueil Cueillir les roses de l’oubli,  Éditions Mille-Poètes en Méditerranée, Narbonne, 2014

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Coucher de soleil

Classé dans : Poèmes en français — 25 août, 2009 @ 5:28

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 ©Tableau de l’auteure intitulé  Puesta del sol

 

Coucher de soleil    

 

Un coucher de soleil à l’envers, 

le monde est las et désespère. 

La mer arbore un rouge sans ombrage,

rouges sont mes vers

sur les perles de sang 

du sable de la plage.  

Ils s’épanchent un  à un

sur les flots lents

d’un impossible espoir…

L’horizon tout à coup

s’illumine, se fait or,   

il est grand temps

de faire fi de ce désespoir latent.

Plongeons-nous dans ce spectacle

que nous offre la mer !

Demain il fera beau,

il fera bleu,

demain le monde sera or…

 

©    Monique-Marie Ihry  - août 2009  -

 

 

  

 

 

Ballade en mai

Si je vous disais que depuis des lustres j’aime 

Ce blond sourire empreint d’une douceur suprême 

Que vous m’adressez volontiers avec flamme 

Et qui dès lors n’a de cesse de me bercer l’âme 

 

Me croiriez-vous si je vous disais rêver 

De vous voir sur le pas de ma porte arriver 

Votre regard paré d’un bouquet de muguet 

Qui consacrerait ce merveilleux mois de mai 

 

Tendez-moi ce bouquet de joli mois de mai 

Je m’ouvrirai à son parfum comme il vous plaît 

Je serai vôtre en ce charmant printemps fleuri 

 

Mille baisers de joie je vous adresse en vers 

Mille vers d’espoir je vous compose ce soir 

Hommage à vos yeux pers dans lesquels je me perds 

 

©   Monique-Marie Ihry    -  août 2009  - 

Texte déposé

 

Douce apparition automnale

Classé dans : Extraits de recueils de poésie de l'auteure,Prose poétique — 29 juin, 2009 @ 5:20

Pasion III 50 x 40 cm (2)

 

 

Un jour au petit matin, je sortis de mon chalet en direction du bois. L’atmosphère ambiante si pure mettait en évidence la splendeur de la nature. La rosée ornant les fougères ressemblait à de petites perles transparentes. Les feuilles des arbres tombaient en douceur et virevoltaient dans les airs effectuant d’harmonieuses volutes colorées.

 

Un rayon de soleil filtrait à travers les branches matinales. L’air était délicieusement humide et frais conférant aux senteurs de l’aurore une soudaine majesté.

 

Le soleil entama sa lente ascension dans le ciel. Je le distinguais à peine à travers les branches qui ornaient le chemin que j’avais emprunté. Il m’obligea cependant à cligner les yeux que j’avais encore endormis. Les feuilles commençaient à joncher le sol, le parcheminant de chaudes couleurs automnales. Je les respirais, je humais ces senteurs qui me rappelaient mes longues promenades dans la forêt que nous faisions ensemble. Je me souvenais de ces moments passés en quête de girolles, bolets ou autres champignons commestibles qui viendraient orner notre panier gourmand.

 

Un vent léger se mit à agiter les branches des arbres qui libérèrent des gouttes d’humidité accumulées pendant la nuit. Dans  leur chute, elles émirent un clapotis sautillant qui me réveilla quelque peu. Le soleil filtrait désormais timidement ses rayons, empêché dans son éclat par des taillis hauts qui s’avéraient de plus en plus denses en cet endroit de la forêt.

 

Au bout du sentier que j’avais emprunté à dessein, je me retrouvai nez à nez avec une cascade qui gazouillait fébrilement dans le silence matinal.

 

 

 

Tu surgis comme par magie au milieu de cette paisible atmosphère automnale. Tu étais là, magnifique, dressé devant moi dans ton habit de lumière à me contempler. J’étais échevelée et vêtue sobrement pour la circonstance. Mais tu me trouvas malgré tout aussi belle que dans tes songes. Tu me tendis les bras. Je courus m’y blottir, enfin !

 

La forêt qui avait accueilli nos retrouvailles tant attendues s’effaça. Nous ne savions plus où nous étions. Le soleil brillait-il ? Faisait-il encore jour ou bien la nuit avait-elle tout envahi ? Nous nous moquions du monde ambiant, nous ignorions sa présence et défions son existence. Nous partîmes ensemble au royaume des rêves et de l’oubli. La Terre s’arrêta de tourner. Une joie intense enivra nos cœurs qui s’enfuirent dans une indicible harmonie recouvrée.

 

Je crois bien n’être jamais vraiment redescendue seule en cet endroit où tu m’attendais secrètement, caché derrière le bel écran qu’offrait cette cascade. Mon âme accompagne désormais la tienne. Nous voguons tous deux de concert sur des nuages transcendants, distribuant de temps à autre quelques gouttes de bonheur matinal aux jeunes amoureux qui aspirent à se retrouver par-delà les turpitudes de ce monde hostile. Le moment venu, nous parcheminons les sentiers forestiers de perles de rosée fraîcheur, annonce de senteurs automnales colorées aux teintes chaudes des retrouvailles espérées. Les feuilles des arbres qui jonchent le sol forment un  tapis accueillant qui étouffe nos pas discrets et imaginaires. Nous allons rejoindre la petite cascade gazouillante et attendons… Le miracle d’un jour nouveau se produit immanquablement. Des petites étincelles de joie et de vie s’allument dans les yeux désespérés des amoureux jusqu’alors séparés. L’amour est là, accomplissant son miracle quotidien.

 

©  Monique-Marie Ihry   – juin 2009 -

(Extrait du recueil de poésie  » Rendez-vous manqués  » paru en mai 2011, en vente sur amazon.fr)

 

 

Je me prénomme Mirabelle

Classé dans : Poèmes en français — 7 mai, 2009 @ 8:54

 

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Je me prénomme Mirabelle Petite comptine lorraine *

 

Je suis une petite mirabelle.

On me dit bien belle.

C’est normal,  je suis Lorraine.

De cette région je suis l’emblème

Star suprême,

Des fruits je suis la reine.

Toute ronde

Et très féconde,

Je trône au milieu des mirabelliers

Et de quelques autres pruniers.

J’ai en effet des  cousines

Toutes aussi coquines.

La Prune, fruit du prunier

Et la Reine-Claude, appelée de cette manière

Très princière

En l’honneur de la reine du même nom.

 

Que dire d’autre sur mon prénom

Sinon qu’il évoque

Toute la blondeur d’une époque.

Il paraît aussi que j’ai bonne mine.

C’est vrai que parfois

J’ai du rose qui illumine

De ses atours

Mes joues, mais cela  dépend des jours.

J’arbore même quelquefois

Des taches de rousseur

Qui parent ma blondeur.

Au fait, j’ai oublié de vous dire

Mais peut-être avez-vous déjà ouï dire

Que je suis blonde contrairement à la prune

Qui elle est toute brune,

De ce brun particulier, un brun souverain

Que l’on ne trouve que chez les Lorrains…

Reine-Claude quant à elle

A choisi de demeurer

Bleu-vert aquarelle,

Verte-dorée,

Encore que, lorsqu’elle est bien mûre

Elle attrape également pour sûr

Quelques blondeurs mordorées.

 

Toutes trois nous jouissons

A l’unisson

De la rosée du matin

Qui sévit dans les jardins.

En août, lorsqu’il fait si beau

Et que l’on sent qu’il va faire encore très chaud,

Elle vient nous rafraîchir à dessein

Avant que la canicule ne s’installe

En ce climat semi-continental.

Puis elle nous orne toutes les trois d’un film délicat

Qui nous recouvre partiellement et pudiquement,

Comme si notre éclat

Avec elle coquettement

Nous ne voulions  dévoiler

Avant d’être par vous dévorées…

 

Si vous me demandez laquelle des trois prunes

Je préfère pour de vrai

Entre la verte-dorée, la blonde ou la prune,

Honnêtement  et ravie

Je vous répondrai

Que moi,  Princesse Mirabelle,

Je me sais la plus belle,

Mais  je ne me sens guère

Pressée d’être cueillie !

Somme toute c’est de bonne guerre…

Depuis l’avènement

De  Stanislas Leszinski, roi de Pologne et Duc de Lorraine,

Je trône en reine sur les versants de l’auguste  Colline de Sion,

Là même où je réside en grand nombre avec les prunes mes amies.

A l’heure actuelle, encore sous la forme d’un bouton

Sans aucune prétention.

Je suis encore un peu endormie

Car nous ne sommes seulement

Qu’aux prémices du printemps.

Je vous donne donc rendez-vous

En amont des blondes prairies

Au quinze Août, à la Sainte-Marie

Période où j’ai pour habitude de m’épanouir

Un peu partout, et uniquement pour vous,

Sur bon nombre de collines ensoleillées

Avec le plus beau de mes sourires

Blond, sucré, parfumé et émerveillé

Pour votre bon plaisir

Et celui de vos yeux,

Excusez du peu !      ;)

 

©  Monique-Marie Ihry   - mai 2009 - 

Texte déposé, reproduction interdite

Une bouteille à la mer

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Je dépose vingt vers dans cette bouteille à la mer 

en caressant le secret espoir qu’au détour 

d’une promenade sur la plage, un beau jour 

elle te ramène vers moi de l’au-delà. 

Souvenirs de dîners près d’une cheminée 

en duo à la lumière d’un candélabre 

savourant et dégustant des mots délectables, 

douces joies de conversations animées…

souvenirs de balades le long d’une plage 

nos pieds agiles foulant le sable mouillé, 

nous abreuvant de la beauté du paysage, 

savourant le bonheur ineffable d’un jour ensoleillé… 

souvenirs de jours tendres passés à nous aimer,

de folles nuits de passion à nous étreindre, 

convaincus que le malheur ne pouvait nous atteindre, 

merveilleux souvenirs, instants délicieux,

lorsque nous étions encore ensemble, 

vingt vers seulement pour résumer

une vie à deux

dans cette bouteille à la mer sans vis-à-vis…

 

©  Monique-Marie Ihry    – mars 2009  -

Texte déposé , reproduction interdite

 

Voix (extrait du recueil de poésie  » Rendez-vous manqués « )

Classé dans : Extraits de recueils de poésie de l'auteure,Nouvelles — 14 mars, 2009 @ 6:38

 

Voix

 

Un jour, j’ai rencontré une voix. Elle m’a appelée lorsque j’étais à mon travail. Pour un peu je ne l’entendais pas car mon portable était en sourdine. Je ne la connaissais pas. Elle a désiré parler à une « jeune femme élancée au prénom de ‘…’ » qui en l’occurrence était moi-même. Interloquée par un timbre que je n’avais jamais entendu auparavant, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un appel professionnel, encore que, dans ce cas bien précis on ne m’aurait en l’occurrence pas appelée d’emblée par mon prénom…

Pensant qu’elle ne l’était pas encore assez, la Voix s’est faite soudain plus mystérieuse. J’ai fini par répondre que j’étais bien moi, tout en pensant avec contrariété qu’il ne s’agissait là que d’une partie de mon identité. La Voix s’est donc fait connaître, et j’ai pu mettre enfin une tonalité sur un visage que j’ignorais encore… Dans cet étrange registre, je commençais à entrevoir un semblant d’éclaircie.

Comment pourrais-je décrire cette voix nouvelle ?  Classe, posée, élégante, sans accent,  et… un peu énigmatique malgré tout, tout aussi mystérieuse que l’absence de numéro sur l’écran de mon téléphone portable.

J’osai un timide : «  Vous êtes bien Alexandre, n’est-ce pas ? ».

La Voix marqua alors très rapidement un temps d’arrêt, surprise apparemment au son de la mienne. Il est vrai que mon timbre s’était refusé par le plus grand des hasards à mûrir un jour, stoppant ainsi sa course vers une mue des plus ordinaires. Ce problème étant pour ma part hélas bien connu, un autre sous-jacent n’en demeurait pas moins entier.

S’étant reprise, la Voix du téléphone m’indiqua que cet appel serait bref et que notre conversation ne pourrait s’étendre davantage. Était-ce prémédité ? Le charme de nos précédentes discussions aphones par MSN interposé était-il en train de se rompre de façon unilatérale ? Après quelques phrases laconiques, la Voix s’arrêta et je n’eus jamais le loisir de mettre enfin un visage sur ce profil anonyme facebookéen. Elle repartit aussi brièvement qu’elle s’était fait entendre à travers les ondes fébriles de mon forfait téléphonique.

Un an plus tard jour pour jour, cette voix que je reconnus dès le premier coup de sonnette, réapparut sur le seuil de ma porte. Elle était accompagnée cette fois de la présence d’un homme grand et souriant arborant un charme rieur engageant qui tenait dans ses mains un bouquet de roses incarnat à l’odeur enivrante. J’en restai sans voix. La Voix ne me reconnut donc pas et pensa par conséquent s’être trompée de porte. Les larmes coulant malgré moi sur mon visage ému livide d’émotion laissèrent échapper alors par mégarde un sanglot identifié d’emblée par la Voix comme étant le mien. Le bouquet tomba à terre, l’homme me prit dans ses bras, et m‘entoura d’un enlacement mélodieux. Nos voix se conjuguèrent un instant en identités recouvrées, puis s’unirent dans un long baiser de paix respective ouvrant les portes d’un monde non virtuel de son état, afin de revêtir enfin les couleurs de la vie transparente dans laquelle j’avais toujours désiré évoluer.

Je pouvais désormais poser un visage sur ce timbre. Un corps de bronze viril et élancé la sculptait avec magnificence. J’avais devant moi un homme ayant surgi d’un mystère virtuel le plus complet avec qui j’allais passer les quelques mois lui restant à vivre…

 

© Monique-Marie IHRY

 Texte introductif du recueil de poésie  » Rendez-vous manqués  » paru en 2011 chez IchraQ Éditions (Tunis).

 

 

 

 

Petite farce gratuite à l’encontre des hommes

Classé dans : Extraits de romans déjà parus,Réflexions diverses — 25 février, 2009 @ 11:57

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[...]

Où sont les hommes, les vrais, les durs, les braves non tatoués ? 

Où est l’Homme qui saura me protéger et m’aider à traverser cette mauvaise passe de solitude submergée par de récurrentes mélancolies ?Un chanteur connu à la voix bizarrement féminine… s’évertuait à essayer de chanter il y a quelques années un  » Où sont les femmes « … Je transpose ce questionnement dans sa version contraire et je me retrouve en mon for intérieur à jamais féminin à me demander encore et encore : mais où sont donc ces Hommes…

Il faut tout d’abord reconnaître volontiers que les femmes ont évolué outre mesure. Il est vrai que l’on nous a enfin octroyé à regret cette capacité d’analyser, de comprendre et de comparer… Ce qui nous conduit entre autre et d’emblée désormais à refuser les affronts, les maladresses inconsciemment et toujours intentionnelles, les manquements à l’obligation de délicatesse, les manques d’attention en tout genre… et surtout la connerie !

Nul doute que l’on se soit évertué au cours des siècles précédents à nous refuser l’accès à la connaissance pour une raison bien précise. Maintenant, c’est trop tard !!!  L’apprentissage de la lecture nous a fait découvrir un monde très ouvert auquel nous n’aurions pas dû avoir accès. L’écriture nous libère du mutisme dans lequel notre éducation nous a murées précédemment, et nous osons alors exprimer notre besoin vital d’égalité et d’accès à l’amour aimable (ce qui est en soi un comble dans un monde régi soi-dit en passant par la loi de l’homme depuis tant de siècle…).

Sur cette dernière pensée malgré tout très encourageante, je retourne de ce pas sur un site de rencontres bien connu afin de voir si celui que je viens de jeter s’accroche toujours… (sourire)

 

 [...]

©  Monique-Marie Ihry
Extrait du roman  » Mythomania sur le Net  » paru en 2013 chez Edilivre


 

 

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