Dans le Jardin des mots

Poésie et prose, prose et poésie, au gré des mots, au fil du temps…

Haïku 1218

Classé dans : Poèmes en français — 29 septembre, 2013 @ 11:37

Haïku 1218 islas-56-651-226x300

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haïku 1218

 

S’enfuir à jamais

sur les sentiers lumineux

arborés de rêves

 

©  Monique-Marie Ihry    -  17  janvier 2012  -

(toile :  » Islas  » (1998) – Huile 56/65 cm M.M. Ihry)

De velours et de moire

DELICES 28

 

Elle avait des yeux de velours et de moire,

de ceux dont on rêve, de ceux dont on se meurt

lorsqu’ils vous ignorent ou bien se font charmeurs ;

elle était à la fois douce et contradictoire.

De velours elle avait le souffle de l’espoir,

de la moire elle était le brillant enjôleur.

Elle était parfois grave, tantôt tendre ou pleurs

et vivait tour à tour de vie à exutoire.

Le jour la magnifiait, la nuit la meurtrissait,

l’aube la transcendait jusqu’à la fin du jour

et puis s’étiolait sa robe de ballet

lorsque le soir faisait triompher sans atours

l’espoir de voir venir à elle l’harmonie

qui la comblerait d’un impossible infini…

 

©  Monique-Marie Ihry    -  17 février 2013  -

(Extrait du recueil de poésie illustré  » Délices « , Cap de l’Étang Éditions, 2018

Illustration de l’auteure – encre de Chine)

COUV délices II

Contact : mm.ihry@gmail.com

Haïku 1379

 

DELICES 13

Au feu du baiser

faire fondre un glaçon d’azur

sur ta nuque brune

 

©  Monique-Marie Ihry    -  9 mars 2012   -

(Extrait du recueil de poésie illustré  » Délices  » paru en juin 2018 aux Éditions Cap de l’Étang,

illustration de l’auteure)

La feuillée

Classé dans : poèmes d'amour,Prose poétique — 6 juin, 2018 @ 3:09

bientôt l'automne

À l’ombre d’une feuillée centenaire, voguaient les flots paisibles du Canal du Midi. Sous une barque nonchalante paraissait l’onde de l’après-midi. C’était un jour de mai, à l’aube, quand les platanes du canal reflètent leur robe de rosée matinale sur l’eau calme ensommeillée. C’était au chant gai de l’aurore, près du pont où passent les péniches sur l’onde à peine réveillée, un matin balancé par une brise légère, doucement, avec toi mon amour.

Le ciel semblait d’or et le soleil chantait. Les nuages aux aurores, transparents chuchotaient. Ton sourire était bleu dans le soleil de mai, ton regard amoureux dans mon âme versait. Le ciel se teintait de douceur, les nuages aux tons or chaviraient mon cœur. Se suspendait le temps au-delà de l’instant. Dans l’obscure clarté, le temps faisait une pause.

C’était hier un dimanche avec toi mon amour, quand le printemps semble s’être installé tout à fait sur la robe des branches, dans une campagne fleurie empreinte de majesté…

 

© Monique-Marie Ihry

Texte déposé

Le pied du célibat

Fervente supplique 48  56

 

Sans cesse poussé vers de lointains rivages

à s’embarrasser d’une nouvelle conquête,

toujours armé du plus grand des courages

pour s’enfuir vers une autre et faire la fête,

l’homme faisait de tous ses voyages

une escale où trouver le repos du guerrier.

C’était en somme « consommer à tous les râteliers »

sans l’inconvénient de s’engager.

C’était, comment dire ?

c’était pour lui

LE PIED !

© Monique-Marie Ihry    – 1er février 2018 -

extrait d’un recueil de poésie de l’auteure

toile de l’auteure intitulée « Fervente supplique »

« Messager », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

Messager

 

J’essayais en vain de raccrocher les wagons

De ce train dément où voyage l’horizon,

Mais ne parvenais pas dans cette course folle

À assembler leurs liens voguant au gré d’Éole.

 

Mus par un ouragan de pensées délétères,

Les nuages du ciel comme de pauvres erres

Chevauchaient leur jument, la fouettant jusqu’au sang,

Incendiant le soir d’un bandeau indécent.

 

Puis vint une accalmie qui dissipa les rouges,

Les noirs abandonnèrent le siège de ce bouge

Et la lune en sommeil réveilla les étoiles

Soulageant de ce fait les cœurs purs de leurs voiles.

 

Le train recomposa un semblant d’unité,

Une paix s’installa sur le rail des pensées

Et dans le ciel serein un oiseau de passage

Inscrivit en lettres d’amour ce doux message :

 

« La vie est une fleur fragile, la guerre une cause futile. Aimez-vous et entraidez-vous. De la nuit émane le jour, l’Amour triomphe toujours sur les maux. »

 

Monique-Marie Ihry – 18 septembre 2011 -

 

* * *

« Ce poème est bâti selon la technique de la gradation  en trois phases : noir/clair ‒ obscur/clair ‒ crise/accalmie/détente. Le noir ou la crise  correspond aux deux premières strophes, le clair-obscur ou l’accalmie aux six vers suivants, et le clair ou la détente aux  sept derniers vers. Cette construction est motivée par l’optimisme de la poétesse qui, malgré les affres de la guerre faisant rage dans plusieurs pays du monde et surtout en Libye où elle a fait jusqu’ici plusieurs milliers de victimes et causé des destructions  catastrophiques,  lance un message d’amour à tous les  belligérants quel que soit leur camp pour leur rappeler qu’ils  sont en train d’agir contrairement à  ce que devrait leur dicter leur essence noble  voilée malheureusement  par la haine  et qui n’est autre que la bonté naturelle !

La métaphore des wagons du train pour illustrer la guerre est une très belle trouvaille stylistique. »

 

Mohamed Salah Ben Amor

 

 

« NON ! », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

 NON !

 

Chaque 31 décembre je me demande

si je prendrai de nouvelles résolutions pour l’année à venir.

Deviendrai-je une sylphide au corps svelte ?

Arriverai-je à faire enfin un régime

qui me rendrait les formes rêveuses de mes vingt ans ?

Deviendrai-je à nouveau la cuisinière hors pair que j’ai été ?

Parviendrai-je à être un puits d’insouciance

une montagne d’égoïsme

un abîme d’inconscience

prenant le temps de me pencher à loisir

sur mon ego embourgeoisé ?

 

Eh bien NON !

 

Je renonce à ce régime futile

prôné par des magazines vendeurs de rêves dérisoires.

Je m’entête à ne plus faire de prouesses quotidiennes inutiles

et dispendieuses en cuisine,

cet art m’est acquis, je le réserve aux gens que j’aime.

Je m’insurge contre la misère

qui décime les peuples affamés

désole les mères aux seins maigres taris

au ventre efflanqué fécond d’orphelins en puissance.

Je m’inscris en faux contre cette pauvreté

qui croît au fil des ans

décuple, se multiplie au centuple.

Je me révolte contre les guerres

fomentées depuis la nuit des temps

par une poignée d’intérêts particuliers

au détriment de l’intérêt général.

 

Comment pourrais-je devenir un monstre d’égoïsme

cultiver l’insouciance

me nourrir de futilités, d’inconscience ?

Je VEUX poser les fondations

d’un temple de sérénité sur ce monde tangible

avec des mots d’Amour, de Paix

que je destine aux oubliés des Puissants

aux dissidents

aux indigents

aux sans-abris

aux âmes seules

aux malades sans soins

aux orphelins de cette guerre du Pouvoir

qui creuse à son gré et davantage chaque jour

de-ci, de-là,

la tombe de millions d’innocents !!!

 

Déposons les mots généreux et désintéressés

de notre cœur sur un sol fertile de justice,

érigeons ENSEMBLE les murs d’une cathédrale,

d’un temple, d’une mosquée, d’une synagogue

qui consacreront un chant d’espoir

s’élevant dans un ciel d’AMOUR, de PAIX

sur le toit d’un monde apaisé

dans la lumière sereine d’un jour nouveau

 

SANS GUERRE  et SANS MISÈRE !

 

 

Monique-Marie Ihry – 1er janvier 2011 -

 

* * *

 

Ce cri fort contre les exactions perpétrées par les soi-disant grands et qui ne cessent d’entraver la marche de l’humanité vers des horizons plus sereins ne me surprend guère de la part d’une poétesse dont les préoccupations ont été presque toujours personnelles. En effet, les hautes valeurs, qu’elles soient subjectives ou objectives, forment un tout…

Ce qui plaît le plus dans ce poème est le ton empreint de sincérité et de spontanéité. Quant aux métaphores, elles n’ont pas de place dans ce genre de poésie parce que le réel décrit dépasse de très loin l’imaginaire.

Un poème à traduire absolument.

 

Mohamed Salah Ben Amor

« Sur les rives du Rhin », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

Sur les rives du Rhin

 

La mort était inscrite à ses flancs faméliques.

Le vagabond penché sur son futur défunt

Défiait sa douleur, l’espoir sans lendemain,

Se leurrait de cendres, s’enivrait d’arsenic.

 

Il paraît de bleuets un présent narcotique

Alors que dans le noir distillaient leur venin

Les rigueurs de l’hiver,  les cloches d’un tocsin

Sur le parvis absent de notre basilique.

 

Notre Dame du Soir sur les rives du Rhin

S’endormait sans besoins, faisant fi des chagrins

De la faim infligée aux hères sans papiers.

 

Dans cette nuit frigide une âme dédaignée

Osait sa prière sous les pins résignés

Pour que cesse le froid, son refrain assassin…

 

 

Monique-Marie Ihry – 19 janvier 2011  -

 

* * *

« Ce genre de poésie  descriptive  qui dépeint  la souffrance humaine et qui exprime la solidarité morale  de son auteur avec les déshérités et les démunis  n’offre pas au poète la possibilité de  créer des images surprenantes, car  son but est avant tout de susciter  la compassion, la pitié  et l’attendrissement  du récepteur afin de  l’émouvoir   et l’associer  à la situation inhumaine décrite. Et pour y parvenir,  on use  d’habitude de deux moyens principaux : un ton pathétique fort et l’accumulation de termes et d’expressions  à  haute  charge émotive. Ce qui  s’applique pleinement à ce poème où l’auteure  s’est employée tout au long de son texte à établir une relation de cause à effet entre deux champs opposés : le premier est celui du destin hostile qui se profile à travers différentes sources de maux (mort – douleur – cendres – arsenic – venin rigueurs de l’hiver – chagrins – faim – froid, …) et celui  de la victime agressée, c’est à dire  le vagabond  qui encaisse les coups de son agresseur sans  être capable de les rendre.

Un bon poème qui répond aux conditions du genre. »

 

Mohamed Salah Ben Amor

« Estérel », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

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(« Sensualité », toile de l’auteure, Palme d’Or au Festival International Artoulouse 2013)

Estérel

 

Alors que je rêvais dans la langue des vers,

Le temps s’est arrêté sur un nuage bleu,

L’azur enlaçait la mer, puis soudain la terre

S’assoupit apaisée dans un sourire heureux.

 

Alors que je composais avec des pastels,

Des vagues de tendresse et d’harmonie azur,

La caresse du vent dans le soir Estérel

Berça mon cœur de son doux murmure.

 

La ville au loin avait beau cracher ses bruits sourds

Il me semblait que la vie ne pouvait s’éteindre,

Il me sembla que le temps suspendait son cours,

Que tout à coup ce bonheur ne pouvait s’éteindre…

 

 Monique-Marie Ihry – 6 juin 2011  -

 

* * *


« Un simple brossage d’un tableau naturel  sublime situé dans un lieu réel,  diriez-vous, a offert  à la poétesse l’occasion de nous faire part de ses sentiments romantiques ! C’est peut-être un peu vrai. Mais si on y regarde un peu  plus profondément, on décèle la vision spécifique et constante de la poétesse qui se profile  à travers presque tous ses écrits. En effet, ceux qui connaissent de près ses poèmes précédents savent bien que son monde poétique est régi par deux dualités rarement inséparables : la première est  haut (le ciel où réside l’âme de l’être cher ravi à la fleur de l’âge)/ bas (la terre, lieu de privation et de souffrance), la seconde est : bercement/détente qui consiste en une action externe apaisante et un abandon total à son effet enchanteur. Et bien que l’être cher soit absent dans ce tableau, les deux dualités   sont,  quant à elles, vivement  présentes. Ce qui prouve que cette vision est antérieure à la tragédie amoureuse vécue par la poétesse et que ce bercement nous fait soupçonner l’existence d’une cause plus profonde qu’il faut chercher dans son enfance. En tout cas,  l’une des particularités d’un vrai artiste est qu’il dispose d’une vision spécifique et constante comme nous le voyons chez notre poétesse. »

 

Mohamed Salah Ben Amor

« Jardin du souvenir », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

 

rose et jasmin

 

Il y a dans le grand livre du souvenir

Inscrit en filigrane délicat ton nom.

À ses côtés, en lettres brodées, ton prénom

Y figure posé sur l’aile d’un soupir.

 

Il y a dans ce long poème nos sourires,

Ces jours bleus, ces étangs, ces hôtels de renom,

Ces déserts fleuris, ces forêts, ce cabanon

À l’orée du lac où le jour vient s’assoupir.

 

Il y a sur la plage où l’horizon se meurt

Les empreintes laissées par ces deux promeneurs

Lisant leurs rêves sur les versets de demain.

 

Il y a sur la page où éclosent nos rires

Un jardin où des roses sur un parchemin

Viennent en doux murmures nos deux âmes fleurir…

 

Monique-Marie Ihry – 6 avril 2011 -

* * *

« Grâce à ses capacités imaginatives peu communes, la poétesse creuse très profondément dans sa mémoire affective pour y puiser des réminiscences chargées de regret et de nostalgie. Et ce voyage à travers le temps subjectif l’amène à se promener dans des lieux inoubliables (étangs hôtels de renom déserts fleuris forêts cabanon lac  plage  jardin) en compagnie de son bien-aimé parti définitivement vers l’au-delà et du lecteur qui se trouve émerveillé par tant de sensibilité et de délicatesse.

Merci Monique-Marie pour ce nouveau joyau ! »

 

Mohamed Salah Ben Amor

« Sait-on pourquoi l’on aime ? », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

Au chant du soir 40 x 40 cm

(toile de l’auteure)

 

Sait-on pourquoi l’on aime ?

On aime tout simplement,

on aime voilà tout.

On aime ces silences qui rapprochent,

ces soupirs qui chantent

lors de la fusion ivre des corps.

On aime cette absence de remords

lorsque l’aurore s’éveille

et que s’installe la tendresse du jour.

On aime l’ivresse de moments tendres

et la tendresse d’assauts sauvages,

on aime l’aveu muet d’un seul regard

et ce désir des soirs

parés de mille égards…

 

Monique-Marie Ihry – 6 mai 2011 -

* * *

« Sait-on pourquoi l’on aime ? Les psychanalystes répondent à cette question  par l’appartenance de l’amour au côté irréel de l’être humain  au même titre que le rire et la folie. Ce qui veut dire que ces trois phénomènes échappent totalement à l’entendement, d’où leur caractère extrêmement surprenant. Freud explique également l’amour par l’instinct de  mort qui attire inconsciemment le corps vers le bas, c’est-à-dire vers la terre ou la matière inerte qui avait donné naissance à la vie. Quoi qu’il en soit, la poétesse, sans avoir eu besoin de se référer à ces thèses scientifiques, a bien saisi les mêmes caractères spécifiques de l’amour. Ce qui montre que le créateur artistique peut, grâce à sa sensibilité aiguisée,  accéder à la vérité sans emprunter le chemin méthodologique tracé par les scientifiques.

Outre la véracité de ce discours poétique au niveau du sens  général né d’une expérience réelle au sein de l’arène de la vie, ce poème vaut par son côté esthétique captivant,  aussi bien sur le plan des images que sur celui du rythme interne, tant est si bien que la place nous manque pour le démontrer. En un mot, la poétesse, en nous montrant ce joyau, nous offre l’occasion de l’admirer et de nous délecter de sa beauté resplendissante. Merci Monique-Marie ! »

 

Mohamed Salah Ben Amor

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