Dans le Jardin des mots

Poésie et prose, prose et poésie, au gré des mots, au fil du temps…

Haïku 1218

Classé dans : Poèmes en français — 29 septembre, 2013 @ 11:37

Haïku 1218 islas-56-651-226x300

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haïku 1218

 

S’enfuir à jamais

sur les sentiers lumineux

arborés de rêves

 

©  Monique-Marie Ihry    -  17  janvier 2012  -

(toile :  » Islas  » – Huile 56/65 cm M.M. Ihry)

Poème court 2902

rose et jasmin

 

 

 » Voler à tire-d’aile vers le ciel, son abîme mystérieux, rejoindre l’infini de la douleur jusqu’à son épuisement pour renaître dès l’aurore au parfum de la rose et du jasmin… « 

 

Poème court 2622

Baiser volé 41 33 cm

 

 » Il se pencha pour cueillir un baiser, cueillant par-là même une fleur au pré de l’espérance… « 

 

© Monique-Marie Ihry

extrait d’un recueil de poésie à paraître début 2018

toile de l’auteure intitulée  » Baiser volé  » (2015) – huile sur toile 41 x 33 cm -

De qué sirve…

Classé dans : Poemas en español,Poèmes courts,Poèmes en français — 16 novembre, 2017 @ 6:06

myriam + 55 x 46 cm

De qué sirve…

¿De qué me sirve escribir

si no estás conmigo,

de qué me sirve vivir

desde que te has ido?…

* * *

À quoi bon

À quoi bon écrire

si tu n’es pas à mes côtés,

pourquoi continuer à vivre

puisque tu es parti…

© Monique-Marie Ihry

Offrande

Classé dans : Extraits de recueils de poésie de l'auteure,Poèmes en français — 13 novembre, 2017 @ 7:11

QUIZAS 46 X 38

 

Elle implora le vin, son extase infinie

Et se réfugia aux confins d’un abîme

À l’abri des tourments et de l’ignominie,

Savoura l’élixir, son vertige sublime,

Espérant oublier les sentiers de la nuit

Pour renaître à la vie, s’éveiller à l’aurore

Délivrée de ce poids qui toujours la poursuit

Dans l’absence d’amour où rien ne peut éclore.

Mais elle se noya dans les flots de la mer.

Sa barque chavira sous le vent de la peine

Bousculée, balayée par un rouleau amer,

Engouffrée dans l’abîme, entourée d’une chaîne…

Et puis soudainement, elle vit s’élever

Une ode aux beaux printemps, à sa vie de bohème.

Sur le feston des flots l’on vit se dérouler

Un chapelet de vers orchestrant un poème,

Sereine poésie logée dans les tréfonds

De son cœur esseulé, amie douce et fidèle,

Ange aux gants de velours animé de profonds

Sentiments, l’invitant à voguer sur son aile…

Par ces rimes portée, dans le vent de l’oubli

Elle s’abandonna, paisiblement bercée

Sur un nuage bleu, buvant jusqu’à la lie

Une dernière fois cette offrande versée…

 

© Monique-Marie Ihry    -  15 octobre 2016  -

Extrait de mon recueil Telle la feuille au vent d’hiver  paru en octobre 2017

(toile de l’auteure  » Quizás  » (2017) – Huile sur toile 46 x 38 cm– )

COUV 2 telle la feuille

 » Au banquet de la vie  » traduit et commenté par le Pr Mohamed Salah Ben Amor

 » Au banquet de la vie «  poème de Monique-Marie Ihry – Montpellier –France : commentaire de Mohamed Salah Ben Amor

 

                              I

 

J’ai à peine consommé au banquet de la vie

Je n’ai point tout à fait mis fin à cette envie

De m’éveiller chaque matin

Dès le chant de l’aurore abreuvée d’espérance

Emportée par les mots, oubliant ma souffrance

Portée par mes rimes satin.

 

Il sera toujours temps de replier mon aile

Quand l’aube venue ma dernière chandelle

Viendra en silence mourir

Éteignant cet espoir qui animait mon âme

M’emportant vers mon sort comme une vieille femme

Que l’hiver soudain vient flétrir.

 

                              II

 

Je pars pour un voyage aux confins de la mort.

Mes bagages sont prêts, je m’incline sur ce sort

Que Satan lui-même m’impose.

Je n’ai que trop vécu, souvenirs très pesants,

Des boulets que l’on traîne au désespoir des ans

Imposant une vie morose.

 

Le voyage sera court, je vais vers mon destin

Il n’est plus de demain, je pars vers l’incertain

Voguer sur l’onde du mystère

Dans la brume du soir, où le soleil se meurt

Où les jours sont des nuits, où règne la laideur

Dans un antre crépusculaire.

 

Nul besoin de bagage aux confins de la mort,

Sur ce triste rivage, arrivée à bon port

Satan me tendra une rose

Aux épines dressées qui tacheront de sang

Mon âme virginale, me livrant au croissant

D’une faux affutée, éclose.

 

                             III

 

Adieu mes livres, mon crayon, mes cahiers

Je dois abandonner tous les plaisirs premiers

Qui édulcorèrent ma vie.

Je ne verrai plus l’aube et sa douce senteur

Ni la rosée des bois, son parfum enchanteur

Enivrant ma lente survie.

 

Adieu mon amour, mon amant, mon ami,

Dans le soir triomphant le soleil a faibli

Et le jour se métamorphose.

Dans l’affreux crépuscule la lune va mourant,

Mon cœur au son du soir capitule, se rend,

Il est temps de faire une pause.

 

Une pause bien longue empreinte de rancœur

Un aller sans retour vers un monde sans fleur

Où n’éclot que la verte épine

Où l’aurore n’est que noire car le soleil n’est plus

Où la vie est un leurre et les rêves superflus,

Dans les cieux la mort assassine !

IV

 

Je n’ai rien consommé au banquet de la vie

Et voilà que s’éteint mon élan de survie.

Dans le silence de la nuit

Ma dernière chandelle avorte au son du glas.

Je ne reverrai plus au jardin les lilas,

Ton sourire et le jour s’enfuit…

 

Il est temps de partir, de replier mon aile

Tel un oiseau blessé au gémissement frêle.

J’abandonne ma plume aux vents

Et me laisse emporter par le Diable et sa fougue

Au mystère des cieux, les mains liées au joug

De l’enfer, ses sables mouvants…

 

© Monique-Marie Ihry – 9 septembre 2015 –

 

Commentaire de Mohamed Salah Ben Amor :

 

Que s’est-il passé ? Est-ce bien Monique-Marie Ihry qui a écrit ces vers ? Ou bien elle nous parle par la voix d’une autre ? Ou encore c’est elle qui les a écrits mais dans un moment passager de désespoir comme cela arrive à chacun d’entre nous ? Depuis plus de quatre ans déjà, elle nous a habitués à afficher dans ses poèmes un bonheur sans nuage et un optimisme sans faille, s’abandonnant de toute son âme au plaisir de la vie et regardant l’avenir d’un œil serein et confiant. Mais voilà que l’horizon s’obscurcit contre toute attente et l’univers tout entier se métamorphose en un lieu funèbre sur lequel pèse une atmosphère de deuil et de larmes ! Quoi qu’il en soit, ce poème montre à quel point le poète lyrique – et Monique-Marie en est l’une des meilleures représentantes – est fragile et friable et il suffit d’un rien pour qu’il change d’un état à un autre tout à fait contraire, d’un accord harmonieux avec l’univers à une rupture totale avec lui comme on le constante dans le cas présent .Le grand poète tunisien de tous les temps Aboulkacem Chebbi (1909 -1934) qui nous a gratifiés d’un bon nombre de poèmes reluisants dans lesquels il a chanté la vie (le titre de son unique recueil portait justement le titre de Chants de la vie) n’a-t-il pas écrit aussi ces vers tragiques sous l’effet d’un pressentiment de départ imminent ?

« Calmez-vous ô blessures ! Taisez-vous ô chagrins ! L’époque des lamentations et le temps de la folie Sont révolus Le matin a point derrière les siècles Et le rugissement des eaux derrière les ténèbres Le matin et le printemps de la vie m’ont appelé Et leur appel m’a fait trembler le cœur Qu’il est irrésistible cet appel ! Il n’est plus question pour moi de rester dans ces lieux Adieu ! Adieu !Ô montagnes des tourments ! Ô défilés de l’enfer ! Ô collines de la tristesse ! Ma barque a pris le large dans les eaux profondes de l’océan J’ai levé la voile, adieu ! Adieu ! »

Mais si le contexte de l’énonciation est le même, Chebbi, à la différence de Monique-Marie, voit dans ce départ une délivrance du gouffre terrestre tandis qu’elle l’appréhende comme une perdition irréversible et que l’au-delà se réduit à ses yeux uniquement à l’Enfer.

 

Cependant, connaissant parfaitement les caractéristiques de l’âme lyrique dont surtout le changement constant de l’humeur, nous ne serons point surpris de voir notre poétesse dans ses prochains écrits renouveler sa confiance en soi et en l’avenir et reprendre goût à la vie. Stylistiquement, ce poème, grâce au ton de sincérité dont il est empreint, à ses images finement ciselées et à ses sonorités bien rythmées a atteint comme la plupart de ceux qui l’ont précédé un haut degré de poéticité.

 

في وليمةِ الحياةِ : شعر: مونيك ماري إهري – مونبوليي – فرنسا – تعليق : محمّد صالح بن عمر

1

لم أكدْ أذقْ شيئًا من وليمةِ الحياةِ

لم أضعِ البتّةَ حدًّا لهذه الرّغبةِ في أن أستيقظَ كلَّ صباحٍ

منذ أن يرفعَ الفجرُ الرّيّانُ أمَلاً عقيرتَهُ بالغناءِ

محمولةً على أجنحةِ الكلماتِ،

ماحيةً من ذاكرتي ألمي،

تسيرُ بي قوافيَّ في حذاءٍ من السّاتانِ.

سيكونُ لي دائمًا ما يكفي من الوقتِ لأطويَ جناحي

حين ينبلجُ الفجرُ وتلفظُ شمعتي الأخيرةُ أنفاسَها

مطفئةً ذلك الأملَ الذي كان يحدو روحي

حاملةً إيّاي إلى قدري

كعجوزٍ أنهكَ الخريفُ قواها بغتةً

2

أنا راحلةٌ إلى تخومِ الموتِ

وقد هيّأتُ أمتعتي واستسلمتُ لمصيري

الذي حدّدَهُ لي إبليسُ نفسُهُ.

لقد طالتْ حياتي أكثرَ ممّا ينبغي

و أضحتْ ذكرياتي أكثرَ ممّا يُحتملُ

وهذه الأثقالُ التي أجرُّها على وقعِ يأسِ السّنينَ

فارضةً عليَّ أن أعيشَ حياةً كئيبةً.

سيكونُ الرحلةُ خاطفةً وستكونُ وجهتي مصيري المحتومَ

لم يعدْ ثمّةَ غدٌ

ها أنا أسيرُ نحوَ المبهمِ

مبحرةً على متنِ موجةِ الأسرارِ والألغازِ في خضمِّ ضبابِ المساءِ

حيثُ تقضي الشّمسُ نحبَها

وحيثُ الأيامُ ليالٍ

وحيث يسودُ القبحُ في عرينِ الغروبِ.

لا حاجةَ هناكَ إلى أمتعةٍ في تخومِ الموتِ

فحين أصلُ إلى غايتي بتلكَ الضفّةِ الغارقةِ في الأحزانِ

سيمدُّ إلىَّ إبليسُ وردةً

تضرّجُ أشواكُها النّاتئةُ روحي البتولَ بالدّماءِ

وتسلّمُني إلى نصلِ منجلٍ محدّدٍ فاغر الفمِ

3

وداعًا يا كتبي ويا قلمي وكرّاساتي

عليَّ أن أتركَ جانبًا كلَّ ملاذِّي الأولى

التي أدخلت البهجةَ على حياتي

لن أرى الفجرَ ولن أتنفّسَ رائحتَهُ الذّكيّةَ

ولا رائحةَ ندى الغاباتِ السّاحرةَ

تلك التي تغذّي تعلّقي على رخاوتِهِ بالحياةِ

وداعًا أيّها الحبُّ وداعًا يا حبيبي ويا صديقي

في المساءِ المنتصرِ خارتْ قوى الشّمسِ

وها إنّ النّهارَ يتغيّرُ تمامًا

في المساءِ الفظيعِ سيقضي القمرُ نحبَهُ

وعلى رنينِ صوتِهِ يُلقي قلبي سلاحَهُ ويستسلمُ

فقد آنَ الأوانُ لأستريحَ

استراحةً طويلةً مشحونةً بالضّغينةِ

سيكونُ ذهابًا بلا إيّابٍ إلى عالمٍ لا زهورَ فيه

عالَمٍ لا يتفتّحُ فيه إلاّ الشّوكُ الأخضرُ

عالمٍ لا شمسَ فيه والفجرُ فيه أسودُ حالكٌ

عالمٍ الحياةُ فيه وهمٌ والأحلامُ لا طائلَ منها

وفي سماواتِهِ يحلّقُ الموتُ الزّؤامُ.

4

لم أذقْ شيئًا في وليمةِ الحياةِ

وها إنّ شعلةَ تعلّقي بالحياةِ تنطفئُ

في صمتِ اللّيالي

وشمعتي الأخيرةَ تجهضُ على دقّاتِ جرسِ الموتِ

لن أرى مرّة أخرى في حديقتي اللّيلكَ ولا ابتسامتَكَ

وها إنَ النّهارَ يلوذُ بالفرارِ

لقد حانَ وقتُ الرّحيلِ

وقتَ طيِّ جناحي

كعصفورٍ جريحٍ مختنقِ الأنينِ

ها إنّي أتركُ قلمي للرّيحِ

وأسلمُ قيادي لإبليسَ الأهوجِ ،

لألغازِالسّمواتِ

مقيّدةَ اليدينِ بأصفادِ جهنّمَ

ومن تحتي رمالُها المتحرّكةُ .

 

تعليق : محمّد صالح بن عمر :

ماذا حدث يا ترى ؟ أ هي حقّا مونيك التي كتبتْ هذه الأبيات؟ أم هي تتحدّثُ بلسان امرأة أخرى ؟ أم هي التي كتبتها لكنْ في لحظة يأس عابرة مثلما يحدث لأيّ إنسان ؟

فمنذ أكثر من أربع سنوات عوّدتنا هذه الشّاعرة في قصائدها على إظهار سعادة قصوى لا تشوبها شائبة و تفاؤل بالآتي لا مثيل له .فلا نراها إلاّ مقبلةً بكلّ جوارحها على الحياة ، ناظرة إليها بعين الطّمأنينة والثّقة .لكنْ ها إنّ الأفق يدلهمّ فجأة ويتحوّل الكون بأسره، دون سابق إنذار، إلى مأتم يخيّم عليه جوّ من الحِداد والبكاء .

ومهما يكن السّبب في هذا الذي حصل فهذه القصيدة تبيّن إلى أيّ حدّ يتّصف الشّاعر الغنائيّ بالهشاشة وسرعة الانكسار وأنّ أدنى حدث يمكن أن ينقله من النّقيض إلى النّقيض ، من وفاق كامل مع الكون إلى قطيعة تامّة معه أو العكس ،مثلما نلاحظه في هذه الحالة التي نحن بصدد معاينتها .أ أ لم ينشئ أبو القاسم الشّابيّ (1909 – 1934 )- مثلا- أكبر شاعر تونسيّ في كلّ العصور قصائد ذات نبرة مأسويّة نبعت من إحساسه بقرب المنيّة بعد أن أتحف القرّاء بعدّة قصائد مشرقة تغنّى فيها بالحياة (ولهذا الغرض اختار لديوانه عنوان أغاني الحياة ) ؟

من ذلك على سبيل المثال هذا المقطع الشّهير:

اسكُنِي يا جراحْ

واسكتي يا شجونْ

ماتَ عهدُ النّواحْ

وَزَمانُ الجنونْ

وأطلَّ الصَّباحْ

مِن وراءِ القُروُنْ

مِنْ وراءِ الظَّلامْ

وهديرِ المياهْ

قد دعاني الصَّباحْ

وَرَبيعُ الحَيَاهْ

يا لهُ مِنْ دُعاءُ

هزّ قلبي صداهْ

لَمْ يَعُد لي بَقاءْ

فوق هذي البقاعْ

الودَاعَ! الودَاعَ!

يا جبالَ الهمومْ

يا هضَبابَ الأسى !

يا فِجَاجَ الجحيمْ

قد جرى زوْرَقِي

في الخضمِّ العظيمْ

ونشرتُ الشراعْ

فالوَداعَ! الوَداعْ

لكن إذا كان المقام التّلفظي هو نفسه فإنّ الشّابّي قد رأى في رحيله عن الدّنيا إنقاذا له من الهوّة الأرضيّة ،على حين تنظر إليه مونيك لرحيلها هنا على أنّه ضياع نهائيّ لا عودة منه وأنّ الآخرة تُختزل من منظورها في جحيمٍ أبديّ .

على أنّنا لمعرفتنا الدّقيقة ما تتّسم به الذّات الغنائيّة من تقلّب مزاجي مستمرّ لن نستغرب إن رأينا الشّاعرة في قصائدها القادمة تسترجع ثقتها في نفسها وفي المستقبل وتستعيد ما فقدته من لذّة الحياة.

من النّاحية الأسلوبيّة بلغت هذه القصيدة درجة عالية من الشّعريّة بفضل نبرة صاحبتها الصّادقة والصّور المؤثّرة التي صاغتها والإيقاع الدّاخلي المتسارع الذي يرافق قارئها من البداية إلى النّهاية.

 

 

 

 

Sous un soleil de mai

Classé dans : Extraits de recueils de poésie de l'auteure,Poèmes en français — 4 novembre, 2017 @ 6:02

PARIS II La mélancolie du cygne

 

Tel un oiseau blessé dans un dernier envol

Je m’élance confiant, franchis le dernier col

Espère redescendre au creux d’une vallée

Là où la guerre enfin s’en est vraiment allée.

Mais mon aile brisée m’arrache un cri d’horreur

Ce n’est pourtant pas grave. En bas c’est la terreur

Je pense à tous ces gens qui moururent si jeunes

Pour eux tout est fini quand des autres déjeunent

Espérant résister à la peur qui les prend

Espérant profiter en étant transparents

En échappant ainsi à un gilet de bombes…

Et puis je vois passer une blanche colombe

Mon cœur s’éprend d’espoir. Je suis au dernier col

Le franchirais-je enfin dans ce dernier envol

Ou reviendrais-je en bas pour ne pas être lâche…

J’aperçois la vallée où la beauté se cache

Je fais un demi-tour et reviens sur mes pas

En bas c’est la terreur j’entends sonner le glas

Mon aile me fait mal mais je vole quand même.

Je m’élance confiant vers tous ces gens que j’aime

Promettant mon soutien, leur parle de l’oiseau

De la colombe blanche, d’Hélène et son fuseau

De l’espoir qui éclot comme une belle rose

D’amitiés qui se lient sous les pluies de ventôse

De la beauté du jour, du charme de la vie

Lorsque règne la joie et que la faux dévie.

L’amour est le plus fort soyez-en bien certains

Il nous promet encor de nombreux lendemains

Repoussera Satan en-deçà de la Terre

Évincera sa faux et son grand cimeterre

Puis nous retrouverons le baiser de la paix

Qui pansera nos cœurs sous un soleil de mai !

 

©  Monique-Marie Ihry – 2 décembre 2015

Poème extrait du recueil de poésie intitulé Un monde sans sépulture  à paraître en novembre 2017

Aquarelle de l’auteure  » La mélancolie du cygne  » (2017)

La muse noire

Classé dans : Extraits de recueils de poésie de l'auteure,Poèmes en français — 16 octobre, 2017 @ 7:22

PARIS II 35

La muse noire

 

J’entrevis la triste muse des jours obscurs

en mon âme se faufiler.

Vêtue de noir et de présages

elle se glissa comme le vent,

insidieusement,

entre les failles de mon existence,

m’enlaça avec vigueur

de sa froide rigueur

projetant les filets de son ombre

sur la mare asséchée de mon inspiration.

Le jour s’éteint comme s’inclinent les étoiles

soumises aux vagues de l’orage.

Je m’enfuis rejoindre la page blanche de mon cœur

espérant me baigner à la source claire

d’un soleil généreux,

communiant avec le ciel

dans une même prière

à la chaleur recouvrée

de mes mots.

 

© Monique-Marie Ihry – 22 juillet 2017 –

(Poème faisant partie d’un recueil de poésie à paraître très prochainement, aquarelle de l’auteure)

Le baiser

Classé dans : Extraits de recueils de poésie de l'auteure,Poèmes en français — 13 octobre, 2017 @ 11:04

le-baiser-detail

Le baiser 

 

                         I


Puis vint le baiser

un baiser violent comme une exigence,

un de ces uniques baisers qui rend fou

ouvre une brèche,  un passage

dans un cœur asséché par les tourments de la vie,

un baiser qui suggère à la hâte des mots déments

griffonnés sur une nouvelle page,

défie la raison, ses démons,

anéantit chaque bonne résolution

et fait enfin sombrer dans le néant

les pensées obscures gisant dans l’antre insoumis du cœur.

C’était un baiser d’allégeance qui ressuscite

et suscite un nouvel élan impérieux,

un élan d’amour et de printemps

enfanté par la passion naissante d’un renouveau…

 

                          II

 

J’eus soudain envie de laisser faire la vie

de lâcher prise et d’oublier

l’ennui des jours tristes et lents,

ces moments faits de bistre

ces heures hantées par la métaphore

de la mort et de ses encore

modelés par le souffrir du martyr.

Je m’ouvris à ce baiser fougueux

semant à tout vent

dans les sillons jadis inféconds de mon cœur

les voluptueux pétales

d’un printemps éternel…

 

©  Monique-Marie Ihry    -  28 septembre 2017  -

(Extrait d’un recueil de poèmes d’amour à paraître en décembre 2017)

Et chavira mon coeur…

Classé dans : Extraits de recueils de poésie de l'auteure,Poèmes en français — 4 octobre, 2017 @ 2:47

Songe d'un soir détail inversé

 

Et chavira mon cœur 

 

Ses yeux paressaient surgir de l’aurore.

Il était beau et semblait… Comment dire ?

merveilleux.

Mon cœur chavira soudain

dans les méandres de l’espoir.

Je me voyais côtoyant des chimères,

voguant sur l’onde de la mer

à cent lieues de mon défunt chagrin.

M’abandonner au vent en ses mains,

me laisser emporter par la vague

d’un non-retour devint à cet instant

le mirage d’un possible.

Je m’enfuis en rêve vers cet indicible

renonçant à ce monde tangible

poussée par les flots mystérieux

ayant surgi à la source claire de son regard,

un jour par hasard où l’aube rayonnait

dans la clairière infinie de ses yeux.

 

©  Monique-Marie Ihry    -  27 août 2015  -

(toile de l’auteure :  » Songe d’un soir II « , détail)

 

 

Poème court 2565

Classé dans : Extraits de recueils de poésie de l'auteure,Poèmes courts — 8 septembre, 2017 @ 3:25

Bouquet bleu 80 x 40 cm

 

Il n’est de verbe à la beauté

sinon celui de l’excellence.

 

© Monique-Marie Ihry  – 2 juillet 2017 –

(toile de l’auteure  » Bouquet bleu  » (2017) – huile sur lin 80 x 40 cm -)

Aux confins de la nuit (traduit et commenté par le Pr Mohamed Salah Ben Amor)

Poème du jour : Aux confins de la nuit
Par : Monique-Marie Ihry

 
L’été repliait son manteau fleuri de sève,
L’automne déployait son jupon flamboyant
Sur le massif en deuil, désolé, larmoyant
Dans le balai d’un soir où la mort plante un glaive.

C’était la fin d’un jour, un amour qui s’achève
Et dans la tombe ouverte à l’automne assaillant
Des feuilles défuntes, réunies, sommeillant
Gémissaient en silence en plainte sourde et brève.

Dans le noir crépuscule aux confins de la nuit
Une lune voilée aux accents de tristesse
Entamait un refrain de profonde détresse.

L’été était parti, l’amour s’était enfui
Et dans mon cœur rompu aux refrains d’une larme
Se perdaient mes rêves dans le vide et son charme…
© Monique-Marie Ihry – 2 mai 2014

 

L’une des constantes principales de la poésie de l’auteure de ce texte est l’utilisation symbolique massive des éléments naturels que l’on voit présents dans presque tous les vers. Néanmoins, c’est sur des éléments temporels que s’est focalisée, cette fois, son attention et sur lesquels elle a érigé la fondation de son poème .Ces éléments ont été distribués sous forme de deux dualités dont l‘une , étant plus vaste ( Eté/Automne ), englobe l’autre, plus restreinte ( Jour/Nuit) .D’autre part , elles n’ont pas été appréhendées dans leur dimension concrète mais dans la phase minime de transition où l’automne commence à prendre la relève de l’été, laquelle est une sorte de passage lourd et pénible à supporter par les âmes sensibles comme celle de l’auteure, du fait de leur prédisposition à la mélancolie et aux appréhensions du futur immédiat .D’où ce flot d’images évoquant la tristesse , le regret, l’angoisse et dont la plupart ont été conçues sur la base de la personnification (massif en deuil, désolé, larmoyant – la mort plante un glaive – dans la tombe ouverte à l’automne assaillant des feuilles défuntes – lune voilée aux accents de tristesse – un refrain de profonde détresse ).Mais , il n’y s’agit que d’une simple projection de l’état d’âme de la poétesse sur le paysage naturel qu’elle décrit dans ce laps de temps bien déterminé.Et elle le dit d’ailleurs expressément : (dans mon cœur rompu aux refrains d’une larme se perdaient mes rêves dans le vide et son charme ).Et le mot « charme » qui peut apparaître ici, à première vue, comme un intrus montre que la beauté n’est nullement liée à la joie et que bien de paysages tristes sont esthétiquement fascinants. Nous avons encore beaucoup à dire sur ce poème mais notre commentaire s’est trop allongé. Arrêtons-nous donc et invitons les lecteurs à dégager le reste.

على تُخوم اللّيلِكان الصّيفُ يطوي مِعطفَهُ الزّاهِرَ المضمَّخَ بالرّحيقِ
وكان الخريفُ ينشُرُ جِلبابَهُ المُلتهِبَ
على المُرتفَعِ الجَبَلِيِّ القَفْرِ الدّامعِ العينين المُتلَفِّعِ بثوبِ الحِدَادِ
في خِضَمِّ مساءٍ جارفٍ يغرسُ فيه الموتُ سيفَهُكانتْ تلك نهايةَ نهارٍ، لحظةً لفظَ فيها حُبٌّ أنفاسَهُ
وفي القبرِ المفتوحِ للخريفِ الدّاهِمِ
كانت أوراقٌ شَجرٍ ميّتةٌ متلاصقةٌ منغمسةً في نومها
تئنُّ في صمتٍ مُرسِلةً شكوى مختنِقة الهمهماتِفي المغيبِ الدّامسِ على تُخوم اللّيلِ
كان ثمّةَ قمرٌ مُتَحَجِّبٌ حزينُ النّبراتِ
قد أخذَ يردِّدُ مُستغيثا أغنية رتيبةً تدمي القلوب

كان الصّيفُ قد رحلْ
والحُبُّ قد فرْ
وفي قلبي المُتمرِّسِ بنغماتِ الدّمعِ الرتيبة
كانت أحلامي تتلاشى في الفراغِ و سِحْرِهِ

مونيك ماري إهري – شاعرة فرنسيّة

Délices

Classé dans : Extraits de recueils de poésie de l'auteure,Poèmes en français — 20 août, 2017 @ 12:56

LANGUEUR VIII 55 X 46 cm

Délices 

 

La chandelle répandait une douce clarté

laissant deviner le satin de sa peau opaline.

Elle avait une taille élancée et fine,

un sourire charmant,

et puis le regard, comment dire ? gourmand…

Son décolleté cachait de charmants secrets

qui firent basculer l’homme

dans l’abîme flamboyant du désir.

Elle frémit bientôt à l’idée d’un baiser.

Il la fit languir un instant,

puis se pencha pour cueillir ses lèvres

entrouvertes… sagement.

La lune se fondit dans le bronze argenté des vagues

et le jour peu à peu s’éteint

sur le souffle court des amants

livrés aux flammes d’une fervente communion,

enlacés d’un seul trait d’union

au nom de l’amour

tout simplement…

 

© Monique-Marie Ihry    – 29 juin 2017 –

(toile de l’auteure intitulée  » Langueur VIII  » (2016) huile sur lin 55 x 46 cm)

Soir d’hiver

Classé dans : Extraits de recueils de poésie de l'auteure — 1 août, 2017 @ 5:05

le soleil a des rayons  50 100

Soir d’hiver 

 

Il me combla

de mille et un baisers inquiets,

comme s’il pressentait

la proche fin de notre univers.

C’était un soir d’hiver

à la lumière fébrile d’une chandelle.

Fleur au cœur de l’hiver

chacun de ses baisers

m’emporta à jamais

vers les profondeurs de l’éternité…

 

© Monique-Marie Ihry  – 22 juillet 2017 -

 

toile de l’auteure intitulée  » Le soleil a des rayons de pluie  » (2013) – Huile sur toile 100 x 50 cm -

Création

 CRITIQUE DE MON TEXTE  » Création  » PAR LE PR. MOHAMED SALAH BEN AMOR, Critique littéraire tunisien  (23.07.2012)
 » D’habitude , je ne me fie pas à ce que disent les écrivains et poètes sur leurs écrits , étant convaincu que la distance entre le vouloir dire et le dire est énorme .Cependant  , l’annonce que fait l’auteure  dans ce texte  théorique de la parution  de son prochain recueil  excite ma curiosité d’y voir clair  , vu ma connaissance approfondie de  son expérience poétique précédente  .Plusieurs approches esthétiques  semblent  avoir été suivies  ou du moins tracées dans ce nouvel ouvrage .D’abord le néo-réalisme qui consiste à partir du réel sans  le photographier à la manière des naturalistes   ou à s’y calfeutrer comme  dans le réalisme socialiste prôné par Jdanov (ne pas s’enfermer dans une reproduction fidèle de la réalité objective telle qu’elle se présente à notre regard ) mais  en le sassant  de fond en comble afin d’en dégager  les traits les plus pertinents et les plus significatifs .Ensuite la théorie de la forme ( gestaltisme  ou psychologie de la forme ) dont la mise en application en art est de ( partir d’une  base à l’image du  miroir que nous renvoie parfois la nature, les objets du quotidien ou bien les êtres vivants, s’inspirer de leurs formes pour obtenir en quelques traits une base tangible). Tertio , le romantisme déjà  fortement présent dans les écrits précédents de l’auteure et dont la place demeure  , à l’en croire  , essentielle  (s’imprégner ensuite de la blondeur complice du soleil, de la douce mélodie des oiseaux, de la parure que revêt une prairie printanière offerte à notre présent ). Cet amalgame de tendances s’explique par la chute des courants littéraires qui avait suivi la chute des idéologies à la deuxième moitié des années quatre-vingt , une chute que certains écrivains et poètes ont exploitée ,  à bon escient  , en puisant dans ces courants tous les éléments qu’ils trouvent les mieux adaptés à leur goût , humeur et personnalité   , étant donné que pour tout écrivain moderne qui se respecte la singularité du style reste  l’objectif le plus primordial à atteindre . Attendons la sortie de ce nouveau recueil pour  voir  ce qui a été   vraiment concrétisé de ces trois grandes lignes .  »

 

Création

par Monique-Marie Ihry

 

Tenter d’accéder aux voix du Cosmos pour composer avec la grandeur du monde, aller en soi, dans l’abîme de son moi intérieur afin de mieux exprimer la véracité spontanée de son être, s’écarter du joug carcéral des conventions qui ont régenté notre vie, accepter de se détourner du chemin unique édicté par la norme et ses apôtres de rigueur endimanchés, ne pas s’enfermer dans une reproduction fidèle de la réalité objective telle qu’elle se présente à notre regard mais partir d’une base à l’image du  miroir que nous renvoie parfois la nature, les objets du quotidien ou bien les êtres vivants, s’inspirer de leurs formes pour obtenir en quelques traits une base tangible, tirer ensuite de ces fondations nécessaires une essence issue des profondeurs de l’expérience des bonheurs vécus ou des malheurs subis, de l’empreinte des cicatrices superficielles ou profondes qui saignent encore ou pleurent sur notre quotidien, vivre intensément au-delà de son vouloir tous ces ressentis obligés, s’imprégner ensuite de la blondeur complice du soleil, de la douce mélodie des oiseaux, de la parure que revêt une prairie printanière offerte à notre présent

 ET,

tenter de revivre à la vie, à l’heure où l’aube éclot sous les perles de rosée du jardin fleuri de nos espérances. 

Ressourcée par l’énergie d’un silence solidaire, nourrie par l’exaltation solitaire propice à la création en cours, s’ouvrir au chant symphonique du monde…

 

©  Monique-Marie Ihry    

Extrait du recueil de poésie «  Aurore »  en cours d’élaboration

Délices

Classé dans : Extraits de recueils de poésie de l'auteure,Poèmes en français — 24 juillet, 2017 @ 4:00

Cueillir l'aurore  55 x 46 cm

Délices 

 

La chandelle répandait une douce clarté

laissant deviner le satin de sa peau opaline.

Elle avait une taille élancée et fine,

un sourire charmant,

et puis le regard, comment dire ? gourmand…

Son décolleté cachait de charmants secrets

qui firent basculer l’homme

dans l’abîme flamboyant du désir.

Elle frémit bientôt à l’idée d’un baiser.

Il la fit languir un instant,

puis se pencha pour cueillir ses lèvres

entrouvertes… sagement.

La lune se fondit dans le bronze argenté des vagues

et le jour peu à peu s’éteint

sur le souffle court des amants

livrés aux flammes d’une fervente communion,

enlacés d’un seul trait d’union

au nom de l’amour

tout simplement…

 

© Monique-Marie Ihry    – 29 juin 2017 –

(toile de l’auteure intitulée  » Cueillir l’aurore  » (2015) 55 x 46 cm -

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