Dans le Jardin des mots

Archive pour la catégorie 'Réflexions diverses'

« Messager », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

Posté : 5 mai, 2018 @ 3:29 dans Critique littéraire, Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

Messager

 

J’essayais en vain de raccrocher les wagons

De ce train dément où voyage l’horizon,

Mais ne parvenais pas dans cette course folle

À assembler leurs liens voguant au gré d’Éole.

 

Mus par un ouragan de pensées délétères,

Les nuages du ciel comme de pauvres erres

Chevauchaient leur jument, la fouettant jusqu’au sang,

Incendiant le soir d’un bandeau indécent.

 

Puis vint une accalmie qui dissipa les rouges,

Les noirs abandonnèrent le siège de ce bouge

Et la lune en sommeil réveilla les étoiles

Soulageant de ce fait les cœurs purs de leurs voiles.

 

Le train recomposa un semblant d’unité,

Une paix s’installa sur le rail des pensées

Et dans le ciel serein un oiseau de passage

Inscrivit en lettres d’amour ce doux message :

 

« La vie est une fleur fragile, la guerre une cause futile. Aimez-vous et entraidez-vous. De la nuit émane le jour, l’Amour triomphe toujours sur les maux. »

 

Monique-Marie Ihry – 18 septembre 2011 -

 

* * *

« Ce poème est bâti selon la technique de la gradation  en trois phases : noir/clair ‒ obscur/clair ‒ crise/accalmie/détente. Le noir ou la crise  correspond aux deux premières strophes, le clair-obscur ou l’accalmie aux six vers suivants, et le clair ou la détente aux  sept derniers vers. Cette construction est motivée par l’optimisme de la poétesse qui, malgré les affres de la guerre faisant rage dans plusieurs pays du monde et surtout en Libye où elle a fait jusqu’ici plusieurs milliers de victimes et causé des destructions  catastrophiques,  lance un message d’amour à tous les  belligérants quel que soit leur camp pour leur rappeler qu’ils  sont en train d’agir contrairement à  ce que devrait leur dicter leur essence noble  voilée malheureusement  par la haine  et qui n’est autre que la bonté naturelle !

La métaphore des wagons du train pour illustrer la guerre est une très belle trouvaille stylistique. »

 

Mohamed Salah Ben Amor

 

 

« NON ! », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

Posté : 5 mai, 2018 @ 3:23 dans Critique littéraire, Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

 NON !

 

Chaque 31 décembre je me demande

si je prendrai de nouvelles résolutions pour l’année à venir.

Deviendrai-je une sylphide au corps svelte ?

Arriverai-je à faire enfin un régime

qui me rendrait les formes rêveuses de mes vingt ans ?

Deviendrai-je à nouveau la cuisinière hors pair que j’ai été ?

Parviendrai-je à être un puits d’insouciance

une montagne d’égoïsme

un abîme d’inconscience

prenant le temps de me pencher à loisir

sur mon ego embourgeoisé ?

 

Eh bien NON !

 

Je renonce à ce régime futile

prôné par des magazines vendeurs de rêves dérisoires.

Je m’entête à ne plus faire de prouesses quotidiennes inutiles

et dispendieuses en cuisine,

cet art m’est acquis, je le réserve aux gens que j’aime.

Je m’insurge contre la misère

qui décime les peuples affamés

désole les mères aux seins maigres taris

au ventre efflanqué fécond d’orphelins en puissance.

Je m’inscris en faux contre cette pauvreté

qui croît au fil des ans

décuple, se multiplie au centuple.

Je me révolte contre les guerres

fomentées depuis la nuit des temps

par une poignée d’intérêts particuliers

au détriment de l’intérêt général.

 

Comment pourrais-je devenir un monstre d’égoïsme

cultiver l’insouciance

me nourrir de futilités, d’inconscience ?

Je VEUX poser les fondations

d’un temple de sérénité sur ce monde tangible

avec des mots d’Amour, de Paix

que je destine aux oubliés des Puissants

aux dissidents

aux indigents

aux sans-abris

aux âmes seules

aux malades sans soins

aux orphelins de cette guerre du Pouvoir

qui creuse à son gré et davantage chaque jour

de-ci, de-là,

la tombe de millions d’innocents !!!

 

Déposons les mots généreux et désintéressés

de notre cœur sur un sol fertile de justice,

érigeons ENSEMBLE les murs d’une cathédrale,

d’un temple, d’une mosquée, d’une synagogue

qui consacreront un chant d’espoir

s’élevant dans un ciel d’AMOUR, de PAIX

sur le toit d’un monde apaisé

dans la lumière sereine d’un jour nouveau

 

SANS GUERRE  et SANS MISÈRE !

 

 

Monique-Marie Ihry – 1er janvier 2011 -

 

* * *

 

Ce cri fort contre les exactions perpétrées par les soi-disant grands et qui ne cessent d’entraver la marche de l’humanité vers des horizons plus sereins ne me surprend guère de la part d’une poétesse dont les préoccupations ont été presque toujours personnelles. En effet, les hautes valeurs, qu’elles soient subjectives ou objectives, forment un tout…

Ce qui plaît le plus dans ce poème est le ton empreint de sincérité et de spontanéité. Quant aux métaphores, elles n’ont pas de place dans ce genre de poésie parce que le réel décrit dépasse de très loin l’imaginaire.

Un poème à traduire absolument.

 

Mohamed Salah Ben Amor

« Sur les rives du Rhin », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

Posté : 5 mai, 2018 @ 3:15 dans Critique littéraire, Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

Sur les rives du Rhin

 

La mort était inscrite à ses flancs faméliques.

Le vagabond penché sur son futur défunt

Défiait sa douleur, l’espoir sans lendemain,

Se leurrait de cendres, s’enivrait d’arsenic.

 

Il paraît de bleuets un présent narcotique

Alors que dans le noir distillaient leur venin

Les rigueurs de l’hiver,  les cloches d’un tocsin

Sur le parvis absent de notre basilique.

 

Notre Dame du Soir sur les rives du Rhin

S’endormait sans besoins, faisant fi des chagrins

De la faim infligée aux hères sans papiers.

 

Dans cette nuit frigide une âme dédaignée

Osait sa prière sous les pins résignés

Pour que cesse le froid, son refrain assassin…

 

 

Monique-Marie Ihry – 19 janvier 2011  -

 

* * *

« Ce genre de poésie  descriptive  qui dépeint  la souffrance humaine et qui exprime la solidarité morale  de son auteur avec les déshérités et les démunis  n’offre pas au poète la possibilité de  créer des images surprenantes, car  son but est avant tout de susciter  la compassion, la pitié  et l’attendrissement  du récepteur afin de  l’émouvoir   et l’associer  à la situation inhumaine décrite. Et pour y parvenir,  on use  d’habitude de deux moyens principaux : un ton pathétique fort et l’accumulation de termes et d’expressions  à  haute  charge émotive. Ce qui  s’applique pleinement à ce poème où l’auteure  s’est employée tout au long de son texte à établir une relation de cause à effet entre deux champs opposés : le premier est celui du destin hostile qui se profile à travers différentes sources de maux (mort – douleur – cendres – arsenic – venin rigueurs de l’hiver – chagrins – faim – froid, …) et celui  de la victime agressée, c’est à dire  le vagabond  qui encaisse les coups de son agresseur sans  être capable de les rendre.

Un bon poème qui répond aux conditions du genre. »

 

Mohamed Salah Ben Amor

A pesar de los pesares (En dépit de tout…)

Posté : 19 mai, 2015 @ 12:36 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poemas en español, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

A pesar de los pesares 

 

A pesar de los pesares,

a pesar del horror de las guerras

de la miseria y del dolor,

seguirá floreciendo la blanca rosa del alba

porque la vida es

y no puede ser de otra manera.

Al lado del rosal inmaculado florecido,

sangriento sigue corriendo el río,

muerte soñolienta y solitaria del corazón…

Lloran desnudas las hojas primaverales

buscando en vano el árbol de la vida,

muerte sin fin del camino

en el otoño del alma,

el alma mía…

 

©  Monique-Marie Ihry   Derechos de autor 2.01.2015

 

 roses blanches senza

En dépit de tout…

 

En dépit de tout

malgré l’horreur de la guerre

de la misère et de la douleur,

la rose blanche de l’aube continuera à fleurir,

parce que la vie est et ne peut être autrement.

À côté du rosier immaculé éclot,

sanguinolent le fleuve poursuit son cours,

mort lente et solitaire du cœur…

et pleurent nues les feuilles printanières

cherchant en vain l’arbre de vie,

mort sans fin du chemin

à l’automne de l’âme,

mon âme…

 

©  Monique-Marie Ihry  – 19 mai 2015 –

Exil poétique

Posté : 3 mars, 2015 @ 4:16 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

escrituras anonimas

Escrituras anónimas (2008) – Huile sur bois 30/80 cm − tableau de l’auteure

 

Exil poétique   

 

À la recherche de l’exquise beauté

et surpris par l’absence

de livres de poésie dans une librairie,

vous interrogez en désespoir de cause

un vendeur qui vous renseigne

avec la mauvaise grâce de circonstance :

 

«  Poésie, vous avez dit…  poésie ?

Vous savez, nous n’en vendons guère ces temps-ci,

suivez-moi, je vais bien finir par vous en trouver quelques uns… »

 

Dans un coin, sur une étagère située bien en haut,

tout en haut, au-delà du regard

ou bien encore en bas, tout en bas,

en-deçà du possible,

quelques vers rares

se retrouvent condamnés à l’exil

sur le rang banni des parias.

 

Les poètes sont devenus hélas

les parents pauvres d’un art majeur

que l’on classe désormais volontiers

au rang meurtri des oubliettes !

Dans le palmarès de l’actualité

des ventes rentables et de ce fait prioritaires

Victor Hugo, Baudelaire, Neruda,

Aragon, Rimbaud et Lorca se trouvent

isolés,

bien loin des têtes de gondoles

où se pavanent en pleine lumière

des nuances de gris en tout genre…

 

©  Monique-Marie Ihry    -  24 novembre 2013, actualisé dernièrement  -

 

Pourquoi peint-on en couleur ou pourquoi l’on peint en noir et blanc ?

Posté : 14 août, 2014 @ 4:48 dans Réflexions diverses | 2 commentaires »

 bailarina triste+++ 54  65

 Bailarina triste -  huile sur toile peinte par l’auteure, 54/65 cm  -

 

   Il vient tout naturellement à l’esprit que l’on ne peut peindre qu’en utilisant des couleurs. Il est évident que l’on retranscrit les images s’offrant à notre regard, que ce soit la tendresse d’un visage coloré, la beauté épanouie de la campagne, tout comme l’azur des flots de la Méditerranée. Mais l’acte de peindre, tel  celui de composer, vont parfois au-delà de la réalité. L’artiste se projette dans ses rêves,  recrée le monde et le peint à sa propre image, celui de ses fantasmes projetés sur la toile créative de ses pensées. Ainsi naît la création artistique, laquelle prend de ce fait un certain recul par rapport à la réalité ambiante. Le poète transgresse les couleurs usant de métaphores intemporelles, le peintre outrepasse les normes, il reformule les formes et compose des mélanges inattendus. Les formes s’affirment, les couleurs imposent leur aura, s’emparent arbitrairement de la pensée, la maîtrisent, imposent de nouvelles lois.

   Dans ce contexte précis, la palette surréaliste du ressenti élira par exemple un bleu azur inattendu afin de mettre en valeur la virilité intrinsèque d’un tronc d’arbre. Dans la même idée, le carmin de joues souriantes d’un enfant dominera le visage rayonnant qu’il pare. La chevelure d’une jolie femme pourra prendre arbitrairement des proportions démesurées, allant jusqu’à devenir le point de mire d’un portrait. Un bateau errant dans une mer bouleversée disparaîtra dans le tumulte de vagues déchaînées prêtes à l’engloutir à jamais, à tel point qu’on ne le verra qu’à peine sur la toile, dissimulé par le ressentiment chagrin de l’artiste tourmenté qui le peint.

   Le photographe a longtemps saisi des images en noir et blanc. Il ne pouvait faire autrement, car l’évolution de la science ne lui avait pas encore octroyé l’opportunité de retranscrire les couleurs de la réalité.  Puis, la technique évoluant, la photographie a été en mesure de calquer le monde en recopiant fidèlement tous les camaïeux  que la nature pouvait offrir à notre regard émerveillé. Les portraits ont acquis dès lors leur lettres de noblesse, allant jusqu’à rivaliser avec certaines œuvres des grands maîtres. Il est bien entendu que peinture et photographie sont deux arts que l’on ne peut comparer en aucune façon. Nous évoquons ici deux  techniques différentes permettant de retranscrire ce qui est offert à notre vue. Saluons au passage le génie de Diego Velásquez qui a su retranscrire fidèlement le regard sournois du Pape Pio V avec autant de véracité que ne l’aurait fait un appareil photo. Je le soupçonne même d’avoir en l’occurrence un peu exagéré à dessein… Le talent d’un vrai portraitiste n’est-il pas de faire ressortir la personnalité du personnage auquel il est sommé de donner vie ? Cela ne plaît pas toujours, mais c’est ainsi.

   On assiste actuellement à un retour de la photographie en noir et blanc. Cette dernière impose d’emblée à nos yeux le caractère des objets qu’elle entend valoriser. Les contrastes donnent du relief à l’œuvre, soulignent les détails, mettent en exergue la personnalité d’un individu qu’ils figent pour l’éternité, les objets affirment leur volonté d’exister avec force, la nature décline des contrastes suscitant l’émotion qui ne demande quant à elle qu’à surgir de notre cœur en émoi.

   Un jour la mélancolie l’emportait sur la joie de vivre, il m’est arrivé de peindre pour la première fois dans un dégradé monochrome de noir et de blanc. La danseuse dont les contours s’imposaient avec vigueur sur ma toile fut soudain saisie entre deux entrechats dans son mouvement, les ombres et dégradés cernaient son corps en action, le tableau prenait forme comme par magie.  Il me semblait que j’allais la voir surgir dans un pas de deux fendant littéralement ma toile. À mesure que je peignais, le titre de cette œuvre projetée s’imposa à moi. J’avais décidé de l’intituler Bailarina triste. J’eus très rapidement le désir incontrôlable d’ouvrir les bras à cette danseuse dominée elle aussi par la mélancolie afin de la consoler  de la peine évidente se dégageant de ses mouvements gracieux. L’archet d’un violoncelle invisible gémissait des notes s’échappant de son cœur voilé. L’émotion était intense, je m’en souviens encore.

   Cette première toile en noir et blanc s’est donc imposée à moi pour la première fois en à peine une heure et demie. Elle fait partie des œuvres dont je ne suis pas encore prête à me séparer. Elle vibre en moi. Il est évident que cette femme volant, virevoltant et s’épanchant sur le parquet ciré n’est autre que moi-même, cette jeune fille qui dansait à longueur de journée en cachette sur le parquet de sa chambre, portée par une musique virtuelle berçant la mélancolie de son âme adolescente. 

   Il semble, à vrai dire, que je n’ai pas encore terminé de panser les plaies de cette période douloureuse. C’est sans doute pour cette raison que je continue à peindre inlassablement une série de chaussons et de danseuses concentrées à outrance dans leur expression artistique opprimée. Les chaussons explosent dans l’effort, allant parfois jusqu’à se déchirer. Les justes au corps épousent les formes qui s’expriment avec une grâce que je voudrais innée, infinie, ineffable. Les muscles des bras tendent vers l’infini de vains espoirs à mesure que la musique du cœur exhume les déchirures inhérentes à l’esprit. La musique est là, en toile de fond. Le piano distille des notes parfois enjouées, parfois baignées d’un clair obscur. La mélodie s’emporte, portant les corps en mouvement au-delà d’eux-mêmes. Un violon entre en scène, un violoncelle le rejoint avec véhémence et l’émotion s’installe, encore et toujours…

   Depuis la création de cette toile, j’ai peint de nombreux tableaux en monochromes en y ajoutant parfois un soupçon de couleur. Je commence en fait par un ton foncé que je le décline ensuite en dégradés venant cerner, orner mes personnages, ourler mes objets en les faisant naître, paradoxalement.

   Cependant, j’éprouve souvent ce besoin absolu et impérieux de voir jaillir de mes toiles un arc-en-en-ciel de couleurs. La couleur fait en fait partie de la vie, de ma vie. On ne saurait se passer de ces rayons de soleil qui colorent nos espérances et flattent rêves les plus fous.

   Il se trouve que les toiles que je vends le plus sont absentes de couleur. La demande pour mes monochromes s’avère être en effet la plus importante. Il me vient parfois à l’esprit que cette forme d’expression engendre chez l’amateur d’art davantage d’émotions que la peinture dite « traditionnelle ».  Je ne prétends pas par ces mots affirmer que seul le choix des couleurs ou des non-couleurs engendrerait une émotion. Les formes élues, leur mouvement, leur ordonnancement sur la toile sont un tout indissociable qui confère une unité de sens, métaphore la pensée émouvant le récepteur du message que l’artiste entend délivrer.

   En faisant le choix de demeurer dans un état d’esprit que je qualifierais « monochrome », je semble en accord avec les personnes appréciant ma peinture. Mais n’est-on pas apprécié uniquement par des êtres avec qui on partage une même forme de sensibilité ?

   Cette remarque est également valable pour l’écriture. Ce mode d’expression en prose ou en vers qui a recours aux mots, ne peut séduire le lecteur que si celui-ci adhère à l’ordonnancement des idées couchées sur la page qu’il est en train d’explorer, au rythme de ses mots, aux couleurs suggérées par les métaphores, aux peintures des scènes décrites, à l’action générée par les verbes choisis, aux temps du récit, à la véhémence des dialogues et la non-monotonie de certains monologues, en un mot au verbe de l’auteur.

 

©  Monique-Marie Ihry    -  14 août 2014

 

 

 » Ne vous en déplaise ! » (commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben amor)

Posté : 8 mai, 2014 @ 4:17 dans Critique littéraire, Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

On me reproche parfois

D’écrire « à l’eau de rose ».

Il se trouve que j’ose

Et c’est là bien mon droit !

Je fais fi des critiques

Me moque des critiqueux

Ceux qui ont fait le vœu

De sombre poétique

Car j’ai prêté serment

Sur l’autel de la vie

De parfaire l’envie

Sous des cieux plus cléments

De chanter les aurores

Où éclot belle rose,

Et c’est ainsi que j’ose

Vous la conter encore !

 

On me reproche aussi

D’écrire avec des rimes…

À ceux que ça déprime

Et de moi se soucient

Je leur clame haut et fort

Qu’au Diable ils s’en aillent

Et qu’ensemble ils rejoignent

La horde des moqueurs…

Je chante donc la rose,

L’agrémente de rime.

C’est ainsi que j’exprime

Ma pensée et que j’ose

M’opposer aux critiques

Qui souhaitent me changer

En toutou obligé.

Je suis « académique »

Et j’entends le rester

Et je conte la rose

Et je persiste et j’ose

Ainsi me transporter

 

Ne vous en déplaise !

 

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Critique du Professeur Mohamed Salah Ben Amor

« Si je me rappelle bien, c’est la première fois que l’auteure de ce poème écrit dans le genre satirique et évoque l’existence de détracteurs qui lui reprochent aussi bien le choix de ses thèmes que son style. Et si elle le fait, c’est que son écriture  a été réellement  l’objet  de diatribes de la part de certains esprits agressifs dans  son entourage culturel. Pour tranquilliser notre poète, je lui signale que le nombre d’articles qui ont été écrits contre ma personne jusqu’à ce jour et parus dans les journaux et revues  a dépassé les deux cent vingt. Et la plupart de ces articles émanent de poètes et d’écrivains dont les écrits ne me convainquent pas. Mais je ne me suis jamais senti  offensé ou blessé par ces attaques parce que je crois que l’essence même de l’art- Et la littérature en est un – est la pluralité de visions et de styles et que cette pluralité donne lieu nécessairement à des controverses qui peuvent  évoluer en des polémiques violentes .En plus de cela, je pense que  le meilleur produit artistique est celui qui surprend ou choque même  et non celui qui suscite l’indifférence et passe inaperçu. Examinons maintenant les critiques  dont notre poète a été la cible. La première est qu’elle écrit« à l’eau de rose » et n’aborde pas les thèmes de la misère humaine. Répondons aux auteurs de cette réprimande que l’écriture littéraire est de trois sortes : elle est tragique au cas où il y a une rupture entre l’âme de l’écrivain et l’univers, épique s’il y a une contradiction entre ces deux parties  et lyrique lorsqu’elles sont unies par un rapport de concordance .Et c’est ce dernier genre d’écriture qu’affectionne notre poète, tout simplement parce qu’il sied à son caractère et à sa situation .Quant au deuxième reproche qui est de pas suivre le courant de rénovation par l’adoption du poème en prose , disons tout de suite que cette critique  est aujourd’hui dépassée  à l’ère des sciences cognitives, neuroscientifiques et génétiques qui ont montré que la source la plus influente dans l’acte de création artistique est  la sensibilité  de l’artiste ,que celle-ci est innée et qu’elle varie entre deux extrêmes :le conservatisme et la novation. Ce qui est donc de plus normal que d’avoir une âme  classique. Par conséquence, le critère le plus objectif pour évaluer une œuvre d’art est de n’y tenir compte que de ses spécificités par rapport aux règles qui régissent le genre auquel elle appartient .Et de ce point de vue, disons, sans exagération aucune, que la poésie de Monique-Marie est bien conforme à son goût et à son vécu et qu’elle est l’une des meilleures dans le genre classique . »

L’amour, la mer (poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor)

Posté : 11 janvier, 2014 @ 7:45 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français, Réflexions diverses | 2 commentaires »

L’amour, la mer *

 

L’amour est un petit bateau

Qui vogue blanc au fil de l’eau

Sur les vagues bleues de la vie

Dans une liesse infinie

 

Qu’il soit radeau, barque bohème

Il navigue dans un poème

Sur les flots heureux de l’amour

Dans la promesse d’un toujours

 

Bercé par la chanson des flots

Balancé au fil des rouleaux

Ivre d’émoi et d’allégresse

Ne fait pas montre de faiblesse

 

Mais, faible coquille de noix

Un jour de tempête se noie

Et sur la page d’un naufrage

Vient s’inscrire ce triste adage :

 

« Tout grand amour est éphémère

Un jour il n’est plus que chimère

Et dans un regard des plus purs

Errent des présages obscurs »

 

Adieu petit bateau du cœur

Adieu rêves commis en chœur

La vie est parfois songe amer

Gisant dans la nuit de la mer… 

 

©  Monique-Marie Ihry    -  Castres, le 6 juillet 2013  -

(d’après la chanson de Charles Trénet « Bateau d’amour »)

* Ce poème a obtenu le 1er prix de poésie libre à Frontignan (2018)

 

* * *

« Connaissant de près les écrits de l’auteure de ce poème, je suis presque certain que le message qui y est véhiculé n’a aucun caractère autobiographique. Il ne s’agirait, probablement, que d’une idée née en toute spontanéité dans un contexte spécial et qui aurait retenu l’attention de la poète par sa pertinence et son originalité, ce que lui aurait valu d’être à la source de l’écriture de ce poème.

Pris en soi et indépendamment du contexte dans lequel il a été inspiré, ce texte expose une certaine conception de l’amour selon laquelle ce sentiment se caractérise essentiellement par sa délicatesse avec ses deux sens : (douceur et  fragilité)  auxquels correspondent deux attitudes opposées mais dont aucune n’exclut forcément l’autre : la fascination et l’extase qu’il suscite  et par ailleurs l’affliction et le chagrin qu’il inspire. Cette conception est, bien entendu, celle de l’amour ordinaire dont font l’expérience la plupart du commun des mortels et dont la fin est généralement décevante, si tant est qu’elle ne soit pas malheureuse. À son opposé s’élève, cependant, majestueusement l’Amour spirituel, impérissable et éternel qu’incarnèrent, par exemple,  les poètes arabes anciens de la tribu Oudhra comme Jamil l’amoureux de Boutheina  et Qais le fou de Leila  qui moururent en martyres et ce, à cause du sentiment noble et pur qu’ils éprouvaient pour leur bien-aimée. De ce fait, si notre poète s’attache à la première particularité de l’amour qu’elle a si bien décrite dans les trois premières strophes, elle se contredirait si  elle croyait à l’adage qu’elle a cité dans la cinquième (Tout grand amour est éphémère / Un jour il n’est plus que chimère / Et dans un regard des plus purs / Errent des présages obscurs). Thématiquement, elle ne fait, sûrement donc, qu’interpréter poétiquement un  tableau exécuté par une autre personne ou réécrire une chanson qui aborde ce thème.

Quant au niveau stylistique, le cachet spécifique de l’auteure est fortement présent à travers son lyrisme très prononcé, sa transcription subtile et détaillée des fluctuations de l’âme humaine, le  lexique abondant de la nature qu’elle a mis en œuvre  et enfin  son recours massif à la métaphorisation, ce qui a contribué à faire de ce poème un véritable tableau dans un tableau ou une chanson dans une autre chanson. »

 

Mohamed Salah Ben Amor


 

 

 

 

Intelligences utiles, s’il en est…

Posté : 15 octobre, 2010 @ 3:53 dans Extraits de romans déjà parus, Réflexions diverses | 4 commentaires »

couv mythomania

Intelligences utiles, s’il en est   

[…] 

 

Le mensonge est un art intelligent. Il convient d’être très fort pour rester menteur sous peine d’être démasqué un beau jour. Il est des menteurs impénitents qui mentent comme ils respirent, sans réfléchir. C’est bien à leur problème. Mentir pour eux est un besoin vital. Ils respirent leur mensonge, le mensonge les inspire, ils s’en nourrissent.  Mais au fait, pourquoi mentent-ils ? C’est souvent névrotique.

Cependant, il faut avouer que le mari trompeur ou l’amant volage ont besoin de cette arme vile pour tourner les pages de leur agenda compliqué. Il est vrai que mener plusieurs vies parallèles ne s’avère pas en outre très aisé.  Mais si l’on vous dit au cours d’une même longue phrase de justification attendue : 

-      Non, je ne la connais pas cette femmeet : non je ne lui parle plus du tout  Puis encore plus loin au cours de la même conversation : 

-      Cette sirène baise bien[…]  Je n’ai jamais rien fait avec elle 

Pas besoin dans ce cas de se poser davantage de questions…   Pour être un menteur plausible il faut savoir faire fonctionner ses neurones afin de ne pas se contredire aussi ouvertement. Mais peut-être qu’à force d’aller de droite et de gauche, la fatigue et l’âge aidant, les connexions cérébrales se voient au final quelque peu handicapées. C’est de bonne guerre après tout ! (sourire)  Il semblerait que Casanova ou Lord Byron aient été plus habiles en leur temps. Leur carrière volage s’est même vue décorée d’une postérité qui perdure encore…

Vous m’aurez comprise, on ne parle pas ici d’intelligence du cœur. On évoque une intelligence adroite, celle qui mène dans les bas fonds d’un esprit pervers.  Une fois démasqué, l’apprenti menteur doit donc impérativement suivre quelques règles. Il est grand temps qu’il se reprenne. Conseillons-lui par exemple la prise à la hâte de quelques notes sur un carnet qui pourront l’aider dans ses mensonges : 

-      J’ai dit à Anna que j’étais au cinéma ce soir-là et que j’ai vu tel film 

-      Pour Lisa : je lui ai affirmé que cette sirène, je ne l’ai JAMAIS rencontrée et je ne lui ai JAMAIS écrit non plus. Je ne la tague JAMAIS dans les articles que je publie 

Le petit carnet assorti de son crayon (que l’on ne doit pas égarer – sourire encore -) seraient donc les alliés essentiels de mensonges en kyrielles que l’on commet lorsque l’on converse avec une amante éloignée avec qui on entreprendrait une relation épistolaire entre deux rencontres. On peut le consulter à loisir. L’idéal serait finalement un carnet répertoire qui permettrait d’aller très rapidement trouver les indices propices à une argumentation intelligente.  Mais le problème survient toutefois lorsque l’on est au téléphone et que l’on ne sait plus où l’on a mis ce petit élément salvateur que l’on aurait pu consulter a son gré dans une autre circonstance… 

Que dire alors d’une conversation de visu avec une maîtresse en cours que l’on rencontre par hasard à la sortie d’un hôtel et que l’on n’a manifestement pas l’inélégante opportunité de sortir ses notes !  Après réflexion, je n’ai finalement pas de solution magique pouvant aider le menteur d’intelligence moyenne ou bien encore celui chez qui Alzheimer a commencé à faire quelques dégâts irréparables. On pourrait cependant lui conseiller de remplacer ce carnet par un agenda électronique (pas le top lorsqu’on téléphone avec son portable…). Verser une bonne dose de bromure dans le jus de fruit du petit déjeuner afin de calmer les ardeurs « altruistes » de ce menteur professionnel serait peut-être indiqué si tant est que cet individu partage encore notre vie… 

Existe-t-il un remède en face de tous ces mensonges éhontés ? Il n’y en a guère. Le plus important serait en revanche d’essayer de repérer ce genre d’individus le plus rapidement possible et de s’en défaire aussi vite. Pas toujours évident !  Ces sites que l’on dits « sociaux » sont le reflet de notre société faite de bons  et de masques. Le « bon » se livre tel quel en toute spontanéité, et le « masque » arbore en permanence un esprit facétieux. Le  contact  dit « masqué » s’élabore très souvent une personnalité brillante, s’invente le personnage qu’il aimerait être. Il se veut artiste talentueux à l’âme généreuse par exemple, ou se vente de participer activement à moult causes humanitaires. Il flaire, repère les failles des proies possibles attirées par le brio et l’humanisme qu’il arbore à bout de bras et s’y engouffre petit à petit, insidieusement…  Dans cette jungle Internet, le faible est celui qui pensait  que tout le monde se montrait à son image sincère en toutes circonstances. Les réveils sont en l’occurrence toujours douloureux… 

Je serais donc tentée d’affirmer qu’il est préférable de tomber sur le menteur peu intelligent que sur un artiste du genre doté d’un Q. I. hors dimensionné. Si tel a été votre cas, il se peut que vous ayez vécu une expérience qui vous ait aidée à mûrir et à vous affranchir d’un monde vernissé et tentateur. Mais attention : gare aux rechutes possibles ! C’est comme un régime que l’on s’est promis d’entreprendre, il se doit d’être assorti de règles strictes et indéfectibles, car on aurait tendance à replonger facilement dans la crédulité. 

Autre précision : cette réflexion spontanée a été écrite au genre masculin. On pourrait tout aussi bien la transposer au féminin. Cet exercice de style salutaire viserait par la même occasion à se préserver de « pseudo amies » tout aussi flatteuses et habiles à vous tromper et qui auraient fait du masque leur panoplie mensongère et assassine. Quelque ex de votre ex par exemple…  À vos marques et bas les masques. Il est toujours temps !  […] 

   

© Monique-Marie Ihry 

Extrait du roman Mythomania sur le Net, en vente, entre autres, sur amazon.fr : 

https://www.amazon.fr/Mythomania-sur-Net-Monique-Marie-Ihry-ebook/dp/B00I4QCRWQ/ref=asap_bc?ie=UTF8

Petite farce gratuite à l’encontre des hommes

Posté : 25 février, 2009 @ 11:57 dans Extraits de romans déjà parus, Réflexions diverses | 2 commentaires »

dscf0936.jpg 

[...]

Où sont les hommes, les vrais, les durs, les braves non tatoués ? lol

Où est l’Homme qui saura me protéger et m’aider à traverser cette mauvaise passe de solitude submergée par de récurrentes mélancolies ?Un chanteur connu à la voix bizarrement féminine… s’évertuait à essayer de chanter il y a quelques années un  » Où sont les femmes « … Je transpose ce questionnement dans sa version contraire et je me retrouve en mon for intérieur à jamais féminin à me demander encore et encore : mais où sont donc ces Hommes …

Il faut tout d’abord reconnaître volontiers que les femmes ont évolué outre mesure. Il est vrai que l’on nous a enfin octroyé à regret cette capacité d’analyser, de comprendre et de comparer… Ce qui nous conduit entre autre et d’emblée désormais à refuser les affronts, les maladresses inconsciemment et toujours intentionnelles, les manquements à l’obligation de délicatesse, les manques d’attention en tout genre… et surtout la connerie !!!!!

Nul doute que l’on se soit évertué au cours des siècles précédents à nous refuser l’accès à la connaissance pour une raison bien précise. Maintenant, c’est trop tard !!!  L’apprentissage de la lecture nous a fait découvrir un monde très ouvert auquel nous n’aurions pas dû avoir accès. L’écriture nous libère du mutisme dans lequel notre éducation nous a murées précédemment, et nous osons alors exprimer notre besoin vital d’égalité et d’accès à l’amour aimable (ce qui est en soi un comble dans un monde régi soi-dit en passant par la loi de l’homme depuis tant de siècle…).

Sur cette dernière pensée malgré tout très encourageante, je retourne de ce pas sur un site de rencontres bien connu afin de voir si celui que je viens de jeter s’accroche toujours… (sourire)

 

 [...]

©  Monique-Marie Ihry
Extrait du roman  » Mythomania sur le Net  » paru en 2013 chez Edilivre


 

 

 

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