Dans le Jardin des mots

Archive pour la catégorie 'Réflexions diverses'

Les rimes mensongères

Posté : 13 novembre, 2021 @ 11:36 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

naipe

Plagiat, les rimes mensongères

 

Il n’est pas d’élixir conférant le génie.

Si nectar il était, nous aurions recours

Aux charmes du divin et sa belle magie,

Adhérant tous ensemble au même et grand discours.

 

Il n’est pas de recette au poète talent.

Il n’est que le travail et la persévérance,

Car la création est un acharnement,

Une transe, une foi, voire une extravagance

 

Qui n’appartient qu’à soi, ne peut se partager

Sous peine de plagiat, coutumes messagères

Au verbe naufragé qui laissent présager

Du peu de ce talent des rimes mensongères.

 

 

©  Monique-Marie Ihry  -  8 août 2020  -

Un printemps assassin, pandémie

Posté : 23 novembre, 2020 @ 11:28 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, féminisme, poèmes d'amour, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

 COUVERTURE 1ere UN PRINTEMPS ASSASSIN

Un printemps assassin, pandémie

Monique-Marie IHRY, Recueil de poésie, Collection Plume d’ivoire n° 13, Cap de l’Étang Éditions, 2020

* * *

Ce recueil a été écrit entre le 17 mars et le 11 mai 2020 durant la première période de confinement, près d’une grande fenêtre ouvrant sur un monde en suspens…

Nous ne savions pas alors que nous serions peut-être confinés à nouveau et que la vie de nos enfants pouvait encore être menacée par un virus dont nous avions malgré nous fait la connaissance, mais que nous ne connaissions ‒ hélas ‒ pas assez pour nous débarrasser de la menace qu’il représentait.

Outre le fait de bouleverser nos habitudes, la pandémie est venue s’installer, imposant l’incertitude, l’inquiétude, le deuil pour tant d’autres.  Certains adoptèrent des comportements responsables en restant le plus possible chez eux, mais d’autres s’en moquèrent, sortant à outrance dans les rues, refusant de porter leur masque, imposant aux autres l’inconscience de leur égoïsme assassin.

Pendant ce temps, le printemps affichait l’ineffable de sa beauté, la mer occitane continuait ses allées et venues sous un ciel sans nuages, et la poète redoublant d’inspiration épanchait ces vers sur un cahier déjà bien rempli d’émotions, de rêves et d’espérance entremêlés.

Connerie et compagnie

Posté : 4 novembre, 2020 @ 3:34 dans Réflexions diverses | Pas de commentaires »

Connerie et compagnie

 

Obligée de me rendre chez le dentiste ce matin de bonne heure, très heureuse cependant de pouvoir y aller, contrairement au précédent confinement où je n’ai pas eu cette chance, je monte dans ma voiture. Il est de rares obligations auxquelles on ne peut se soustraire, même en période de confinement.

À peine installée, un individu non masqué d’un âge certain frappe à ma vitre. Je lui dis que je suis pressée. Il insiste. Je finis par ouvrir sans avoir eu l’idée préalable de protéger aussitôt mon visage ; j’étais initialement dans mon véhicule et n’avais absolument pas prévu cette irruption intempestive.

‒ Nous les vieux, on est les meilleurs ! me dit-il penché à ma fenêtre.

‒ Prends ça dans les dents, me dis-je à mon tour, il me range dans SA catégorie.

Un tel compliment est toujours agréable le matin de bonne heure… Je tiens à préciser qu’il avait au bas mot 10 ans de plus que moi.

Je lui fais signe de s’en aller parce que je suis pressée et que par ailleurs il doit reculer, car il n’est pas masqué. Je ferme ma vitre. Il continue plus fort :

‒ Nous les vieux, on est les meilleurs. On n’est pas malades, alors, pas besoin de masque ! Pas vrai ?

Il avait l’air sincère, ce qui était d’autant plus affligeant.

‒ Je n’en suis absolument pas certaine !!! lui dis-je, excédée par ce comportement irresponsable.

Comme cela ne suffisait pas, il interpelle un voisin trentenaire qui se promenait avec sa baguette de pain dans la main.

‒ Hein qu’on est les meilleurs et qu’on n’a pas besoin de masque ?

Je ne sais pas comment la conversation s’est terminée parce que je me suis empressée de démarrer, mais je peux aisément le deviner. Ce dernier déambulait lui aussi visage-montré, libre de postillonner comme bon lui semblait sur les personnes à sa portée.

Combien de nouveaux morts par imprudence ou par ricochet aurons-nous ce soir sur le territoire français ? 416 comme avant-hier ou 854 comme hier, c’est-à-dire plus du double que la veille ?!

 

© Monique-Marie IHRY  – 4 novembre 2020 –

 

 

Comme d’habitude

Posté : 25 novembre, 2019 @ 8:51 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

AGRESSION 50 50

Comme d’habitude  

 

 

Il rentre tard.

Comme d’habitude

son regard lance des éclairs.

Elle ignore ce qu’elle a pu faire

pour le contrarier à nouveau…

Tout ce qu’elle sait,

c’est que les coups vont pleuvoir,

comme d’habitude…

 

Comme d’habitude,

il la saisira par les cheveux.

Comme d’habitude,

il la plaquera contre le mur de la chambre.

Comme d’habitude,

elle fermera les yeux

sous les poings assassins

et comme d’habitude

elle s’effondrera sur le carrelage.

Puis viendront les coups de pied

additionnés d’une salve d’injures.

Et puis, tout d’un coup,

rassasié,

satisfait,

il s’arrêtera

et partira se coucher

en claquant la porte,

à son habitude,

comme si rien ne s’était passé…

 

Comme d’habitude,

elle sombrera

sous le joug infâme de la douleur,

une fois de plus,

une fois de trop

et se lèvera au petit matin

juste à temps pour se rendre,

le ventre meurtri,

silencieuse

et le cœur vide

au travail…

 

 

© Monique-Marie Ihry    – 24 novembre 2019 -

(toile de l’auteure  » :  » Agression  » (2003) – huile sur lin 50 x 50 cm -

« Messager », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

Posté : 5 mai, 2018 @ 3:29 dans Critique littéraire, Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

Messager

 

J’essayais en vain de raccrocher les wagons

De ce train dément où voyage l’horizon,

Mais ne parvenais pas dans cette course folle

À rassembler leurs liens voguant au gré d’Éole.

 

Mus par un ouragan de pensées délétères,

Les nuages du ciel comme de pauvres erres

Chevauchaient leur jument, la fouettant jusqu’au sang,

Incendiant le soir d’un bandeau indécent.

 

Puis vint une accalmie qui dissipa les rouges,

Les noirs abandonnèrent le siège de ce bouge

Et la lune en sommeil réveilla les étoiles

Soulageant de ce fait les cœurs purs de leurs voiles.

 

Le train recomposa un semblant d’unité,

Une paix s’installa sur le rail des pensées

Et dans le ciel serein un oiseau de passage

Inscrivit en lettres d’amour ce doux message :

 

« La vie est une fleur fragile, la guerre une cause futile. Aimez-vous et entraidez-vous. De la nuit émane le jour, l’Amour triomphe toujours sur les maux. »

 

Monique-Marie Ihry – 18 septembre 2011 -

 

* * *

« Ce poème est bâti selon la technique de la gradation  en trois phases : noir/clair ‒ obscur/clair ‒ crise/accalmie/détente. Le noir ou la crise  correspond aux deux premières strophes, le clair-obscur ou l’accalmie aux six vers suivants, et le clair ou la détente aux  sept derniers vers. Cette construction est motivée par l’optimisme de la poétesse qui, malgré les affres de la guerre faisant rage dans plusieurs pays du monde et surtout en Libye où elle a fait jusqu’ici plusieurs milliers de victimes et causé des destructions  catastrophiques,  lance un message d’amour à tous les  belligérants quel que soit leur camp pour leur rappeler qu’ils  sont en train d’agir contrairement à  ce que devrait leur dicter leur essence noble  voilée malheureusement  par la haine  et qui n’est autre que la bonté naturelle !

La métaphore des wagons du train pour illustrer la guerre est une très belle trouvaille stylistique. »

 

Mohamed Salah Ben Amor

 

 

« NON ! », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

Posté : 5 mai, 2018 @ 3:23 dans Critique littéraire, Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

 NON !

 

Chaque 31 décembre je me demande

si je prendrai de nouvelles résolutions pour l’année à venir.

Deviendrai-je une sylphide au corps svelte ?

Arriverai-je à faire enfin un régime

qui me rendrait les formes rêveuses de mes vingt ans ?

Deviendrai-je à nouveau la cuisinière hors pair que j’ai été ?

Parviendrai-je à être un puits d’insouciance

une montagne d’égoïsme

un abîme d’inconscience

prenant le temps de me pencher à loisir

sur mon ego embourgeoisé ?

 

Eh bien NON !

 

Je renonce à ce régime futile

prôné par des magazines vendeurs de rêves dérisoires.

Je m’entête à ne plus faire de prouesses quotidiennes inutiles

et dispendieuses en cuisine,

cet art m’est acquis, je le réserve aux gens que j’aime.

Je m’insurge contre la misère

qui décime les peuples affamés

désole les mères aux seins maigres taris

au ventre efflanqué fécond d’orphelins en puissance.

Je m’inscris en faux contre cette pauvreté

qui croît au fil des ans

décuple, se multiplie au centuple.

Je me révolte contre les guerres

fomentées depuis la nuit des temps

par une poignée d’intérêts particuliers

au détriment de l’intérêt général.

 

Comment pourrais-je devenir un monstre d’égoïsme

cultiver l’insouciance

me nourrir de futilités, d’inconscience ?

Je VEUX poser les fondations

d’un temple de sérénité sur ce monde tangible

avec des mots d’Amour, de Paix

que je destine aux oubliés des Puissants

aux dissidents

aux indigents

aux sans-abris

aux âmes seules

aux malades sans soins

aux orphelins de cette guerre du Pouvoir

qui creuse à son gré et davantage chaque jour

de-ci, de-là,

la tombe de millions d’innocents !!!

 

Déposons les mots généreux et désintéressés

de notre cœur sur un sol fertile de justice,

érigeons ENSEMBLE les murs d’une cathédrale,

d’un temple, d’une mosquée, d’une synagogue

qui consacreront un chant d’espoir

s’élevant dans un ciel d’AMOUR, de PAIX

sur le toit d’un monde apaisé

dans la lumière sereine d’un jour nouveau

 

SANS GUERRE  et SANS MISÈRE !

 

 

Monique-Marie Ihry – 1er janvier 2011 -

 

* * *

 

Ce cri fort contre les exactions perpétrées par les soi-disant grands et qui ne cessent d’entraver la marche de l’humanité vers des horizons plus sereins ne me surprend guère de la part d’une poétesse dont les préoccupations ont été presque toujours personnelles. En effet, les hautes valeurs, qu’elles soient subjectives ou objectives, forment un tout…

Ce qui plaît le plus dans ce poème est le ton empreint de sincérité et de spontanéité. Quant aux métaphores, elles n’ont pas de place dans ce genre de poésie parce que le réel décrit dépasse de très loin l’imaginaire.

Un poème à traduire absolument.

 

Mohamed Salah Ben Amor

« Sur les rives du Rhin », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

Posté : 5 mai, 2018 @ 3:15 dans Critique littéraire, Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

Sur les rives du Rhin

 

La mort était inscrite à ses flancs faméliques.

Le vagabond penché sur son futur défunt

Défiait sa douleur, l’espoir sans lendemain,

Se leurrait de cendres, s’enivrait d’arsenic.

 

Il paraît de bleuets un présent narcotique

Alors que dans le noir distillaient leur venin

Les rigueurs de l’hiver,  les cloches d’un tocsin

Sur le parvis absent de notre basilique.

 

Notre Dame du Soir sur les rives du Rhin

S’endormait sans besoins, faisant fi des chagrins

De la faim infligée aux hères sans papiers.

 

Dans cette nuit frigide une âme dédaignée

Osait sa prière sous les pins résignés

Pour que cesse le froid, son refrain assassin…

 

 

Monique-Marie Ihry – 19 janvier 2011  -

 

* * *

« Ce genre de poésie  descriptive  qui dépeint  la souffrance humaine et qui exprime la solidarité morale  de son auteur avec les déshérités et les démunis  n’offre pas au poète la possibilité de  créer des images surprenantes, car  son but est avant tout de susciter  la compassion, la pitié  et l’attendrissement  du récepteur afin de  l’émouvoir   et l’associer  à la situation inhumaine décrite. Et pour y parvenir,  on use  d’habitude de deux moyens principaux : un ton pathétique fort et l’accumulation de termes et d’expressions  à  haute  charge émotive. Ce qui  s’applique pleinement à ce poème où l’auteure  s’est employée tout au long de son texte à établir une relation de cause à effet entre deux champs opposés : le premier est celui du destin hostile qui se profile à travers différentes sources de maux (mort – douleur – cendres – arsenic – venin rigueurs de l’hiver – chagrins – faim – froid, …) et celui  de la victime agressée, c’est à dire  le vagabond  qui encaisse les coups de son agresseur sans  être capable de les rendre.

Un bon poème qui répond aux conditions du genre. »

 

Mohamed Salah Ben Amor

A pesar de los pesares (En dépit de tout…)

Posté : 19 mai, 2015 @ 12:36 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poemas en español, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

A pesar de los pesares 

 

A pesar de los pesares,

a pesar del horror de las guerras

de la miseria y del dolor,

seguirá floreciendo la blanca rosa del alba

porque la vida es

y no puede ser de otra manera.

Al lado del rosal inmaculado florecido,

sangriento sigue corriendo el río,

muerte soñolienta y solitaria del corazón…

Lloran desnudas las hojas primaverales

buscando en vano el árbol de la vida,

muerte sin fin del camino

en el otoño del alma,

el alma mía…

 

©  Monique-Marie Ihry   Derechos de autor 2.01.2015

 

 roses blanches senza

En dépit de tout…

 

En dépit de tout

malgré l’horreur de la guerre

de la misère et de la douleur,

la rose blanche de l’aube continuera à fleurir,

parce que la vie est et ne peut être autrement.

À côté du rosier immaculé éclot,

sanguinolent le fleuve poursuit son cours,

mort lente et solitaire du cœur…

et pleurent nues les feuilles printanières

cherchant en vain l’arbre de vie,

mort sans fin du chemin

à l’automne de l’âme,

mon âme…

 

©  Monique-Marie Ihry  – 19 mai 2015 –

Exil poétique

Posté : 3 mars, 2015 @ 4:16 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

escrituras anonimas

Escrituras anónimas (2008) – Huile sur bois 30/80 cm − tableau de l’auteure

 

Exil poétique   

 

À la recherche de l’exquise beauté

et surpris par l’absence

de livres de poésie dans une librairie,

vous interrogez en désespoir de cause

un vendeur qui vous renseigne

avec la mauvaise grâce de circonstance :

 

«  Poésie, vous avez dit…  poésie ?

Vous savez, nous n’en vendons guère ces temps-ci,

suivez-moi, je vais bien finir par vous en trouver quelques uns… »

 

Dans un coin, sur une étagère située bien en haut,

tout en haut, au-delà du regard

ou bien encore en bas, tout en bas,

en-deçà du possible,

quelques vers rares

se retrouvent condamnés à l’exil

sur le rang banni des parias.

 

Les poètes sont devenus hélas

les parents pauvres d’un art majeur

que l’on classe désormais volontiers

au rang meurtri des oubliettes !

Dans le palmarès de l’actualité

des ventes rentables et de ce fait prioritaires

Victor Hugo, Baudelaire, Neruda,

Aragon, Rimbaud et Lorca se trouvent

isolés,

bien loin des têtes de gondoles

où se pavanent en pleine lumière

des nuances de gris en tout genre…

 

©  Monique-Marie Ihry    -  24 novembre 2013, actualisé dernièrement  -

 

Au nom des droits de l’homme

Posté : 27 février, 2015 @ 1:13 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

écrivain  noir et blanc

Au nom des droits de l’homme  

Il travaillait ainsi, son cœur majestueux

Attentif à la tâche. Esprit impétueux

Il écrivait le monde, inventait un futur

Pour une égalité, une démocratie

Qui ne soit pas un leurre, une once d’inertie.

Il menait un combat, luttant contre l’obscur.

 

C’était un homme bon animé par la foi.

Il croyait en l’espoir, et modérait la loi

Pour qu’elle s’applique à tous. Contre l’iniquité

Il composait un plan qui ne soit que justice

Exempt de mensonge et de promesse factice,

Au nom des droits de l’homme et de la liberté.

 

Il travaillait toujours lorsque vint à passer

Le spectre de la mort qu’il avait dépassée

Sur l’autel de l’espoir où scintillait son rêve.

Mais un ange veillait au bord de son chemin

Qui permit à la faux de remettre à demain

Le destin, allouant de ce fait une trêve.

 

Il travaillait encore à l’aube de l’hiver

Lorsque le coup brutal d’un simple revolver

Vint à le rappeler sur le rang des mortels,

Cet homme juste et bon qui rédigeait le livre

Du droit à la justice et celui de survive

Dans un monde flétri rompu à Machiavel… !

 

©  Monique-Marie Ihry    -  27 février 2015  -

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