Dans le Jardin des mots

Archive pour la catégorie 'Prose poétique'

Métaphore d’un soir

Posté : 27 août, 2011 @ 7:31 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Prose poétique | Pas de commentaires »

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 Tableau de l’auteure Soledad  -  Huile sur toile 40 cm / 80 cm  -

 

Métaphore d’un soir   

 

Elle allait cette nuit-là fort déshabillée

Dans ce jean élégant qui épousait son corps,

Elle avait ce soir-là dans ces yeux endeuillés

Toutes les cendres d’un Vésuve de l’aurore.

Il était ce soir-là comme à l’accoutumée

Vêtu de noir et de belle élégance.

Il pencha sur elle son épaule charmée,

Elle épancha son âme mi-cendre, mi-or.

Dans l’aube de son regard, elle épousa l’espoir…

Elle partit cette nuit-là réconfortée,

Il rejoignit la voûte des cieux,

Leur mystérieuse métaphore.

 

© Monique-Marie Ihry

Extrait du recueil  » Délices  » (2013), réédition juin 2018, Cap de l’Étang Éditions,

 

  

Charme périgourdin

Posté : 8 juillet, 2010 @ 7:57 dans Prose poétique | 2 commentaires »

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(Photo Vasil Qesari)

 

Charme périgourdin 

 

Une petite porte ouvre sur le jardin. Sur le côté, un pot de géranium au rouge chaleureux ajoute au charme de l’endroit. Tout semble si calme et paisible, rien ne bouge.

Une glycine pare harmonieusement la façade qui s’épanche dans la douceur de l’après-midi, confère à cette atmosphère un air empreint de douce quiétude.

Des volets entrouverts tendent leurs bras accueillants vers un passant égaré en quête de repos.

Les vitres d’une fenêtre reflètent le ramage automnal d’un châtaignier centenaire dont l’ombre projette avec infinie douceur un feuillage éphémère.

Des feuilles dorées parcheminent le sol.  Elles forment un tapis confortable, une invitation à pénétrer dans cette demeure du Sud au charme ineffable.

 

©  Monique-Marie Ihry    – 8 juillet 2010  - 

 

 

Filent les jours

Posté : 9 juin, 2010 @ 8:08 dans Prose poétique | Pas de commentaires »

Filent les jours 

 

Le bateau file au large, filent les jours en marge de notre destinée. Combien de mois, d’années, que d’espoirs surannés à recompter ma peine. La mer, telle une plaine s’étire avec langueur, berce mon triste cœur.

Les vagues à l’infini s’étalent en harmonie. Quelques ondes troublantes voguent en silence, errantes.

Au loin des cormorans plongent dans le courant. Le ciel décline. Des mouettes s’inclinent à la recherche active de nourriture pour leur progéniture.

La nef continue seule à tracer son linceul d’écume dentelée aux tons azalée. Le vent gonfle les voiles qui voguent dans la toile céleste étoilée et la mer s’endort au loin dans un vaste halo d’or.

Tu surgis en silence majestueux, immense. Je m’élance vers toi, me blottis dans tes bras, tire ma révérence à ce monde tangible.

Je frôle l’indicible et te rejoins, enfin !

 

©    Monique-Marie Ihry    - août 2009  -

Tous droits réservés 

 

 

BAISER D’AUTOMNE

Posté : 12 décembre, 2009 @ 9:46 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français, Prose poétique | Pas de commentaires »

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Baiser d’automne 

 

Une rue pavée déserte, une porte entrouverte, un paysage d’automne qui aurait pu être monotone, un passage clouté, une pluie bleutée tombant à perdre haleine dans cette ville lorraine, et entre tes lèvres… tout. Nous respirions à peine c’était fou, c’était divin. Ta bouche, tes yeux et ce baiser, baiser fougueux scellant un bel amour censé durer une éternité…

La pluie tombait avec une rare intensité. Nous étions là, tremblants, enchantés, trempés à nous conter notre ravissement d’amants insouciants. Et puis, à l’aube d’une matinée sereine, Dame Sort est venue frapper à notre porte avec son escorte de peine et de chagrin.

Dans cette rue déserte désormais bien monotone, sous une pluie battante d’automne, j’erre le cœur en bandoulière, l’âme entrouverte. Tout me ramène à cette douloureuse perte, ton souvenir, tes yeux, tes lèvres et ce baiser d’amour infini.

Un matin d’intense douleur, Dame Mort est venue te prendre par la main. Ce départ fut hélas, pour toujours, un aller simple sans retour…

 

©     Monique-Marie Ihry   – juillet 2009  -

(Extrait du recueil « La dernière pavane » paru en avril 2019 chez Cap de l’Étang Éditions)

 

Douce apparition automnale

Posté : 29 juin, 2009 @ 5:20 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Prose poétique | Pas de commentaires »

Pasion III 50 x 40 cm (2)

 

 

Un jour au petit matin, je sortis de mon chalet en direction du bois. L’atmosphère ambiante si pure mettait en évidence la splendeur de la nature. La rosée ornant les fougères ressemblait à de petites perles transparentes. Les feuilles des arbres tombaient en douceur et virevoltaient dans les airs effectuant d’harmonieuses volutes colorées.

 

Un rayon de soleil filtrait à travers les branches matinales. L’air était délicieusement humide et frais conférant aux senteurs de l’aurore une soudaine majesté.

 

Le soleil entama sa lente ascension dans le ciel. Je le distinguais à peine à travers les branches qui ornaient le chemin que j’avais emprunté. Il m’obligea cependant à cligner les yeux que j’avais encore endormis. Les feuilles commençaient à joncher le sol, le parcheminant de chaudes couleurs automnales. Je les respirais, je humais ces senteurs qui me rappelaient mes longues promenades dans la forêt que nous faisions ensemble. Je me souvenais de ces moments passés en quête de girolles, bolets ou autres champignons commestibles qui viendraient orner notre panier gourmand.

 

Un vent léger se mit à agiter les branches des arbres qui libérèrent des gouttes d’humidité accumulées pendant la nuit. Dans  leur chute, elles émirent un clapotis sautillant qui me réveilla quelque peu. Le soleil filtrait désormais timidement ses rayons, empêché dans son éclat par des taillis hauts qui s’avéraient de plus en plus denses en cet endroit de la forêt.

 

Au bout du sentier que j’avais emprunté à dessein, je me retrouvai nez à nez avec une cascade qui gazouillait fébrilement dans le silence matinal.

 

 

 

Tu surgis comme par magie au milieu de cette paisible atmosphère automnale. Tu étais là, magnifique, dressé devant moi dans ton habit de lumière à me contempler. J’étais échevelée et vêtue sobrement pour la circonstance. Mais tu me trouvas malgré tout aussi belle que dans tes songes. Tu me tendis les bras. Je courus m’y blottir, enfin !

 

La forêt qui avait accueilli nos retrouvailles tant attendues s’effaça. Nous ne savions plus où nous étions. Le soleil brillait-il ? Faisait-il encore jour ou bien la nuit avait-elle tout envahi ? Nous nous moquions du monde ambiant, nous ignorions sa présence et défions son existence. Nous partîmes ensemble au royaume des rêves et de l’oubli. La Terre s’arrêta de tourner. Une joie intense enivra nos cœurs qui s’enfuirent dans une indicible harmonie recouvrée.

 

Je crois bien n’être jamais vraiment redescendue seule en cet endroit où tu m’attendais secrètement, caché derrière le bel écran qu’offrait cette cascade. Mon âme accompagne désormais la tienne. Nous voguons tous deux de concert sur des nuages transcendants, distribuant de temps à autre quelques gouttes de bonheur matinal aux jeunes amoureux qui aspirent à se retrouver par-delà les turpitudes de ce monde hostile. Le moment venu, nous parcheminons les sentiers forestiers de perles de rosée fraîcheur, annonce de senteurs automnales colorées aux teintes chaudes des retrouvailles espérées. Les feuilles des arbres qui jonchent le sol forment un  tapis accueillant qui étouffe nos pas discrets et imaginaires. Nous allons rejoindre la petite cascade gazouillante et attendons… Le miracle d’un jour nouveau se produit immanquablement. Des petites étincelles de joie et de vie s’allument dans les yeux désespérés des amoureux jusqu’alors séparés. L’amour est là, accomplissant son miracle quotidien.

 

©  Monique-Marie Ihry   – juin 2009 -

(Extrait du recueil de poésie  » Rendez-vous manqués  » paru en mai 2011, en vente sur amazon.fr)

 

 

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