Dans le Jardin des mots

Poésie et prose, prose et poésie, au gré des mots, au fil du temps…

Archive pour la catégorie 'Prose poétique'

Silencio…

Posté : 17 juillet, 2017 @ 10:28 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poemas en español, Prose poétique | Pas de commentaires »

BOUQUET ROSE VI 60 X 30

Silencio…

 

Hojas secas agonizando por las aldeas vacías de mi vida solitaria, el viento del Norte barre lo que queda de mí… Silencio, silencio después de la tormenta cuando el viento ha dejado de ser y que el silencio es el único lugar en el que me quedan palabras para gritar la tristeza de ser ajena a tu propia mirada, que se fueron para siempre los días disfrazados de pájaros y de plumas azules, azules como el mar de antaño cuando, amantes, navegábamos por las olas celestes del amor como pájaros huyendo de la tierra y del mundo entero…

 

© Monique-Marie Ihry    – 14. 07. 2017 –

Cuadro de Monique-Marie Ihry (2017) óleo sobre lino, 80 x 40

www.monique-marie-ihry.fr

Chimères

Posté : 12 juin, 2014 @ 3:10 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Prose poétique | Pas de commentaires »

  Bientôt viendra l’automne et sa froide beauté, bientôt les grands frimas d’une rancœur amère pour tous ces vagabonds en quête de chimère désirant prolonger les douceurs d’un été.

 N’ayant plus de logis où pleurer son destin, n’ayant plus de destin en lequel croire encore, sans aucun horizon ni de possible aurore, le vagabond s’endort comme un triste pantin. Sur sa joue maculée une larme de fiel nage dans le sillon d’une ride sommaire, n’ayant pas de lagon à la rive primaire pour épancher son cœur sous un clément soleil.

 Qu’il est long ce chemin clairsemé d’arbres morts où même la rose à la blonde corolle se refuse à offrir sa majesté en obole, déléguant ses larmes en ultimes transports, chemin parsemé des troncs endeuillés de l’automne jonchant le cimetière des espoirs légitimes… Où sont ces temps azur où le ciel insouciant abandonnait ses bleus et son or à la plume poète d’un printemps en fête ? À quand ce bel été, ces matins sereins où le froid ne mordra plus la main gercée tendue, ces soirées clémentes sous la bénédiction d’une lune féconde qui inondera le monde de ses vœux exaucés ? Il n’est plus d’aurore sur un cœur défaillant, il n’est plus d’espoir aux frontières de la pauvreté lorsque l’hiver se pare de sa froide beauté.

 Il nous faut espérer qu’un jour prochain réduira les inégalités et donnera enfin à chacun le pain de chaque jour. Mais n’est-ce pas pure utopie lorsque l’on sait que depuis la nuit des temps les rêves rejoignent rarement les frontières de la réalité en matière d’équité ? Les rêves ne sont que des songes comme le disait si justement Calderón de la Barca dans La vie est un songe, et les songes demeurent donc par le fait de simples chimères sur le tracé orphelin de la vie.

 N’ayant plus de destin en lequel croire encore, le vagabond s’endort comme un triste pantin, ivre d’une solitude dans laquelle il se noie chaque jour davantage, et la ville continue son va-et-vient égoïste dans une course folle au dépassement de soi, et l’automne installe sur les trottoirs glissants un tapis illusoire de beauté éphémère, devançant de peu l’hiver et les frimas rigoureux destinés au cœur solitaire livré à l’abandon du jour, sous le regard méprisant d’une foule pressée.

 © Monique-Marie Ihry    -  19 novembre 2013  -

(Extrait du recueil de poésie  » Au chant de l’automne  » paru en avril 2015 aux Éditions Mille-Poètes en Méditerranée)

Aux frontières du rêve

Posté : 10 mars, 2014 @ 6:11 dans Prose poétique | 2 commentaires »

 

cygne couple

Aux  frontières du rêve

 

 

 

Je sais désormais que tu ne reviendras pas, je sais que je ne te reverrai  plus car on ne surgit pas des frontières de l’indicible. La vie est ainsi faite qu’elle peut être défaite, on ne rentre pas de la mort.

 

S’il existait une vie après le décès, je prendrais alors le premier vol en  partance pour le berceau de tes bras. Je partirais te rejoindre sur le champ, je laisserais tout, le cours des jours et son cortège d’arpèges fallacieux, la mer, le soleil, la vie et les roses de l’aurore. Mes rêves ne sont plus ici, je les entrevois au-delà du monde, dans le berceau virtuel de tes bras chaleureux.

 

Depuis que tu es parti, la terre se meurt, le printemps n’est plus. L’été a même refusé de briller hier sur la plage et semble avoir projeté le monde sur la page mélancolique des frontières de l’automne.

 

La rive de mes pensées se retrouve jonchée de feuilles mortes que le vent du Nord balaie et puis emporte sur le flot impétueux des larmes de l’absence. La pluie colporte sa mélancolie ici et là, s’infiltre partout, s’engouffre entre les branches et vient glacer mon cœur las. Le monde vacille, tangue, sur l’onde de vagues accrues par le souffle d’une bise rebelle, puis s’enfuit en songe vers les frontières  inaccessibles du ciel, cet abîme infini de l’au-delà qui me sépare douloureusement de toi depuis de si longs mois.

 

Je sens la vie m’abandonner petit à petit, ma barque penche et versera d’ici peu dans les méandres de l’obscur. La mer m’absorbera bientôt dans le gouffre crépusculaire de ses flots. J’entends dans la campagne au loin une cloche, un glas qui résonne à l’horizon de la mort. Un cygne blanc passe fugitivement, longe mon embarcation puis trépasse derrière le voile sombre de mes pensées. Il m’a semblé cependant entrevoir ton regard, j’ai cru deviner la métaphore de ton sourire, puis tu es reparti aussitôt dans un halo brumeux couronné de mystère. Un autre cygne au plumage de cendre a frôlé fugitivement ma voile, puis s’est envolé vers le ciel dans un élan lourd et maladroit. Je le suis du regard et m’égare dans les méandres d’un néant absolu…

 

… Du haut de mon rêve le plus cher j’entrevois la terre, cette planète azur dont on ne distingue plus désormais les frontières. Ma barque a disparu, n’est plus. Il règne désormais un soleil radieux qui paraît envelopper toute chose. Ma vie semble n’avoir échappé, mais je vibre cependant au son d’une voix opaline qui m’est infiniment chère. Je me retourne et t’aperçois, enfin ! Est-ce un rêve ? Est-ce la mort ? Serait-ce la vie du ciel ? Ai-je à nouveau été prise au piège de mes songes ?

 

             ©   Monique-Marie Ihry

J’ai obtenu pour ce texte le 2ème prix de prose poétique au concours de poésie de la ville de Frontignan (2014)

 

L’été n’est point mort

Posté : 21 décembre, 2013 @ 3:28 dans Prose poétique | Pas de commentaires »

L'été n'est point mort dans Prose poétique automnaltransportgramophone

L’été n’est point mort  

L’été n’est point mort, l’été respire encore. J’ai vu ce matin éclore une rose alanguie qui aspirait l’air marin, espérant ainsi trouver dès l’aube la force de s’épanouir enfin.

Elle s’ouvrit peu à peu dans la douceur ambiante et déploya sa robe de dentelle et d’or, telle une danseuse accomplissant une révérence juste avant de présenter un ballet.

Le soleil qui brillait haut et fort, s’émerveilla devant ce port altier et noble. La rose offrit son parfum dans l’harmonie du jour, et l’astre solaire continua de darder ses rayons bienfaisants sur la campagne ravie, remettant à plus tard l’avènement attendu de l’automne.

 

©  Monique-Marie Ihry  -  18 août 2013  -

Texte déposé, reproduction interdite

Métaphore d’un soir

Posté : 27 août, 2011 @ 7:31 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Prose poétique | Pas de commentaires »

 

 

soledad.jpg

 Tablaeu de l’auteure Soledad  -  Huile sur toile 40 cm / 80 cm  -

 

Métaphore d’un soir   

 

Elle allait cette nuit-là fort déshabillée dans ce jean élégant qui épousait son corps. Elle avait ce soir-là dans ses yeux endeuillés toutes les cendres d’un Vésuve de l’aurore.

Il  avait ce soir-là comme à l’accoutumée l’élégance d’un cœur au grand réconfort. Il pencha sur elle son épaule charmée, elle épancha son âme mi cendre, mi-or.

Dans l’aube de ses yeux elle épousa l’espoir. Son blond regard dissipa les ombres du soir maculant jusqu’alors un horizon absent d’aurore.

Elle partit cette nuit-là  réconfortée délaissant de sombres pensées en anaphore. Il rejoignit les cieux et leur métaphore…

 

Monique-Marie Ihry

Extrait du recueil  » Le cœur d’Ana  » paru en février 2013 que l’on peut se procurer sur le site :

http://salgues.sopixi.fr

 

 

 

 

 

Charme périgourdin

Posté : 8 juillet, 2010 @ 7:57 dans Prose poétique | 2 commentaires »

vasilmaison.bmp

(Photo Vasil Qesari)

 

Charme périgourdin 

 

Une petite porte ouvre sur le jardin. Sur le côté, un pot de géranium au rouge chaleureux ajoute au charme de l’endroit. Tout semble si calme et paisible, rien ne bouge.

Une glycine pare harmonieusement la façade qui s’épanche dans la douceur de l’après-midi, confère à cette atmosphère un air empreint de douce quiétude.

Des volets entrouverts tendent leurs bras accueillants vers un passant égaré en quête de repos.

Les vitres d’une fenêtre reflètent le ramage automnal d’un châtaignier centenaire dont l’ombre projette avec infinie douceur un feuillage éphémère.

Des feuilles dorées parcheminent le sol.  Elles forment un tapis confortable, une invitation à pénétrer dans cette demeure du Sud au charme ineffable.

 

©  Monique-Marie Ihry    – 8 juillet 2010  - 

 

 

Filent les jours

Posté : 9 juin, 2010 @ 8:08 dans Prose poétique | Pas de commentaires »

filentlesjoursnoiretblanc.jpg

Filent les jours 

 

Le bateau file au large, filent les jours en marge de notre destinée. Combien de mois, d’années, que d’espoirs surannés à recompter ma peine. La mer, telle une plaine s’étire avec langueur, berce mon triste cœur.

Les vagues à l’infini s’étalent en harmonie. Quelques ondes troublantes voguent en silence, errantes.

Au loin des cormorans plongent dans le courant. Le ciel décline. Des mouettes s’inclinent à la recherche active de nourriture pour leur progéniture.

La nef continue seule à tracer son linceul d’écume dentelée aux tons azalée. Le vent gonfle les voiles qui voguent dans la toile céleste étoilée et la mer s’endort au loin dans un vaste halo d’or.

Tu surgis en silence majestueux, immense. Je m’élance vers toi, me blottis dans tes bras, tire ma révérence à ce monde tangible.

Je frôle l’indicible et te rejoins, enfin !

 

©    Monique-Marie Ihry    - août 2009  -

Tous droits réservés 

 

 

Douce apparition automnale

Posté : 29 juin, 2009 @ 5:20 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Prose poétique | Pas de commentaires »

 

cascadeautomne1.jpg

Douce apparition automnale

Un jour au petit matin, je sortis de mon chalet en direction du bois. L’atmosphère ambiante si pure mettait en évidence la splendeur de la nature. La rosée ornant les fougères ressemblait à de petites perles transparentes. Les feuilles des arbres tombaient en douceur et virevoltaient dans les airs effectuant d’harmonieuses volutes colorées.

Un rayon de soleil filtrait à travers les branches matinales. L’air était délicieusement humide et frais conférant aux senteurs de l’aurore une soudaine majesté.

Le soleil entama sa lente ascension dans le ciel. Je le distinguais à peine à travers les branches qui ornaient le chemin que j’avais emprunté. Il m’obligea cependant à cligner les yeux que j’avais encore endormis. Les feuilles commençaient à joncher le sol, le parcheminant de chaudes couleurs automnales. Je les respirais, je humais ces senteurs qui me rappelaient mes longues promenades dans la forêt que nous faisions ensemble. Je me souvenais de ces moments passés en quête de girolles, bolets ou autres champignons comestibles qui viendraient orner notre panier gourmand.

Un vent léger se mit à agiter les branches des arbres qui libérèrent des gouttes d’humidité accumulées pendant la nuit. Dans  leur chute, elles émirent un clapotis sautillant qui me réveilla quelque peu. Le soleil filtrait désormais timidement ses rayons, empêché dans son éclat par des taillis hauts qui s’avéraient de plus en plus denses en cet endroit de la forêt.

Au bout du sentier que j’avais emprunté à dessein, je me retrouvai nez à nez avec une cascade qui gazouillait fébrilement dans le silence matinal.

 

Tu surgis comme par magie au milieu de cette paisible atmosphère automnale. Tu étais là, magnifique, dressé devant moi dans ton habit de lumière à me contempler. J’étais échevelée et vêtue sobrement pour la circonstance. Mais tu me trouvas malgré tout aussi belle que dans tes songes. Tu me tendis les bras. Je courus m’y blottir, enfin !

La forêt qui avait accueilli nos retrouvailles tant attendues s’effaça. Nous ne savions plus où nous étions. Le soleil brillait-il ? Faisait-il encore jour ou bien la nuit avait-elle tout envahi ? Nous nous moquions du monde ambiant, nous ignorions sa présence et défions son existence. Nous partîmes ensemble au royaume des rêves et de l’oubli. La Terre s’arrêta de tourner. Une joie intense enivra nos cœurs qui s’enfuirent dans une indicible harmonie recouvrée.

Je crois bien n’être jamais vraiment redescendue seule en cet endroit où tu m’attendais secrètement, caché derrière le bel écran qu’offrait cette cascade. Mon âme accompagne désormais la tienne. Nous voguons tous deux de concert sur des nuages transcendants, distribuant de temps à autre quelques gouttes de bonheur matinal aux jeunes amoureux qui aspirent à se retrouver par-delà les turpitudes de ce monde hostile. Le moment venu, nous parcheminons les sentiers forestiers de perles de rosée fraîcheur, annonce de senteurs automnales colorées aux teintes chaudes des retrouvailles espérées. Les feuilles des arbres qui jonchent le sol forment un  tapis accueillant qui étouffe nos pas discrets et imaginaires. Nous allons rejoindre la petite cascade gazouillante et attendons… Le miracle d’un jour nouveau se produit immanquablement. Des petites étincelles de joie et de vie s’allument dans les yeux désespérés des amoureux jusqu’alors séparés. L’amour est là, accomplissant son miracle quotidien.

 

©  Monique-Marie Ihry   - juin 2009 -

(Extrait du recueil de poésie  » Rendez-vous manqués  » paru en mai 2011)

 

 

 

Au fil des mots |
Entre deux nuages |
Lectures d'haabir |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | j'ai "meuh" la "lait"cture
| Les Chansons de Cyril Baudouin
| Malicantour