Dans le Jardin des mots

Archive pour la catégorie 'poèmes d’amour'

« Ivresse », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

Posté : 5 mai, 2018 @ 1:00 dans Critique littéraire, Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes courts, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

QUIZAS 46 X 38

 

J’envie cette coupe qui effleura tes lèvres

Déjà, comme elle, frustrée, je guette l’instant

De rafraîchir ton corps comme tu l’aimais tant

Des bulles qui pétillent dans mon cœur en fièvre

 

Viens Approche tes lèvres de ma coupe ambrée

Savoure ce champagne qui n’attend que toi

Viens Viens à moi Vois ces larmes perlées de joie

À cette idée fervente de te rencontrer

 

Je veux être ce verre qui un jour caressa

L’orée libre de ton cœur Ces vertes allées

Ces prairies fleuries Ces printanières vallées

 

Laisse-moi m’enivrer de ce rêve grivois

Laisse-moi sombrer dans cette ivresse de toi

Viens boire à mon calice et laisse-toi aller

 

Monique-Marie Ihry – 26 août 2011 -

Toile de l’auteure

Extrait du recueil de poésie Délices, Éditions Mille-Poètes en Méditerranée, Narbonne, 2013 (réédition, juin 2018)

 

* * *

 

« Tout d’abord, essayons de dépasser  la très bonne impression que nous laisse ce poème après  sa lecture et cherchons  les  causes qui ont suscité en nous cet effet. Pour  fasciner ses lecteurs,  la poétesse a usé successivement du procédé de l’identification et ce, à trois reprises : la  première  se situe au niveau du désir et est symbolisée par la coupe effleurant les lèvres du bien-aimé. Quant à la seconde,  elle est évoquée par  le champagne contenu dans la coupe. La troisième, enfin, est représentée par  le verre qui enivre l’élu du cœur et ouvre son esprit sur un monde paradisiaque. Ce procédé, quoique technique, pourrait dévoiler  du point de vue psychanalytique un fétichisme latent dissimulant un désir refoulé  à l’égard du bien-aimé. Mais quoi qu’il en soit,  le  poème répond  clairement aux critères de la vraie création et c’est le plus important en poésie. Félicitations Monique-Marie !  »

 

Mohamed Salah Ben Amor

« Bleuets », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

Posté : 5 mai, 2018 @ 12:47 dans Critique littéraire, Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes courts, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Bleuets

 

Sur le berceau de l’eau fleurissaient des bleuets.

Ces fleurs avaient d’azur les pétales fluets,

Leur parfum exhalait une fragrance bleue

Qui diffusait dans l’aube un reflet bienheureux.

 

Un amour s’installait sur l’étang endormi

Et le cœur en éveil s’enivrait d’infini…

 

Monique-Marie Ihry – 2 juillet 2012 -

 

* * *

 

« Tout comme le mini-poème qui l’a précédé, celui-ci s’inscrit dans la même lignée romantique et symbolique. La teinte romantique qui est la plus évidente  s’illustre dans l’accord harmonieux total entre, d’un côté les éléments mis en action  appartenant au monde naturel ou spatial,  selon les termes de Bergson, (bleuets – eau – azur – parfum – aube) et de l’autre entre l’être humain (cœur en éveil)  et l’ensemble de ces éléments ainsi que l’univers  qui les englobe. Cet accord,  pareil à une mélodie visuelle  et olfactive,  crée une atmosphère paradisiaque propice à l’extase  et à la béatitude (un reflet bienheureux le cœur en éveil s’enivrait d’infini, …).

Si nous  tentons maintenant  de saisir les significations  exprimées au niveau illocutoire ou  des structures profondes, nous remarquons que trois éléments (eau ‒  fleur parfum)   ont en commun  l’appartenance symbolique  à l’univers féminin  et leur action génératrice,  l’eau étant associée à tout ce qui est vital, la fleur à la reproduction de la plupart des plantes et le parfum à l’exubérance et à la récupération des forces. D’autre part, l’action bénéfique de ces éléments  ne s’est pas limitée  au milieu où ils sont réunis (l’étang) mais elle s’est étendue à l’aube, l’élément temporel  qui les accueille au moment de l’énonciation (Leur parfum exhalait une fragrance bleue / Qui diffusait dans l’aube un reflet bienheureux). Par ailleurs, puisque l’aube symbolise le renouveau et le début d’un  nouveau cycle, la totalité du poème nous révèle la vision optimiste d’une nouvelle expérience  entamée dans l’arène de la vie  à laquelle l’auteure a  fait allusion au cinquième vers par l’usage du mot « Amour ».

En somme, un texte bien structuré, extrêmement condensé et s’ouvrant sur un univers spirituel très profond. »

 

Mohamed Salah Ben Amor, critique littéraire tunisien

« D’un souffle », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

Posté : 5 mai, 2018 @ 11:32 dans Critique littéraire, Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

 

Très las, il s’assoupit dans un souffle serein.

Son corps voluptueux reposait sur le drap

De soie rose. Il mettait en valeur son teint

Perle de rosée au velours très délicat.

 

J’eus soudain envie de lui offrir un baiser,

De caresser ses hanches, son corps désirable,

Mais décidai de le laisser se reposer

Sous le regard heureux de mon amour affable.

 

Je veillais sur son repos lorsque vint l’aurore,

Il pencha sur mon cœur un regard amoureux,

Me couvrit de baisers dont il me plaît encore

À me remémorer lorsqu’en mon cœur il pleut…

 

Monique-Marie Ihry – 27 avril 2013 -

Extrait du recueil de poésie Délices, Éditions Mille-Poètes en Méditerranée, Narbonne, 2013, réédition juin 2018

* * *

 

Dans ce poème d’amour, deux remarques retiennent notamment notre attention : la première, au niveau du thème, est la différence énorme entre le comportement de la femme et celui de l’homme en amour. Cela se voit dans la maîtrise qu’exerce la locutrice sur son désir lorsque son compagnon est en train de dormir,  tandis que celui-ci ne se fait pas prier  pour passer directement à l’action et entrer dans le vif du sujet. Freud a expliqué cette différence par le fait que l’un des caractères spécifiques de la nature féminine est la réceptivité à laquelle il  a opposé l’intrusion chez le mâle. Et de ces deux modes de comportement résulte la complémentarité et l’harmonie entre les deux sexes.

Au niveau stylistique, ce texte vaut surtout par son rythme  mental généré par cette opposition pertinente entre les comportements des deux partenaires et par le tableau horizontal englobant les deux images de l’homme et des draps,  brossé à coups de pinceaux  par le biais d’une description visuelle. D’autre part, une intertextualité minime avec  l’un des plus fameux poèmes de Verlaine  se fait sentir  dans le dernier vers « À me remémorer lorsqu’en mon cœur il pleut » qui  me rappelle ces  deux autres vers de Monique-Marie :

Vous étiez beau Monsieur sur le pas de la gare

Lorsque je vous  vis un jour  au seuil de mon cœur[1]

 

Verlaine avait dit :

 

Il pleure dans mon cœur  

Comme il pleut sur la ville 

 

Artistiquement parlant, ce poème est un vrai bijou !

 


[1] Rendez-vous manqués, IchraQ Éditions, 2011, p. 17.

« Juste un baiser », poème commenté par le Pr. Mohamed Salah Ben Amor

Posté : 5 mai, 2018 @ 11:26 dans Critique littéraire, Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour | Pas de commentaires »

Encore un baiser sur mes lèvres déposé

Dans la rosée de cette aube, un baiser de rose

Posé doucement sur mes paupières closes

Offertes à ta ferveur dans un hiver rosé

 

Un baiser étoilé sur mon cœur embrasé

Un délicat souffle de lune que je n’ose

Espérer encore, un tendre murmure en prose

Poétisé dans le crépuscule apaisé

 

Juste encore un baiser sur mes lèvres en attente

Un message de vie, une douce promesse

Un poème prosé, délicate caresse

 

Sur le silence installé de mon âme aimante

Un ultime baiser qui consacre l’instant

Défie les temps défunts d’un amour pénitent

 

©  Monique-Marie Ihry    – 1er mars 2012  -

 

Critique du Pr. Mohamed Salah Ben Amor :

Ce qui retient  tout particulièrement l’attention dans ce sonnet est, en premier lieu, l’accumulation de comparants surprenants imaginés par la poétesse pour décrire le baiser (un délicat souffle de lune ‒ un tendre murmure en prose poétisé ‒  un message de vie ‒ une douce promesse ‒ un poème prosé ‒  délicate caresse, …). Un autre point non moins fort est l’usage massif de sonorités sous forme d’assonances répétant le mot baiser ou résonnant comme des échos (déposées rosée baiser posé  poétisé apaisé baiser prosé, …). Et, à  notre avis, la poétesse n’aurait jamais pu réussir à élever son texte à ce haut degré de poéticité si elle n’était pas partie d’une expérience réelle vécue.

 

« Ne serait-ce »

Posté : 5 mai, 2018 @ 10:58 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Ne serait-ce

 

L’amour est revenu aux portes de la vie

Fleurir mon cœur flétri, fané aux longs hivers.

Dans le vase les fleurs, joli bouquet de vers

Font éclore à nouveau mon âme inassouvie.

 

L’amour s’est installé aux portes de mon cœur,

Je veux y croire encore au seuil de la vieillesse,

Délivrée de l’oubli, renaître à ma détresse,

M’immoler dans ses bras sur l’autel du bonheur.

 

L’amour est revenu ne serait-ce qu’un moment

Fleurir mon espérance, et si cela ne dure

Que le temps d’un printemps, peu importe l’augure

Je veux mourir d’amour ne serait-ce qu’un instant !

 

©  Monique-Marie Ihry    -  18 novembre 2014  -

 

 

Lorsque tu ne seras plus

Posté : 30 avril, 2018 @ 3:20 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

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Lorsque tu ne seras plus, les arbres du parc continueront à croître et nos roses embaumeront encore les allées du jardin. Je me retrouverai parfois à pleurer dans la salle obscure d’un cinéma songeant aux projets chers que nous n’avons pas eu le temps de réaliser hier, à ces œuvres que nous ne pourrons plus admirer ensemble, à nos petits enfants qui verront le jour sous la lueur fébrile de ma joie recouvrée.

Lorsque tu ne seras plus, les arbres du parc finiront cependant par mourir en novembre, l’automne à se revêtir d’ambre et de crépuscule, et le linceul de l’hiver ensevelira la robe bleue des roses de l’aurore.

Un jour, paralysée de lassitude, j’abandonnerai la page infinie de ma solitude et partirai te rejoindre par un beau matin de lune, quand l’horizon par la glace figé rejoint le ciel, un jour d’hiver où les réverbères de notre rue ne parviendront plus à éclairer ma mémoire endolorie, un jour où, tout comme les arbres de notre parc, j’aurai cessé de croire que, dans l’obscur du souvenir, il m’est encore possible de tenter de survivre sans toi.

© Monique-Marie Ihry    − 30 avril 2018 –

Extrait d’un recueil de poésie de l’auteure

 

La tristesse des roses

Posté : 14 avril, 2018 @ 10:54 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | 2 commentaires »

roses roses


Je suis celle qui déposa un soir

un dernier baiser discret sur ta joue

évitant délicatement la rive ombragée de tes lèvres.

Je n’osai m’imposer davantage sur la voûte élevée

de ton cœur, me retirai ensuite

fuyant mes rêves doux,

délaissant ainsi les allées effeuillées de l’espérance.

Tu ne saisis pas à nouveau cet amour pur et respectueux

faisant perler les larmes à mon regard.

Comme vient le grain mur à se détacher de l’épi,

tu partis rejoindre ta liberté,

t’épris d’une fille jeune dégourdie…

Ton rosier au jardin peu à peu se fana

emporté par la tristesse des roses lasses

et ma vie fit une pause, longuement.

Sans doute m’as-tu un peu aimée un jour,

en tout cas à mon gré pas assez,

et je ne le saurai hélas,

jamais !

© Monique-Marie Ihry – 30 juillet 2017 –

Poème extrait de mon recueil   » On ne capture pas le vent  » , Cap de l’Étang Éditions

COUV on ne capture pas le vent

Rêver de vous

Posté : 27 mars, 2018 @ 4:12 dans Chanson, Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | 2 commentaires »

ENCRE 29 (3)

Rêver de vous  (Chanson)

 

Comme je ne peux

Être dans vos bras

Je veux rêver de vous,

Je veux rêver d’amour,

  Sentir vos longues mains

Emprisonner mon corps,

M’éveiller au matin

Dans cette métaphore…

Me blottir encore

Au creux de votre sein,

Emporter votre main

Au puits de ma souffrance.

Comme je ne peux

Caresser votre cœur,

Comme je ne peux

Être dans vos bras

Je veux rêver de vous

Je veux rêver encore,

Ne serait-ce qu’une fois,

Je veux rêver de vous !

© Monique-Marie Ihry    -  27 mars 2018 

(extrait d’un recueil de poésie de l’auteure,

illustration de l’auteure)

Cueillir l’étoile

Posté : 21 mars, 2018 @ 3:57 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

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Ce soir,

j’irai cueillir l’étoile

celle qui éclaire les sentiers du cœur.

J’en cueillerai une, puis deux,

en ferai tout un bouquet

pour illuminer les jours solitaires.

Ainsi parée contre l’obscurité

je pourrai cheminer sereinement

sur les sentiers du crépuscule.

Ce sera comme un printemps

au cœur de la brume,

une aurore éternelle lorsque vient à périr le jour,

un de ces jours vains absents de toi.

Ce soir, j’irai cueillir l’étoile

puis une autre, en ferai tout un bouquet

un bouquet d’harmonie pour illuminer

l’abîme des jours solitaires.

 

© Monique-Marie Ihry    – 30 octobre 2016 -

(Poème faisant partie du recueil de poésie « On ne capture pas le vent », Cap de l’Étang Éditions, 2018)

Un peu, pas du tout

Posté : 5 mars, 2018 @ 5:13 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Garçonne II 41 x 33 cm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un peu beaucoup, à la folie…

tu m’effeuillas chaque année, chaque jour

telle une marguerite blanche.

Je me tins alors comme je pus

forte ou frêle sur ma tige

au gré d’un douloureux vertige.

Et puis je m’inclinai peu à peu

dans une génuflexion ultime

sur cet amour infime

que tu daignas m’octroyer

entre deux aventures,

entre deux fleurs fanées.

Peut-être aurais-je dû naître

rose à la verte épine

pour graver sur ton cœur volage

toute ma rancune et ma rage.

Mais, douce ingénue,

je suis condamnée à n’être, hélas,

que cette fleur en peine lasse que tu aimes

comme ci, comme ça, à peine,

selon ton bon vouloir

selon qu’il vente ou qu’il pleuve,

voire pas du tout…

 

© Monique-Marie Ihry – 15 novembre 2017 –

Extrait du recueil « On ne capture pas le vent »

Toile de l’auteure  – Garçonne II (2016), huile sur toile, 41 x 33 cm -

 COUV on ne capture pas le vent

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