Dans le Jardin des mots

Archive pour la catégorie 'poèmes d’amour'

« Tir amical » (Fuego amigo), poème de José Maria Molina Caballero

Posté : 26 janvier, 2022 @ 3:18 dans Poemas en español, poèmes d'amour, Poèmes en français, Traduction | Pas de commentaires »

Je vous propose aujourd’hui ce très beau poème du grand poète et éditeur espagnol José María Molina Caballero, traduit par mes soins à sa demande, et faisant partie du recueil « Medidas cautelares/ Mesures de précautions » paru en novembre 2021 aux Éditions Ánfora Nova, de Rute (Espagne).

Il est intitulé «Tir amical» (Fuego amigo).

TIR AMICAL

 

Tes yeux me mitraillent sans repos

à mesure que le soir a raison de moi.

Le feu se répand dans les orifices

de mes blessures et parcourt lentement

les pores de ma peau et de mon sang,

dans les fosses de cette peur que suppure             

ton regard assassin d’horizons,

et les couteaux hostiles qui égorgent

les abîmes de la lumière et de la vie.

Le métal tranchant de tes lèvres

parcourt chaque sillon de mon corps,

s’arrête sur mes jambes, mes hanches,

ma poitrine et, ensuite, parvient jusqu’à mon ombre

furtivement et la brise en mille morceaux.

Et sans mesurer tes mots, tes tirs

façonnent leur victoire sans appel.

*  *  *  *  *  *  *  *  *  *

FUEGO AMIGO

Tus ojos me disparan sin descanso

al compás de la tarde que me rompe.

El fuego se derrama entre los huecos

de mis heridas y recorre lento

los poros de mi piel y de mi sangre,

en las fosas del miedo que supura

tu mirada asesina de horizontes,

y los hoscos cuchillos que degollan

los abismos de la luz y la vida.

El metal afilado de tus labios

recorre cada surco de mi cuerpo,

se detiene en mis piernas, mis caderas

mi pecho y, luego, llega hasta mi sombra

con sigilo y la rompe en mil pedazos.

Y sin mediar palabra, tus disparos

construyen su victoria inapelable.

juntos conseguiremos

Le baiser

Posté : 3 décembre, 2021 @ 7:44 dans poèmes d'amour, sensualité | Pas de commentaires »

  Juste un baiser 46 38 cm                

   Le baiser

   I

… Puis vint le baiser

un baiser violent comme une exigence,

un de ces uniques baisers qui rend fou

ouvre une brèche,  un passage

dans un cœur asséché par les tourments de la vie,

un baiser qui suggère à la hâte des mots déments

griffonnés sur une nouvelle page,

défie la raison, ses démons,

anéantit chaque bonne résolution

et fait enfin sombrer dans le néant

les pensées obscures gisant dans l’antre insoumis du cœur.

C’était un baiser d’allégeance qui ressuscite

et suscite un nouvel élan impérieux,

élan d’amour et de printemps

enfanté par la passion naissante d’un renouveau.

II

J’eus soudain envie de laisser faire la vie

de lâcher prise et d’oublier

l’ennui des jours tristes et lents,

ces moments faits de bistre

ces heures hantées par la métaphore

de la mort et de ses encore

modelées par le souffrir du martyre.

Je m’ouvris à ce baiser fougueux

semant à tout vent

dans les sillons jadis inféconds de mon cœur

les voluptueux pétales

d’un printemps éternel.

©  Monique-Marie Ihry    -  28 septembre 2017  -

(Toile de l’auteure intitulée « Juste un baiser »- 46 x 38 cm -)

L’amour amertume

Posté : 29 novembre, 2021 @ 5:30 dans Poemas en español, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

clothilde 55  46

L’amour amertume

Lasse de s’affronter en vain

au destin, ma peine

se retire en rugissant comme la mer,

brandissant la bannière sanglante

d’un ciel amer et rougeâtre.

Mon cœur,

mon pauvre cœur

vagabond court

sur les vagues de sang,

fou, muet, mis à nu,

en deuil, sans mots,

pleurant son amour perdu

dans la noire nuit

sanguinolente de l’hiver…

Cœur sans ailes,

tel un oiseau blessé

errant dans la nuit

de l’amour inconsolé ;

cœur sans ailes,

oiseau dénudé de l’amour

dans la nuit de l’âme,

longue et lente nuit

inconsolable,

sempiternelle nuit

de l’amour amer…

*

Del amor amargo

 

Harta de rebelarse en vano

contra el destino, mi pena

se retira como un mar rugiendo

con la bandera sangrienta

de un cielo amargo y rojizo.

Mi corazón,

mi pobre corazón

corre, vagabundo

sobre las olas de sangre,

loco, mudo, desnudo,

en luto, sin palabras,

su amor perdido llorando

en la noche negra

y sangrienta noche del invierno…

Corazón sin alas,

como un pájaro herido

vagando por el aire nocturno

del amor desconsolado;

corazón sin alas,

pájaro desnudo del amor

en la noche del alma,

larga y lenta noche

del desconsuelo,

sempiterna noche

del amor amargo…

*

© Monique-Marie Ihry  – 28 mars 2021 -

derechos de autor

(Toile de l’auteure intitulée « Clothilde » (2015) – 55 x 46 cm -)

 

 

M a i s…

Posté : 7 novembre, 2021 @ 2:35 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

clothilde 55  46

Mais…

Mon cœur ce matin épanche

sa rose mélancolie.

C’est dimanche, c’est certain,

           un jour où tout se pose

où chacun fait une pause… Mais.

L’automne a décidé de déposer

lui aussi ses valises

dans les allées du jardin de l’espérance,

et je sais que plus jamais tu ne reviendras

au temps des cerises

fouler avec moi le grand jardin

des nobles insouciances…

Tu es parti un beau matin,

un dimanche précisément,

ce jour où sur les branches désormais

se balancent les dernières feuilles,

où même le ciel s’effeuille

en gris nuages émasculés

éjaculant de longues gouttes infécondes

sur l’onde de mon cœur abandonné

à cette longue et désespérante habitude

te t’attendre, de t’attendre, en vain,

sans fin…

C’est dimanche et c’est l’automne

pour qui sait la vie ô combien monotone

au cœur mutilé privé de son jumeau,

livré aux inexorables maux

d’une solitude pérennisée.

Mon cœur ce matin épanche sa lente mélancolie,

et sur la blonde robe élimée de notre chêne,

au grand pré de nos jeunes années d’insouciance,

sur ce banc où jadis nous faisions rimer

rêves, poèmes et vie de bohème,

l’automne chagrin peu à peu s’effeuille

désespérément,

dans le matin jonché de feuilles

d’ambre et de brune mélancolie.

Il n’est plus que ce « je t’aime »

logé au nid des âmes errantes

dans le vague d’un ciel de brume langueur,

dans la désespérante attente d’un renouveau

au printemps des cœurs sereins

où tout revient et rien ne semble se perdre

dans le lointain, définitivement…

© Monique-Marie Ihry  – 3 octobre 2021  -

(toile de l’auteure intitulée « Clothilde » (2015) – huile sur toile 55 x 46 cm -)

Novembre

Posté : 1 novembre, 2021 @ 9:49 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

PARIS II La mélancolie du cygne

Novembre

 

Novembre et son cortège de chrysanthèmes,

requiem fleuri, hommage                                       aux défunts,

à ceux que l’on a tant aimés et qui ne sont plus,

à ceux dont le dernier repos              n’a pas de tombe digne

pour être morts dans l’indigne condition          du tourment

d’une guerre intestine,

 

nuages obscurs charriés par le vent                          du nord

crachant leur pluie sur les châtaigniers                  en berne,

mer agitée vomissant au loin ses bateaux

vers le large,

 

plages désertées fouettées par les vagues

du non-retour,

 

vague à l’âme dans la grisaille de l’aube,

 

 

AMERTUME !

 

© Monique-Marie Ihry  – 29 septembre 2020 –

(Illustration de l’auteure « La mélancolie du cygne » (2017) – encre de Chine)

 

Vers d’autres cieux

Posté : 3 octobre, 2021 @ 9:54 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

DELICES 5

Vers d’autres cieux

 

L’aurore avait semé des perles de rosée

sur la plaine endormie abandonnée au temps

d’un jour endolori que le jeune printemps

tardait à honorer de sa beauté rosée.

Les billes scintillaient sur l’herbe apposée.

Une brume éthérée au loin près de l’étang,

et dans le souvenir, les parfums entêtants

de nos éveils gourmands, de cette nuit osée…

Peu à peu, les iris sur le bord du chemin,

dans leur corolle en fête à l’odorant carmin

vinrent fleurir les prés, consacrer chaque chose.

Mais tu n’étais plus là, voguant vers d’autres cieux

où la vie n’a plus cours, quand la mort pour les dieux

est le plus bel écrin où le regret se pause…

La saison automnale exhibait sa douleur.

Les arbres de l’étang libérèrent leurs feuilles,

les confiant aux souffles des vents forts qui endeuillent.

La plaine et ses moutons se noyaient dans leur pleur.

La montagne efflanquée arborait sa pâleur.

Seuls des troncs clairsemés que les autans défeuillent

semblaient agenouillés tels les J se recueillent,

dominant les grands prés dépourvus de chaleur.

Je me mis en chemin vers ta couche endormie

dont le marbre gelé mendiait une accalmie,

dans le froid de la nuit où se flétrit le cœur…

Sur la tombe chérie où ton âme repose,

je posai un baiser, une prière, une rose

que les chênes veillant sanctifièrent en chœur…

 

© Monique-Marie IHRY  26 février 2021

(illustration de l’auteure faisant partie du recueil de poésie « Délices » paru en 2018)

 

D’une épine…

Posté : 2 octobre, 2021 @ 12:08 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

florero 5

D’une épine

Un bouton de rose est né d’une épine

à l’aube d’un jour nouveau.

Un bouton, bientôt une rose ivoirine

dans sa robe de velours

que la rosée matinale

a paré de ses perles diamantines.

Une rose, dès l’aube, est née

d’une blessure pétrifiée,

d’autres sont écloses à leur tour

au buisson de la vie,

juste le temps d’une accalmie

entre deux rayons d’amour,

au son d’un « je t’aime »

comme un terreau de mots

fécondant un renouveau,

juste le temps d’une floraison,

un instant de répit

dans la survie de l’être.

© Monique-Marie Ihry  – 23 janvier 2021  -

(toile de l’auteure « Florero 5″ – 80 x 60 cm -

D’une rose à l’autre…

Posté : 27 septembre, 2021 @ 8:48 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

ophelia+ 60  60

D’une rose à l’autre…

 

Je vivais un rêve et toi une aventure.

J’osais espérer une trêve

sur le sentier épineux des amours chus,

mais tu n’étais que chimère

volant d’une rose à l’autre,

picorant, butinant le miel ensoleillé

de chaque fleur offerte à ta magie.

D’aventure en aventure

sur la grande allée des plaisirs,

de douceurs repu,

choyé, comblé à outrance,

un jour tu t’enfuis vers une terre promise

à ton infinie gourmandise…

Dans notre jardin, les roses s’étiolèrent,

tout comme mon rêve déchu

de son fébrile piédestal,

bientôt soumis, tel le cristal,

au gel de l’abandon des âmes fragiles.

Je vivais un rêve et toi une aventure,

moi, colombe ingénue

et toi bel oiseau de passage,

moi de blanc vêtue côtoyant une ombre

volatile sautant d’une fleur à l’autre

dans l’éphémère du possible…

 

© Monique-Marie Ihry  – 23 janvier 2021  -

(toile de l’auteure intitulée « Ophélia » – huile sur toile 60 x 60 cm -)

 

 

Une plume de soie

Posté : 29 juillet, 2021 @ 6:55 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

OISEAU 26

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une plume de soie

 

 J’entrevois sur ton front la trace d’un baiser

un soir déposé dans la grâce d’un instant

comme une douce plume de soie

sur le satin rose de ta peau.

Sur tes lèvres, je devine les pas joyeux

d’un oiseau guettant l’éclosion d’un je t’aime

entre deux soupirs diffusés

par le souffle tempéré de ta bouche.

Tu reposes nonchalamment sur notre couche

sans te douter que l’oiseau et moi

nous veillons conjointement sur ton repos,

espérant toutefois assister à l’heureuse éclosion

d’une fleur entre tes lèvres adorées.

À défaut de l’un de tes sourires conscients et délicieux,

un simple bourgeon est venu soudain éclore

d’une rose à peine entr’ouverte à l’aurore renaissante

et me comble d’un bonheur infini

en attendant patiemment ton réveil.

Et l’oiseau de s’exercer à ses trilles enjoués

dans l’espoir de te voir bientôt revenu parmi nous

pour profiter ensemble de ce jour exquis

où les fleurs, les roses de la vie

revêtent leur robe de gala

pour célébrer l’avènement du printemps…

 

© Monique-Marie Ihry – 2021 -

Dessin de l’auteure -  encre de Chine  -  faisant partie du recueil de poèmes  » A l’encre sur ma peau  »

 

 

Sortie prochaine d’un recueil « Poèmes d’amour, Tome I » de Miguel Hernández traduit en français par Monique-Marie Ihry

Posté : 7 juin, 2021 @ 1:37 dans Poemas en español, poèmes d'amour, Poèmes en français, Traduction | Pas de commentaires »

COUVERTURE  1ere POEMES D AMOUR TOME I HERNANDEZ 7 juin 2021-

Miguel Hernández (1910-1942) est un poète espagnol né à Orihuela, un village du Sud-Est de l’Espagne. Sa condition de berger ne l’empêcha pas de s’adonner à la lecture et plus particulièrement la poésie. Il publia ses premiers poèmes dans des revues du Sud, puis se rendit à Madrid où il côtoya des membres éminents de la Génération de 27. Sa poésie, initialement inspirée par le classicisme de Francisco de Quevedo évolua progressivement sous l’influence de Pablo Neruda vers une écriture dégagée de toute contrainte esthétique.

Comme il l’écrit lui-même dans un des poèmes de cet ouvrage intitulé Poèmes d’amour, Tome I, Miguel Hernández vint au monde avec trois blessures : la vie, l’amour et la mort. Malgré les tourments de l’existence, les liens de l’amour sont restés de loin les plus forts. Dans son ensemble, sa poésie est axée sur le thème de l’amour : amour pour la nature de son enfance, la femme, la sienne en particulier, et le fils. C’est également une œuvre engagée abordant le thème incontournable de la guerre. Ses recueils de poésie Perito en Lunas (1934), El rayo que no cesa (1936), Vientos del pueblo me llevan (1937), El hombre acecha (1938-1939) et Cancionero y Romancero de las ausencias (1938-1942) en sont le témoignage évident. Les convictions républicaines de l’auteur le conduisirent pendant la Guerre civile espagnole dans des prisons successives où il fut torturé. Il décédera prématurément à l’âge de 32 ans dans une prison franquiste.

Cet ouvrage bilingue rassemble donc bon nombre de ses poèmes dont le fil conducteur est l’amour. Ces vers sont le témoignage d’un cœur droit, sensible, fidèle à ses convictions. Le poète assumera les coups assénés dans son enfance par son père pour qu’il cesse de lire, l’arrêt prématuré de ses études, la mort de son premier fils, la distance de la femme aimée, la torture et les longs mois de réclusion dans des prisons successives lors de la Guerre civile espagnole.

Francisco de Quevedo, affirmait à juste titre que l’amour perdure au-delà de la mort. Il en va de même pour la poésie de Miguel Hernández qui ne cesse d’être appréciée et étudiée depuis des décennies.

 

Un extrait du poème « Dialogue entre Pedro et Ana »

[…]

                            Parce que je t’aime, je prends

                            le chemin du combat

                            pour que tes enfants

                            et les enfants des femmes

                            de tes fils connaissent

                            une vie moins rude,

                            moins injuste, plus vraie

                            que celle qu’en héritage maudit

                            ont reçu nos mains travailleuses.

 

Ce recueil bilingue paraîtra mi-juillet dans la Collection Bilingue aux Éditions Cap de l’Étang.

La traductrice Monique-Marie Ihry a été récompensée par des prix prestigieux de littérature, dont ‒ pour ne citer que les plus récents ‒ le prix Jean Bonicel 2020 (Arcadia Béziers), le prix Jean Cocteau 2020 de la Société des Poètes français dont elle est membre, le prix de traduction François Victor Hugo 2020 de la Société des Poètes français pour sa traduction de Langueur de la poète argentine Alfonsina STORNI avec un rappel de ce même prix en 2021 pour sa traduction de Inquiétudes sentimentales la poète chilienne Teresa WILMS MONTT. Elle est aussi lauréate du Prix Paul Verlaine 2021.

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