Dans le Jardin des mots

Archive pour la catégorie 'poèmes d’amour'

Une plume de soie

Posté : 29 juillet, 2021 @ 6:55 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

OISEAU 26

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une plume de soie

 

 J’entrevois sur ton front la trace d’un baiser

un soir déposé dans la grâce d’un instant

comme une douce plume de soie

sur le satin rose de ta peau.

Sur tes lèvres, je devine les pas joyeux

d’un oiseau guettant l’éclosion d’un je t’aime

entre deux soupirs diffusés

par le souffle tempéré de ta bouche.

Tu reposes nonchalamment sur notre couche

sans te douter que l’oiseau et moi

nous veillons conjointement sur ton repos,

espérant toutefois assister à l’heureuse éclosion

d’une fleur entre tes lèvres adorées.

À défaut de l’un de tes sourires conscients et délicieux,

un simple bourgeon est venu soudain éclore

d’une rose à peine entr’ouverte à l’aurore renaissante

et me comble d’un bonheur infini

en attendant patiemment ton réveil.

Et l’oiseau de s’exercer à ses trilles enjoués

dans l’espoir de te voir bientôt revenu parmi nous

pour profiter ensemble de ce jour exquis

où les fleurs, les roses de la vie

revêtent leur robe de gala

pour célébrer l’avènement du printemps…

 

© Monique-Marie Ihry – 2021 -

Dessin de l’auteure -  encre de Chine  -  faisant partie du recueil de poèmes  » A l’encre sur ma peau  »

 

 

Sortie prochaine d’un recueil « Poèmes d’amour, Tome I » de Miguel Hernández traduit en français par Monique-Marie Ihry

Posté : 7 juin, 2021 @ 1:37 dans Poemas en español, poèmes d'amour, Poèmes en français, Traduction | Pas de commentaires »

COUVERTURE  1ere POEMES D AMOUR TOME I HERNANDEZ 7 juin 2021-

Miguel Hernández (1910-1942) est un poète espagnol né à Orihuela, un village du Sud-Est de l’Espagne. Sa condition de berger ne l’empêcha pas de s’adonner à la lecture et plus particulièrement la poésie. Il publia ses premiers poèmes dans des revues du Sud, puis se rendit à Madrid où il côtoya des membres éminents de la Génération de 27. Sa poésie, initialement inspirée par le classicisme de Francisco de Quevedo évolua progressivement sous l’influence de Pablo Neruda vers une écriture dégagée de toute contrainte esthétique.

Comme il l’écrit lui-même dans un des poèmes de cet ouvrage intitulé Poèmes d’amour, Tome I, Miguel Hernández vint au monde avec trois blessures : la vie, l’amour et la mort. Malgré les tourments de l’existence, les liens de l’amour sont restés de loin les plus forts. Dans son ensemble, sa poésie est axée sur le thème de l’amour : amour pour la nature de son enfance, la femme, la sienne en particulier, et le fils. C’est également une œuvre engagée abordant le thème incontournable de la guerre. Ses recueils de poésie Perito en Lunas (1934), El rayo que no cesa (1936), Vientos del pueblo me llevan (1937), El hombre acecha (1938-1939) et Cancionero y Romancero de las ausencias (1938-1942) en sont le témoignage évident. Les convictions républicaines de l’auteur le conduisirent pendant la Guerre civile espagnole dans des prisons successives où il fut torturé. Il décédera prématurément à l’âge de 32 ans dans une prison franquiste.

Cet ouvrage bilingue rassemble donc bon nombre de ses poèmes dont le fil conducteur est l’amour. Ces vers sont le témoignage d’un cœur droit, sensible, fidèle à ses convictions. Le poète assumera les coups assénés dans son enfance par son père pour qu’il cesse de lire, l’arrêt prématuré de ses études, la mort de son premier fils, la distance de la femme aimée, la torture et les longs mois de réclusion dans des prisons successives lors de la Guerre civile espagnole.

Francisco de Quevedo, affirmait à juste titre que l’amour perdure au-delà de la mort. Il en va de même pour la poésie de Miguel Hernández qui ne cesse d’être appréciée et étudiée depuis des décennies.

 

Un extrait du poème « Dialogue entre Pedro et Ana »

[…]

                            Parce que je t’aime, je prends

                            le chemin du combat

                            pour que tes enfants

                            et les enfants des femmes

                            de tes fils connaissent

                            une vie moins rude,

                            moins injuste, plus vraie

                            que celle qu’en héritage maudit

                            ont reçu nos mains travailleuses.

 

Ce recueil bilingue paraîtra mi-juillet dans la Collection Bilingue aux Éditions Cap de l’Étang.

La traductrice Monique-Marie Ihry a été récompensée par des prix prestigieux de littérature, dont ‒ pour ne citer que les plus récents ‒ le prix Jean Bonicel 2020 (Arcadia Béziers), le prix Jean Cocteau 2020 de la Société des Poètes français dont elle est membre, le prix de traduction François Victor Hugo 2020 de la Société des Poètes français pour sa traduction de Langueur de la poète argentine Alfonsina STORNI avec un rappel de ce même prix en 2021 pour sa traduction de Inquiétudes sentimentales la poète chilienne Teresa WILMS MONTT. Elle est aussi lauréate du Prix Paul Verlaine 2021.

Joli mois de mai

Posté : 2 mai, 2021 @ 11:10 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes courts, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

muguet tendre

 

Joli mois de mai

Me croiriez-vous si je vous disais rêver
de vous voir sur le pas de ma porte arriver
le regard ébloui d’un bouquet de muguet
venant ainsi sacrer cet heureux mois de mai,
si je vous disais que depuis des lustres j’aime
ce beau sourire empreint d’une bonté extrême ?

Tendez-moi ce bouquet de joli mois de mai
je m’ouvrirai à son parfum comme il vous sied.
Mille baisers d’espoir je vous adresse en vers,
mille vers énamourés je compose ce soir,
hommage à ce regard dans lesquels je me perds…

 

©  Monique-Marie Ihry  -  1er mai 2015 -

L’amandier

Posté : 30 janvier, 2021 @ 5:53 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes courts, poèmes d'amour | Pas de commentaires »

mademoiselle J 55 x 46

L’amandier

 

 

Le premier amandier vient de fleurir,

mon amour.

C’est le printemps des cœurs,

la saison gracieuse

qui fait éclore dans les arbres

les bourgeons et fleurir la romance

dans les allées jolies

de la vie et de l’espérance !

 

© Monique-Marie Ihry

(Extrait du recueil  » A l’encre sur ma peau « , toile de l’auteure intitulée  » Mademoiselle  » (2018) huile sur toile 55 x 46 cm)

1er novembre 2020

Posté : 11 décembre, 2020 @ 11:22 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

novembre fleur

1er novembre 2020 -

Les fleuristes ayant eu exceptionnellement

le droit de rester ouverts,

la plupart des tombes aujourd’hui

seront couronnées de fleurs,

sauf la tienne mon amour,

trop loin pour que je puisse me pencher

sur l’écrin de verdure

où tu reposes.

Comme tant d’autres,

je suis confinée,

enfermée dans ma tour,

loin de toi pour toujours,

loin tout, mon aimé.

Un frêle soleil s’est levé

au-dessus des toits endormis

parsemés de givre.

Sur mon appui de fenêtre,

prises de somnolence,

les fleurs se préparent à l’oraison

de l’automne,

tout comme mon cœur

priant pour que la mort ne soit

qu’une simple erreur que l’on gomme,

une faute que l’on corrige

en rectifiant la grammaire du sort,

un fantôme que l’on replace

sur la voie de l’irréel… !

© Monique-Marie IHRY  – 1er novembre 2020  -

Un printemps assassin, pandémie

Posté : 23 novembre, 2020 @ 11:28 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, féminisme, poèmes d'amour, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

 COUVERTURE 1ere UN PRINTEMPS ASSASSIN

Un printemps assassin, pandémie

Monique-Marie IHRY, Recueil de poésie, Collection Plume d’ivoire n° 13, Cap de l’Étang Éditions, 2020

* * *

Ce recueil a été écrit entre le 17 mars et le 11 mai 2020 durant la première période de confinement, près d’une grande fenêtre ouvrant sur un monde en suspens…

Nous ne savions pas alors que nous serions peut-être confinés à nouveau et que la vie de nos enfants pouvait encore être menacée par un virus dont nous avions malgré nous fait la connaissance, mais que nous ne connaissions ‒ hélas ‒ pas assez pour nous débarrasser de la menace qu’il représentait.

Outre le fait de bouleverser nos habitudes, la pandémie est venue s’installer, imposant l’incertitude, l’inquiétude, le deuil pour tant d’autres.  Certains adoptèrent des comportements responsables en restant le plus possible chez eux, mais d’autres s’en moquèrent, sortant à outrance dans les rues, refusant de porter leur masque, imposant aux autres l’inconscience de leur égoïsme assassin.

Pendant ce temps, le printemps affichait l’ineffable de sa beauté, la mer occitane continuait ses allées et venues sous un ciel sans nuages, et la poète redoublant d’inspiration épanchait ces vers sur un cahier déjà bien rempli d’émotions, de rêves et d’espérance entremêlés.

Ier novembre

Posté : 1 novembre, 2020 @ 2:05 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

SOUS-BOIS 80 X 40

1er novembre

 

Novembre et son cortège de chrysanthèmes,

requiem fleuri, hommage aux défunts,

à ceux que l’on a tant aimés et qui ne sont plus,

nuages obscurs charriés par le vent de l’est

crachant leur pluie sur les palmiers en berne,

mer agitée vomissant ses bateaux vers le large,

 

plages désertées fouettées par les vagues

 

du NON-RETOUR,

 

vague à l’âme dans la grisaille de l’aube :

 

AMERTUME !

 

 

©  Monique-Marie Ihry    –  24 novembre 2019  -

(toile de l’auteure  » Sous-bois  » (2017) – huile sur lin 80 x 40 cm -)

 

D’une larme

Posté : 25 septembre, 2020 @ 9:39 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

bailarin détail

D’une larme

 

Dans le grand cimetière où repose ton âme

Flânent de grands cyprès, un tilleul protecteur.

Posé sur une branche, un pic-vert orateur

Chante un air d’antan, gazouille et fait sa gamme.

 

La campagne ignorant le lundi qui se pâme

Émet des craquements, un bruit évocateur    

Émanant d’une brume absente de senteur,

Et l’on entend au loin du cerf le puissant brame.

 

L’animal égaré appelle une âme sœur,

Il pense apercevoir son aura, sa rousseur

Dans le flou souvenir qui bientôt s’évapore.

 

Sur le tombeau gelé de l’amant endormi,

Une rose agonise au soir couchant, gémit,  

S’étiole et s’éteint d’un larmoiement sonore.

 

 

©  Monique-Marie IHRY  – 19 septembre 2020 –

(toile de l’auteure : « Bailarin » 92 x 73 cm, détail)

Extrait n° XXIX de « Inquiétudes sentimentales » (1917) de la poète Chilienne Teresa Wilms Montt traduit en français par Monique-Marie Ihry

Posté : 8 août, 2020 @ 2:23 dans Poemas en español, poèmes d'amour, Poèmes en français, Traduction | Pas de commentaires »

teresa coudes tete de cote

 

     Extrait n° XXIX du recueil de prose poétique « Inquiétudes sentimentales » de la poète Chilienne Teresa Wilms Montt (1893-1921) paru en 1917 sous le pseudonyme Thérèse Wilms dans lequel elle évoque la profonde douleur liée à la séparation. Un tribunal familial arbitraire l’avait enfermée dans un couvent dont elle réussit à s’échapper après de longs mois de réclusion, et lui avait par ailleurs retiré définitivement la garde de ses deux petites filles. Cette profonde douleur la hanta jusqu’à la fin de sa courte vie. Elle put les revoir brièvement par la suite lors d’un voyage à Paris après longues 5 années de séparation, mais elles repartirent toutes les deux avec leurs grands-parents au Chili, la laissant seule et désespérée au bord d’un gouffre sans fond dans lequel elle se précipita peu de temps après, à l’approche des fêtes de Noël.

     La poésie de Teresa Wilms Montt ne peut nous laisser indifférents. L’émotion est intense. Ce recueil intimiste bilingue paru aux Éditions Cap de l’Étang traduit en français et préfacé par la poète Monique-Marie Ihry nous donne l’occasion de découvrir une poète au verbe délicat, sensible à la douleur des siens, ainsi que celles liées aux injustices, ayant également côtoyé et dénoncé dans des articles de journaux la misère régissant une société inégalitaire dans la seconde décennie du XX° siècle latino-américain. Teresa Wilms Montt : une femme acquise aux causes nécessaires, dont le féminisme.

 

XXIX

 

   J’ouvre le rideau du passé et je me souviens… Elle est malade ; elle a de la fièvre et délire.

   Sa petite main brûlante abandonnée sur la mienne a le doux abandon d’un oiseau dans son nid.

   Le petit corps endolori tremble comme une feuille au vent.

   Elle ne désire rien. Ses yeux bleus, comme deux miracles du ciel, regardent dans le vague, dans l’oubli du monde extérieur ; ils sont peut-être dans le lit des zéphyrs où ils virent le jour.

   J’ai déployé sur son petit lit toute ma tendresse, qui l’a enveloppée avec la douceur d’un sanglot.

   Maintenant, elle me regarde et son regard de rêve a la clarté céleste de l’émotion.

   Ces yeux puissants élèvent mon âme, depuis l’abîme de leur amertume jusqu’à l’orée de la vie ; de cette vie dont je ne veux, de cette vie que je méprise.

   « Je suis là, me disent-ils, vis pour moi ».

   Je n’ai pas écouté ce sublime appel et j’ai perdu pour toujours ces yeux apaisant mon âme, comme le pansement atténue la douleur de la plaie.

   La vie s’écoule, ma vie tronquée de pantin mendiant d’amour ; et elle, la divine créature, arrachée à mes bras par la griffe féroce du destin, ignore ma douleur.

   Elle aussi souffre sans le savoir, parce que le deuil fait du plus grand amour une ombre invisible et glacée dans son cœur.

   Deux mots, les plus grands qu’ait créés le langage, pourraient nous unir : mais personne ne les prononcera parce que l’indifférence a rendu les cœurs muets. Elle et moi, séparées par le monde et unies dans l’amour divin de l’âme, nous mourrons dans l’attente d’une miséricorde. 

XXIX

   Descorro la cortina del pasado y recuerdo…. Está enferma; está con fiebre y delira.

   Su manito ardiente, abandonada sobre la mía, tiene la dulce confianza de un pájaro en su nido.

   El cuerpecito dolorido sufre los temblores de una hoja al viento.

   Nada quiere. Sus ojos azules, como dos milagros del cielo, miran lejos, olvidados del mundo exterior; están tal vez en el lecho de los zafiros, lugar donde nacieron.

   He desparramado sobre su camita, todas mis ternuras, que la han cubierto con una tibieza de sollozo.

   Ahora me mira, y su mirada de ensueño tiene la claridad celeste de la emoción.

   Esos ojos poderosos elevan mi alma, desde el fondo de su amargura a la superficie de la vida; de la vida que no quiero, de la vida que desprecio.

   « Aquí estoy, me dicen; vive para mí ».

   No escuché esa sublime exhortación, y perdí para siempre esos ojos que suavizaban mi alma, como el vendaje amortigua el ardor de la llaga.

   Pasa la vida, mi vida trunca de fantoche pordiosero de amor; y ella, la criatura divina, arrancada de mis brazos por la garra feroz del destino, ignora mi dolor.

   Ella también sufre sin saberlo, porque el duelo hace del más grande amor una sombra invisible y helada en su corazón.

   Dos palabras, las más enormes que ha creado el lenguaje, podrían unirnos; pero nadie las pronunciará porque la indiferencia ha enmudecido los corazones. Ella y yo, separadas por el mundo y unidas por el sublime amor del alma, moriremos aguardando piedad.

 

 

* Monique-Marie Ihry est lauréate 2019 du Grand Prix de traduction François-Victor Hugo de la Société des Poètes Français dont elle fait partie pour sa traduction de ” Langueur ” de la poète Argentine Alfonsina STORNI, avec un rappel de ce prix prestigieux en 2020 pour la traduction de cet ouvrage de Teresa WILMS MONTT intitulé  « Inquiétudes sentimentales ».

 

COUVERTURE INQUIETUDES SENTIMENTALES 1ere 23 juillet TERESA W M

Ad vitam

Posté : 3 août, 2020 @ 12:46 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

copla 60  60

Ad vitam

 

Il paraissait las, soucieux.

Rien ne semblait en mesure de tempérer

les pensées séquestrant son sourire quotidien.

L’amour était emmuré dans son cœur

soumis au martyre d’une réflexion délétère.

Le souvenir le tenait prisonnier,

lui faisant revivre l’horreur

et rien, ni mes attentions ni mes mots

ne pouvaient l’extraire de sa douleur

cadenassée par les chaînes d’une rancœur

nourrissant longuement les divers maux

de l’âme.

Les coups, les injures, l’abominable,

fendaient encore de grands sillons son front.

Sa mémoire y avait un jour semé

les germes féconds d’une souffrance

tenace, indélébile, meurtrière,

qu’un ressentiment rebelle à la délivrance

semblait préserver ad vitam.

 

© Monique-Marie Ihry — 24 juillet 2020 —

(toile de l’auteure : « Pareja I » (2015) -  huile sur lin 60 x 60 cm -)

 

 

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