Dans le Jardin des mots

Archive pour la catégorie 'Poemas en español'

Cuando tú ya no estés

Posté : 4 octobre, 2023 @ 11:49 dans Poemas en español, poèmes d'amour, Prix de poésie | Pas de commentaires »

Cuando tú ya no estés

 

Hace algunos meses apenas, yo osaba abrigar este pensamiento:

«Cuando tú ya no estés, los árboles del parque continuarán creciendo y nuestras rosas perfumarán aún los senderos del jardín. Yo me encontraré a veces llorando en la sala oscura de un cine, pensando en los proyectos queridos que no tuvimos tiempo de realizar ayer, en estas obras que ya no podremos admirar juntos, en nuestros niños que verán el día bajo la luz febril de mi alegría recuperada.

Cuando tú ya no estés, los árboles del parque sin embargo terminarán muriendo en noviembre, el otoño se revestirá de ámbar y de crepúsculo, y el manto del invierno enterrará el vestido blanco de rosas de la aurora.

Un día, paralizada de cansancio, abandonaré la página infinita de mi soledad y partiré para encontrarme contigo en una bella mañana de luna, cuando el horizonte congelado por el hielo alcance el cielo, un día de invierno cuando las farolas de nuestra calle ya no puedan iluminar mi memoria dolorida, un día donde, como los árboles de nuestro parque, yo haya dejado de creer que, en la oscuridad del recuerdo, aún me es posible intentar sobrevivir sin ti».

 

Llegó para mí el momento de dejar el otoño de mi vida para quedarme en el infinito de tu corazón…

 

Monique-Marie IHRY, poetisa francesa,

 

“Cuando tú ya no estés”, una oda al amor y a la naturaleza, cuando el otoño del alma nos ofrece el misterio de su belleza magistral, cuando el pincel de un pintor, ávido de belleza, percibe en la armonía de un reflejo aterciopelado el misterio divino ante el cual se resigna…

 

para la revista literaria Ánfora Nova y la celebración de sus treinta años, octubre 2019.

Traducción: Ana Herrera

VIGNES D'OCCITANIE IV 80 x 40

« Primavera »

© Monique-Marie Ihry −Óleo sobre lino, 80 x 40 −

Carapace / Coraza

Posté : 30 avril, 2023 @ 11:40 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, féminisme, Poemas en español, poèmes d'amour, Poèmes en français, Réflexions diverses, sensualité | Pas de commentaires »

AGRESSION 50 50

CARAPACE

 

Je suis en apparence nue,

mais cependant vêtue

d’une solide CARAPACE.

Ce que tu ignores,

c’est qu’insister à la porte de mon sexe

ne te mènera à rien !

Tu t’évertues à prendre ton dû

et je dois

− au nom de ma condition de femme –

me laisser faire sans concession

entre     deux

coups,

entre     deux

injures.

 

IVROGNE !

 

continue à frapper de la sorte,

JAMAIS   je ne te donnerai la clef

de mon âme.

Il n’est plus de passion

ni de flamme,

j’ai troqué mon corset

de femme soumise

contre une CARAPACE

que NUL et surtout TOI

 

ne pourra JAMAIS PLUS

 

ébranler !

 

©  Monique-Marie Ihry    -  20 juillet 2017  -

(huile sur toile de l’auteure intitulée « Agression » 50 x 50 (2002)

*

CORAZA

 

 

Me crees desnuda,

pero en realidad estoy vestida

de una indestructible coraza.

Lo que ignoras,

es que insistir en la puerta de mi sexo

¡no te llevará a ninguna parte!

Te afanas en obtener lo que TÚ necesitas

y debo

‒ en nombre de mi condición femenina –

someterme sin concesiones

entre       dos

golpes,

entre       dos

insultos.

 

BORRACHÓN,

 

sigue golpeando de esta manera,

NUNCA te daré la llave

de mi alma.

Ya no hay pasión,

ni llama,

he cambiado mi corsé

de mujer sumisa

por una CORAZA

que NADIE ‒ y especialmente TÚ ‒

 

¡NUNCA MÁS podrá de nuevo

 

quebrantar!

 

©  Monique-Marie Ihry    -  13.11.2020 -

Recueil Le divan du Tamarit / Diván del Tamarit de Federico García Lorca présenté et traduit en français par Monique-Marie Ihry

Posté : 26 janvier, 2023 @ 8:50 dans Poemas en español, poèmes d'amour, Poèmes en français, Traduction | Pas de commentaires »

COUVERTURE 1ERE TAMARIT LORCA 21 janvier 2023

Ce recueil est l’œuvre de la maturité. Le poète, tout en se positionnant dans un présent de rupture, d’avant-garde, élabore un nouvel ordre esthétique, tout en ayant le regard dirigé vers la tradition. L’écriture de cet ouvrage est à la croisée des chemins entre tradition et innovation. L’auteur nous offre une poésie riche de par son rythme, sa musicalité et des procédés stylistiques très variés, en un mot une écriture unique, une œuvre sans pareille. La plume du poète excelle dans l’art de jouer avec les formes, les répétitions de conjonctions, des strophes utilisées comme un refrain, des enjambements et des anaphores originales.

Le divan du Tamarit est également un espace propice au dialogue et à la réflexion. L’amour et la mort sont étroitement liés. Le premier poème « Gacela I de l’amour imprévu » donne le ton de l’ouvrage. Il s’agit de la recherche de l’amour perdu, de l’amour impossible, tu, occulte et plus précisément obscur. Quant à la mort, et pour ne citer que ces exemples, à la fin du recueil il y a ces enfants (Casida III des branches) au visage voilé qui attendent que « mes » branches (celles du poète) se brisent toutes seules dans le verger du Tamarit, et sous les roses tièdes du lit (Casida IV de la femme allongée) les morts gémissent en attendant leur tour. Il y a également la métaphore du squelette de la fillette (Casida V du songe en plein air) chevauchant le taureau.

Par ailleurs, l’amour est, et demeure en somme insatisfait, douloureux, compromis, même la rose (dans la Casida VII de la rose) cherche « autre chose », cet absolu dont on rêve et qui semble décidément inatteignable.

La poésie de Federico García Lorca demeure intemporelle, car elle nous permet de comprendre en partie ce monde troublé de sensations et cette perplexité dans laquelle nous évoluons au quotidien. Amour, mort, émotion…, sa poésie émeut, bouleverse, ébranle.

Le recueil Le divan du Tamarit, avec en toile de fond la ville de Grenade chère au poète et le jardin du Tamarit plus précisément, est une œuvre majeure sous le signe de l’amour et surtout celui de la mort. Amour et mort : deux notions indissociables lorsque la vie demeure impitoyable pour l’enfant, l’innocence bafouée, l’être incompris et meurtri.

La traductrice Monique-Marie IHRY a été récompensée par des grands prix de poésie, dont le Prix Jean-Vincent Verdonnet 2022, le Prix Paul Verlaine 2021, le Prix Visages du Nord 2021, le prix Jean Bonicel 2020, le prix Jean Cocteau 2020 de la Société des Poètes français dont elle est membre, le prix de traduction François Victor Hugo 2019 de la Société des Poètes français pour sa traduction en français de Langueur de la poète argentine Alfonsina STORNI avec un rappel de ce même prix en 2020 pour sa traduction de Inquiétudes sentimentales la poète chilienne Teresa WILMS MONTT.

Renseignements sur l’ouvrage :

Ouvrage bilingue espagnol-français

© Cap de l’Étang Éditions™, 13 rue du Château, Capestang (34310), France

Bruno SALGUES/SIRET : 753 039 981 00026

Numéro éditeur : 978-2-37613

BNF : 17841

Gencod : 3019008245105

Site web : http://www.capdeletang.com

ISBN : 978-2-37613-143-4

EAN : 9782376131434

Code Thema : DCF

Code Dewey : 841

Code CLIL : 3633 Poésie

3638 Poésie Contemporaine

Auteur du texte : Federico García Lorca

Présentation et traduction en français : Monique-Marie Ihry

Réalisation de la couverture : Monique-Marie Ihry

Tableau de couverture : « Il était une colline » (2018), huile sur toile 40 x 40 cm © Monique-Marie Ihry

© Tous droits de reproduction et de traduction, d’adaptation et d’exécution réservés pour tous les pays

Dépôt légal : janvier 2023

Nombre de pages : 96

Prix : 21 €

Mesures préventives / Medidas cautelares, Recueil de poésie de José María Molina Caballero traduit en français par Monique-Marie Ihry, Collection Bilingue n° 17, Cap de l’Etang Editions

Posté : 5 novembre, 2022 @ 2:48 dans Poemas en español, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

COUVERTURE 1ère José Maria MESURES PREVENTIVES 5 novemvbre 2022

Fruit de beaucoup d’années de réflexion et d’un travail exigeant, Mesures préventives est un ouvrage très accompli, mature et original dans lequel le poète renommé José María Molina Caballero réunit un ensemble de poèmes composés d’hendécasyllabes non rimés très émouvants. Avec une approche philosophique, sa poésie existentielle scrute les lumières et les ombres de la condition humaine et s’assimile à une sorte de jugement dans lequel est mis en évidence un compromis esthétique réussissant à captiver l’attention du lecteur. C’est un recueil de poésie élaboré avec une structure métrique rigoureuse dans lequel nous découvrons une grande force expressive, une cohérence et une unité thématique. Cet ouvrage excellent, tant sur le plan de la forme que du contenu, a reçu l’éloge unanime de la critique littéraire.

Dans cet ouvrage rédigé avec une structure métrique rigoureuse, nous trouvons à la fois une grande force expressive, une cohérence et unité thématique.

Cet ouvrage excellent, tant sur le plan de la forme que du contenu, a été nominé pour le Prix Andalucía de la Crítica 2022. Il a par ailleurs reçu un éloge unanime de la critique littéraire.

José María Molina Caballero est poète, auteur de récits et éditeur. Il est membre de l’Académie Royale de Cordoue et de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Antequera. Il est auteur de 15 ouvrages, directeur de la maison d’édition Ánfora Nova et de la revue du même nom. Il est membre du Conseil Consultatif du Centre Andalou des Lettres et du Conseil Social de l’Université de Cordoue. Il a reçu le Prix Cordobés del Año 2019, a été nominé pour le Prix Andalucía de la Crítica 2022, 2019, 2013, 2009 et 2006, a reçu le Prix Mecenas de la Literatura Andaluza “Manuel Altolaguirre”, le Prix National de Poésie « Ciudad de Benicarló”, la Bourse à la création littéraire du Ministère de la Culture, un Accessit du Prix National de poésie « Rafael Alberti-Unicaja »… Une partie de son œuvre a été traduite en anglais, en italien, en portugais, en serbe, en roumain et en français.

La traductrice Monique-Marie Ihry a fait des études de Droit et d’Espagnol. Elle est auteure de nombreux recueils de poésie, de romans et de littérature jeunesse. Elle est également traductrice espagnol-français et illustratrice. Elle a été récompensée par des prix prestigieux de littérature, dont ‒ pour ne citer que les plus récents ‒ le Prix Jean-Vincent Verdonnet 2022, le Prix Paul Verlaine 2021 (Metz), le Prix Visages du Nord 2021, le prix Jean Bonicel 2020, le Prix Jean Cocteau 2020 de la Société des Poètes français dont elle est membre, le prix de traduction François Victor Hugo 2019 de la Société des Poètes français pour sa traduction en français du recueil Langueur de la poète argentine Alfonsina STORNI, avec un rappel de ce même prix en 2020 pour sa traduction de Inquiétudes sentimentales la poète chilienne Teresa WILMS MONTT.

Renseignements sur l’ouvrage publié :

© Cap de l’Étang Éditions™, 13 rue du Château, Capestang (34310), France

Bruno SALGUES/SIRET : 753 039 981 00026

Numéro éditeur : 978-2-37613

BNF : 17841

Gencod : 3019008245105

Site web : http://www.capdeletang.com

ISBN : 978-2-37613-141-0

EAN : 9782376131410

Code Thema : DCF

Code Dewey : 841

Code CLIL : 3633 Poésie

3638 Poésie Contemporaine

Auteur du texte : José María Molina Caballero

Présentation : Antonio Cruz Casado

Traduction : Monique-Marie Ihry

Réalisation de la couverture : Bruno Salgues

Nombre de pages : 152

© Tous droits de reproduction et de traduction, d’adaptation et d’exécution réservés pour tous les pays

Dépôt légal : octobre 2022

Les puits de la mémoire/ Los pozos de la memoria de José María Molina Caballero

Posté : 3 mars, 2022 @ 5:09 dans Poemas en español, Poèmes en français, Traduction | Pas de commentaires »

Je vous propose aujourd’hui ce très beau poème du grand poète et éditeur espagnol José María Molina Caballero, traduit par mes soins à sa demande, et faisant partie du recueil « Medidas cautelares/ Mesures préventives » paru en novembre 2021 aux Éditions Ánfora Nova, de Rute (Espagne).

 

LES PUITS DE LA MÉMOIRE

 

L’enfance est une bulle remplie

de rêves qui nous apaisent ou nous châtient

sans règles ni attaches qui, parfois,

deviennent des fantômes vainqueurs

qui nous dévorent de l’intérieur et à l’extérieur

jusqu’à parvenir au puits le plus profond

logeant au sein de nos âmes.

 

L’enfance peut être le paradis

le plus agréable de notre existence,

ou bien l’enfer fallacieux de notre mémoire.

 

*

 

LOS POZOS DE LA MEMORIA

 

La infancia es una cápsula colmada

de sueños que nos calman o castigan

sin reglas ni ataduras que, a veces,

se tornan en fantasmas que nos vencen

y devoran por dentro y por fuera

hasta llegar al pozo más profundo

que habita el interior de nuestras almas.

 

La infancia puede ser el paraíso

más placentero de nuestra existencia,

o el infierno falaz de la memoria.

 

© José María Molina Caballero, in Medidas cautelares, Ánfora Nova, Rute (España), 2021

Comparecencia/ Comparution, poème de José María Molina Caballero traduit en français

Posté : 14 février, 2022 @ 9:57 dans Poemas en español, Poèmes en français, Traduction | Pas de commentaires »

Je vous propose aujourd’hui ce très beau poème du grand poète et éditeur espagnol José María Molina Caballero, traduit par mes soins à sa demande, et faisant partie du recueil « Medidas cautelares/ Mesures préventives » paru en novembre 2021 aux Éditions Ánfora Nova, de Rute (Espagne).

 

COMPARUTION

 

Les arêtes de la peur murmurent

dans le cortex de nos oreilles,

et pénètrent dans la mer vulnérable

qui s’incruste dans les tympans de givre

de la défaite qui nous brise, contraint au silence

comme des vitres sans lumière ni horizon.

Tes yeux indécis comparaissent

comme témoins aveugles des ombres.

*

COMPARENCENCIA

 

Las aristas del miedo nos susurran

en las cortezas de nuestros oídos,

y penetran en el mar vulnerable

que se incrusta en los tímpanos de escarcha

del fracaso que nos rompe y silencia

como cristales sin luz ni horizonte.

Tus ojos indecisos comparecen

como testigos ciegos de las sombras.

 

© José María Molina Caballero

(Extrait du recueil de poésie Medidas cautelares, Anfora Nova, Rute, 2022)

 

« Tir amical » (Fuego amigo), poème de José Maria Molina Caballero

Posté : 26 janvier, 2022 @ 3:18 dans Poemas en español, poèmes d'amour, Poèmes en français, Traduction | Pas de commentaires »

Je vous propose aujourd’hui ce très beau poème du grand poète et éditeur espagnol José María Molina Caballero, traduit par mes soins à sa demande, et faisant partie du recueil « Medidas cautelares/ Mesures préventives » paru en novembre 2021 aux Éditions Ánfora Nova, de Rute (Espagne).

Il est intitulé «Tir amical» (Fuego amigo).

TIR AMICAL

 

Tes yeux me mitraillent sans repos

à mesure que le soir a raison de moi.

Le feu se répand dans les orifices

de mes blessures et parcourt lentement

les pores de ma peau et de mon sang,

dans les fosses de cette peur que suppure             

ton regard assassin d’horizons,

et les couteaux hostiles qui égorgent

les abîmes de la lumière et de la vie.

Le métal tranchant de tes lèvres

parcourt chaque sillon de mon corps,

s’arrête sur mes jambes, mes hanches,

ma poitrine et, ensuite, parvient jusqu’à mon ombre

furtivement et la brise en mille morceaux.

Et sans mesurer tes mots, tes tirs

façonnent leur victoire sans appel.

*  *  *  *  *  *  *  *  *  *

FUEGO AMIGO

Tus ojos me disparan sin descanso

al compás de la tarde que me rompe.

El fuego se derrama entre los huecos

de mis heridas y recorre lento

los poros de mi piel y de mi sangre,

en las fosas del miedo que supura

tu mirada asesina de horizontes,

y los hoscos cuchillos que degollan

los abismos de la luz y la vida.

El metal afilado de tus labios

recorre cada surco de mi cuerpo,

se detiene en mis piernas, mis caderas

mi pecho y, luego, llega hasta mi sombra

con sigilo y la rompe en mil pedazos.

Y sin mediar palabra, tus disparos

construyen su victoria inapelable.

juntos conseguiremos

L’amour amertume

Posté : 29 novembre, 2021 @ 5:30 dans Poemas en español, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

clothilde 55  46

L’amour amertume

Lasse de s’affronter en vain

au destin, ma peine

se retire en rugissant comme la mer,

brandissant la bannière sanglante

d’un ciel amer et rougeâtre.

Mon cœur,

mon pauvre cœur

vagabond court

sur les vagues de sang,

fou, muet, mis à nu,

en deuil, sans mots,

pleurant son amour perdu

dans la noire nuit

sanguinolente de l’hiver…

Cœur sans ailes,

tel un oiseau blessé

errant dans la nuit

de l’amour inconsolé ;

cœur sans ailes,

oiseau dénudé de l’amour

dans la nuit de l’âme,

longue et lente nuit

inconsolable,

sempiternelle nuit

de l’amour amer…

*

Del amor amargo

 

Harta de rebelarse en vano

contra el destino, mi pena

se retira como un mar rugiendo

con la bandera sangrienta

de un cielo amargo y rojizo.

Mi corazón,

mi pobre corazón

corre, vagabundo

sobre las olas de sangre,

loco, mudo, desnudo,

en luto, sin palabras,

su amor perdido llorando

en la noche negra

y sangrienta noche del invierno…

Corazón sin alas,

como un pájaro herido

vagando por el aire nocturno

del amor desconsolado;

corazón sin alas,

pájaro desnudo del amor

en la noche del alma,

larga y lenta noche

del desconsuelo,

sempiterna noche

del amor amargo…

*

© Monique-Marie Ihry  – 28 mars 2021 -

derechos de autor

(Toile de l’auteure intitulée « Clothilde » (2015) – 55 x 46 cm -)

 

 

Sortie prochaine d’un recueil « Poèmes d’amour, Tome I » de Miguel Hernández traduit en français par Monique-Marie Ihry

Posté : 7 juin, 2021 @ 1:37 dans Poemas en español, poèmes d'amour, Poèmes en français, Traduction | Pas de commentaires »

COUVERTURE  1ere POEMES D AMOUR TOME I HERNANDEZ 7 juin 2021-

Miguel Hernández (1910-1942) est un poète espagnol né à Orihuela, un village du Sud-Est de l’Espagne. Sa condition de berger ne l’empêcha pas de s’adonner à la lecture et plus particulièrement la poésie. Il publia ses premiers poèmes dans des revues du Sud, puis se rendit à Madrid où il côtoya des membres éminents de la Génération de 27. Sa poésie, initialement inspirée par le classicisme de Francisco de Quevedo évolua progressivement sous l’influence de Pablo Neruda vers une écriture dégagée de toute contrainte esthétique.

Comme il l’écrit lui-même dans un des poèmes de cet ouvrage intitulé Poèmes d’amour, Tome I, Miguel Hernández vint au monde avec trois blessures : la vie, l’amour et la mort. Malgré les tourments de l’existence, les liens de l’amour sont restés de loin les plus forts. Dans son ensemble, sa poésie est axée sur le thème de l’amour : amour pour la nature de son enfance, la femme, la sienne en particulier, et le fils. C’est également une œuvre engagée abordant le thème incontournable de la guerre. Ses recueils de poésie Perito en Lunas (1934), El rayo que no cesa (1936), Vientos del pueblo me llevan (1937), El hombre acecha (1938-1939) et Cancionero y Romancero de las ausencias (1938-1942) en sont le témoignage évident. Les convictions républicaines de l’auteur le conduisirent pendant la Guerre civile espagnole dans des prisons successives où il fut torturé. Il décédera prématurément à l’âge de 32 ans dans une prison franquiste.

Cet ouvrage bilingue rassemble donc bon nombre de ses poèmes dont le fil conducteur est l’amour. Ces vers sont le témoignage d’un cœur droit, sensible, fidèle à ses convictions. Le poète assumera les coups assénés dans son enfance par son père pour qu’il cesse de lire, l’arrêt prématuré de ses études, la mort de son premier fils, la distance de la femme aimée, la torture et les longs mois de réclusion dans des prisons successives lors de la Guerre civile espagnole.

Francisco de Quevedo, affirmait à juste titre que l’amour perdure au-delà de la mort. Il en va de même pour la poésie de Miguel Hernández qui ne cesse d’être appréciée et étudiée depuis des décennies.

 

Un extrait du poème « Dialogue entre Pedro et Ana »

[…]

                            Parce que je t’aime, je prends

                            le chemin du combat

                            pour que tes enfants

                            et les enfants des femmes

                            de tes fils connaissent

                            une vie moins rude,

                            moins injuste, plus vraie

                            que celle qu’en héritage maudit

                            ont reçu nos mains travailleuses.

 

Ce recueil bilingue paraîtra mi-juillet dans la Collection Bilingue aux Éditions Cap de l’Étang.

La traductrice Monique-Marie Ihry a été récompensée par des prix prestigieux de littérature, dont ‒ pour ne citer que les plus récents ‒ le prix Jean Bonicel 2020 (Arcadia Béziers), le prix Jean Cocteau 2020 de la Société des Poètes français dont elle est membre, le prix de traduction François Victor Hugo 2020 de la Société des Poètes français pour sa traduction de Langueur de la poète argentine Alfonsina STORNI avec un rappel de ce même prix en 2021 pour sa traduction de Inquiétudes sentimentales la poète chilienne Teresa WILMS MONTT. Elle est aussi lauréate du Prix Paul Verlaine 2021.

Extrait XXIX du recueil  » Inquiétudes sentimentales  » (1917) de la poète chilienne Teresa WILMS MONTT traduit en français

Posté : 7 février, 2021 @ 4:11 dans Poemas en español, Poèmes en français, Traduction | Pas de commentaires »

COUVERTURE INQUIETUDES SENTIMENTALES 1ere 23 juillet TERESA W M

Extrait XXIX du recueil de prose poétique Inquiétudes sentimentales (1917) de la poète chilienne Teresa Wilms Montt (1893-1921) traduit en français et présenté par Monique-Marie Ihry, Collection Bilingue n° 9, Cap de l’Étang Éditions, 2020.

 

La poète, en l’occurrence une mère à qui on a arbitrairement retiré la garde de ses deux petites filles, se souvient…

XXIX

J’ouvre le rideau du passé et je me souviens… Elle est malade ; elle a de la fièvre et délire.

Sa petite main brûlante abandonnée sur la mienne a le doux abandon d’un oiseau dans son nid.

Le petit corps endolori tremble comme une feuille au vent.

Elle ne désire rien. Ses yeux bleus, comme deux miracles du ciel, regardent dans le vague, dans l’oubli du monde extérieur ; ils sont peut-être dans le lit des zéphyrs où ils virent le jour.

J’ai déployé sur son petit lit toute ma tendresse, qui l’a enveloppée avec la douceur d’un sanglot.

Maintenant, elle me regarde et son regard de rêve a la clarté céleste de l’émotion.

Ces yeux puissants élèvent mon âme, depuis l’abîme de leur amertume jusqu’à l’orée de la vie ; de cette vie dont je ne veux, de cette vie que je méprise.

« Je suis là, me disent-ils, vis pour moi ».

Je n’ai pas écouté ce sublime appel et j’ai perdu pour toujours ces yeux apaisant mon âme, comme le pansement atténue la douleur de la plaie.

La vie s’écoule, ma vie tronquée de pantin mendiant d’amour ; et elle, la divine créature, arrachée à mes bras par la griffe féroce du destin, ignore ma douleur.

Elle aussi souffre sans le savoir, parce que le deuil fait du plus grand amour une ombre invisible et glacée dans son cœur.

Deux mots, les plus grands qu’ait créés le langage, pourraient nous unir, mais personne ne les prononcera parce que l’indifférence a rendu les cœurs muets. Elle et moi, séparées par le monde et unies dans l’amour divin de l’âme, nous mourrons dans l’attente d’une miséricorde.

* * *

Descorro la cortina del pasado y recuerdo…. Está enferma; está con fiebre y delira.

Su manito ardiente, abandonada sobre la mía, tiene la dulce confianza de un pájaro en su nido.

El cuerpecito dolorido sufre los temblores de una hoja al viento.

Nada quiere. Sus ojos azules, como dos milagros del cielo, miran lejos, olvidados del mundo exterior; están tal vez en el lecho de los zafiros, lugar donde nacieron.

He desparramado sobre su camita, todas mis ternuras, que la han cubierto con una tibieza de sollozo.

Ahora me mira, y su mirada de ensueño tiene la claridad celeste de la emoción.

Esos ojos poderosos elevan mi alma, desde el fondo de su amargura a la superficie de la vida; de la vida que no quiero, de la vida que desprecio.

« Aquí estoy, me dicen; vive para mí ».

No escuché esa sublime exhortación, y perdí para siempre esos ojos que suavizaban mi alma, como el vendaje amortigua el ardor de la llaga.

Pasa la vida, mi vida trunca de fantoche pordiosero de amor; y ella, la criatura divina, arrancada de mis brazos por la garra feroz del destino, ignora mi dolor.

Ella también sufre sin saberlo, porque el duelo hace del más grande amor una sombra invisible y helada en su corazón.

Dos palabras, las más enormes que ha creado el lenguaje, podrían unirnos; pero nadie las pronunciará porque la indiferencia ha enmudecido los corazones. Ella y yo, separadas por el mundo y unidas por el sublime amor del alma, moriremos aguardando piedad.

 

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