Dans le Jardin des mots

Archive pour la catégorie 'Poèmes en français'

Ad vitam

Posté : 3 août, 2020 @ 12:46 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

copla 60  60

Ad vitam

 

Il paraissait las, soucieux.

Rien ne semblait en mesure de tempérer

les pensées séquestrant son sourire quotidien.

L’amour était emmuré dans son cœur

soumis au martyre d’une réflexion délétère.

Le souvenir le tenait prisonnier,

lui faisant revivre l’horreur

et rien, ni mes attentions ni mes mots

ne pouvaient l’extraire de sa douleur

cadenassée par les chaînes d’une rancœur

nourrissant longuement les divers maux

de l’âme.

Les coups, les injures, l’abominable,

fendaient encore de grands sillons son front.

Sa mémoire y avait un jour semé

les germes féconds d’une souffrance

tenace, indélébile, meurtrière,

qu’un ressentiment rebelle à la délivrance

semblait préserver ad vitam.

 

© Monique-Marie Ihry — 24 juillet 2020 —

(toile de l’auteure : « Pareja I » (2015) -  huile sur lin 60 x 60 cm -)

 

 

L’après-midi

Posté : 28 juillet, 2020 @ 2:26 dans Poèmes en français | Pas de commentaires »

CANAL DU MIDI XIII 41 X 33

L’après-midi      

 

 

Une barque s’abandonne

au doux balancement des flots.

L’après-midi somnole,

tout se tait.

Le silence est d’or et de brise légère.

Tout semble bénit, éternel.

Les libellules exécutent un ballet irisé

sur la robe ambrée de l’onde.

Se mirant dans le reflet de l’eau,

elles font une révérence et puis s’en vont,

dessinant au-dessus de la rivière

d’harmonieuses courbes éthérées.

C’est dimanche et c’est repos.

La barque esquisse une révérence

sur l’onde mordorée,

somnole et s’abandonne

au paisible balancement des flots

et, sur la rive encore ensommeillée,

des iris jaunes l’un contre l’autre serrés

se mirent dans le reflet de l’eau

assoupie, semble-t-il, pour l’éternité…

 

 

© Monique-Marie Ihry  - 13 juillet 2020 -

(toile de l’auteure : Canal du Midi XIII (2019) – huile sur toile 41 x 33 cm -

 

Sous X (Chanson)

Posté : 17 juillet, 2020 @ 7:23 dans Chanson, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Adieu  48 56 cm mm ihry

Sous X   (Chanson)

*

Ne pas savoir où aller,

ne plus savoir qui l’on est,

parce qu’on est né par hasard

un soir sur le quai de l’oubli.

Ne plus savoir où se rendre,

parce qu’on n’est né de personne

et lorsque minuit résonne,

se dire qu’on a survécu

un jour de plus à l’agonie…

*

La question étant de savoir

pourquoi l’on s’entête à survivre chaque jour,

funambule sur le fil de l’existence,

dans le vertige permanent d’un espérance

ne venant jamais apaiser la souffrance

d’être né un jour par hasard

sur le quai de l’ignominie,

un soir où personne ne désirait

votre venue…

*

Ne plus savoir où aller,

ne pas savoir qui l’on est,

né par hasard, à deux pas d’une gare,

sur un quai, sur un trottoir,

un soir par hasard,

et aussi vite délaissé… !

*

© Monique-Marie Ihry   - 14 juillet 2020 -

(toile de l’auteure intitulée  » Adieu  » (2015) – huile sur lin 55 x 46 cm -)

La ronde des mots

Posté : 30 juin, 2020 @ 11:33 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

La ronde des mots

 

Les mots sont une danse au petit pas léger,

Quelques flocons d’espoir lorsqu’il vient à neiger

Dans le cœur en frimas d’un langoureux vertige,

Des mots pour oublier le vide d’un vestige.

 

Alors semons des mots tels des grains, des cailloux,

Des petits et des longs et puis de grands filous,

Des mots faits de velours que doucement l’on brode

Ou bien des vers en fête écrits avec méthode,

 

Des mots comme les flots sur l’océan rêveur,

Des phrases loin des maux contées avec ferveur,

Des vers qui lentement composent une pavane

Au gré de songes doux à l’ombre d’un platane.

 

Dans la ronde des mots que la lyre offre au soir

Il y a ces vers bleus exempts de désespoir,

Ceux que j’écris pour toi sur l’horizon poète

Et que dansent les fleurs dans la campagne en fête.

 

 

  © Monique-Marie Ihry

Texte déposé, reproduction interdite

Joli mois de mai

Posté : 1 mai, 2020 @ 1:59 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

paradisdesrosesblanches.jpg

Joli mois de mai

Me croiriez-vous si je vous disais rêver
de vous voir sur le pas de ma porte arriver
le regard ébloui d’un bouquet de muguet
venant ainsi sacrer cet heureux mois de mai,
si je vous disais que depuis des lustres j’aime
ce beau sourire empreint d’une bonté extrême ?

Tendez-moi ce bouquet de joli mois de mai
je m’ouvrirai à son parfum comme il vous sied.
Mille baisers d’espoir je vous adresse en vers,
mille vers énamourés je compose ce soir,
hommage à ce regard dans lesquels je me perds…

 

©  Monique-Marie Ihry  -  1er mai 2015 –

Extrait d’un recueil de poésie de l’auteure

 

Au jour le jour…

Posté : 8 mars, 2020 @ 5:53 dans féminisme, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Au jour le jour

 

Il est mort hier

sans avoir confessé

son manque de respect,

sa violence,

ses injures,

sans avoir imploré,

ne serait-ce qu’une seule fois

son pardon.

Dieu quant à lui

ne lui pardonnera pas

ses crimes,

il ne le peut !

L’homme aux poings d’acier

part donc pour l’Enfer

rejoindre Satan et ses disciples.

 

Adieu bourreau !

 

Elle s’interdit toute émotion,

mais la rage la prend.

À nouveau elle se souvient.

On n’oublie pas les outrages,

on espère cicatriser un jour,

tourner la page,

on quémande un instant de paix

sur le long chemin escarpé

de la douleur.

On trébuche souvent,

on pleure, on se relève,

on croit mourir,

mais l’on survit

au jour le jour

et l’on n’oublie

 

JAMAIS !

 

© Monique-Marie Ihry    – 21 janvier 2016 -

(Extrait de mon recueil  » Telle la feuille au vent d’hiver, Coll. Plume d’ivoire n° 2, Cap de l’Étang Éditions, 2017)

 » Il se pourrait… / Bien pudiera ser… « , poème de la poète féministe Alfonsina STORNI (1919)

Posté : 8 mars, 2020 @ 10:18 dans féminisme, Poemas en español, Poèmes en français, Traduction | 2 commentaires »

Adieu  48 56 cm mm ihry

8 mars, en cet unique jour annuel consacré au respect du droit des femmes en tant qu’être humain à part entière, je vous propose ce poème que j’ai traduit en français dans un ouvrage à paraître, poème de la poète féministe Argentine Alfonsina STORNI issu de son recueil « Irrémédiablement » paru en 1919. Le thème ? la condition féminine dans une société régie depuis toujours par le patriarcat.

 

IL SE POURRAIT… 

 

Il se pourrait que tout ce dont j’ai hérité

Ne soit rien d’autre que ce qui n’a jamais pu exister,

Ne soit rien d’autre que quelque chose d’interdit et de réprimé

De famille en famille, de femme en femme.

 

On dit que dans ma famille, mesuré

Était tout ce qui devait être fait…

On dit que les femmes du côté maternel

Ont été silencieuses… Ah, il se pourrait que cela soit vrai…

 

Il est arrivé à ma mère d’avoir le caprice

De vouloir se libérer, mais une profonde amertume

Montait dans son regard et, dans l’ombre, elle pleurait.

 

Et tout ce qui la blessait, la contraignait, la mutilait,

Tout ce qui, dans son âme enfermé se trouvait,

Je pense, sans le vouloir, l’avoir libéré.

 

BIEN PUDIERA SER…

 

Pudiera ser que todo lo que aquí he recogido

No fuera más que aquello que nunca pudo ser,

No fuera más que algo vedado y reprimido

De familia en familia, de mujer en mujer.

 

Dicen que en los solares de mi gente, medido

Estaba todo aquello que se debía hacer…

Dicen que silenciosas las mujeres han sido

De mi casa materna… Ah, bien pudiera ser…

 

A veces en mi madre apuntaron antojos

De liberarse, pero, se le subió a los ojos

Una honda amargura, y en la sombra lloró.

 

Y todo eso mordiente, vencido, mutilado,

Todo eso que se hallaba en su alma encerrado,

Pienso que sin quererlo lo he libertado yo.

 

*  *  *  *  *  *  *

(Toile de l’auteure intitulée « Adieu » huile sur toile 55 x 46 cm / Óleo sobre tela )

TÚ ME QUIERES BLANCA / TU ME DÉSIRES IMMACULÉE

Posté : 25 février, 2020 @ 4:44 dans féminisme, Poemas en español, poèmes d'amour, Poèmes en français, Traduction | Pas de commentaires »

alfonsina collier gris

Voici un extrait d’un recueil à paraître prochainement. Il s’agit ici du poème « TÚ ME QUIERES BLANCA / TU ME DÉSIRES IMMACULÉE » de la poète argentine Alfonsina STORNI, extrait de l’ouvrage  » Le doux mal  » publié en 1918. C’est un poème très connu mettant en avant une revendication féministe bien légitime.

TÚ ME QUIERES BLANCA / TU ME DÉSIRES IMMACULÉ

 

Alfonsina STORNI, Le doux mal (1918), traduction de Monique-Marie IHRY

(Extrait du recueil de poésie El dulce daňo/ Le doux mal à paraître courant mars 2020 aux Éditions Cap de l’Étang dans une collection bilingue)

 

TU ME DÉSIRES IMMACULÉE

 

 

Tu me désires telle l’aube,

Tu me désires d’écumes,

Tu me désires de nacre.

Tu veux que je sois un lys

Et surtout, chaste.

Avec un parfum délicat,

Une corolle close.

 

Qu’aucun rayon de lune

Ne m’ait caressée.

Qu’aucune marguerite

Ne se dise mon égale.

Tu me désires comme la neige,

Tu me désires immaculée,

Tu me désires comme l’aube.

 

Toi qui as eu tous

Les calices à portée de main,

Les lèvres violettes

De fruits et de miels.

Toi qui, au festin,

Étais couvert de feuilles de vigne,

Tu as compromis ton corps

En festoyant avec Bacchus.

Toi qui dans les jardins

Noirs du Mensonge,

Vêtu de rouge,

Tu t’es précipité vers ta Ruine.

Toi dont le corps

Reste intact

Par je ne sais encore

Quel miracle,

Tu me veux immaculée

(Que Dieu te le pardonne)

Tu me veux chaste

(Que Dieu te le pardonne)

Tu me veux comme l’aube !

 

Enfuis-toi vers les bois ;

Pars à la montagne ;

Lave-toi la bouche ;

Vis dans des cabanes ;

Touche avec tes mains

La terre mouillée ;

Alimente ton corps

Avec la racine amère ;

Bois l’eau des roches ;

Dors sur le givre ;

Lave tes vêtements

Avec du salpêtre et de l’eau :

Parle aux oiseaux

Et lève-toi à l’aube.

 

Et quand tes chairs

Seront revenues normales,

Et quand tu auras penché

Sur elles ton âme

Qui, dans les alcôves

S’est retrouvée enchevêtrée,

Alors, bonhomme,

Tu pourras exiger que je sois immaculée,

Tu pourras exiger que je sois comme la neige,

Tu pourras exiger que je sois chaste.

 

*  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *

 

TÚ ME QUIERES BLANCA

 

Tú me quieres alba,

Me quieres de espumas,

Me quieres de nácar.

Que sea azucena

Sobre todas, casta.

De perfume tenue.

Corola cerrada.

 

Ni un rayo de luna

Filtrado me haya.

Ni una margarita

Se diga mi hermana.

Tú me quieres nívea,

Tú me quieres blanca,

Tú me quieres alba.

 

Tú que hubiste todas

Las copas a mano,

De frutos y mieles

Los labios morados.

Tú que en el banquete

Cubierto de pámpanos

Dejaste las carnes

Festejando a Baco.

Tú que en los jardines

Negros del Engaño

Vestido de rojo

Corriste al Estrago.

Tú que el esqueleto

Conservas intacto

No sé todavía

Por cuáles milagros,

Me pretendes blanca

(Dios te lo perdone)

Me pretendes casta

(Dios te lo perdone)

Me pretendes alba!

 

Huye hacia los bosques;

Vete a la montaña;

Límpiate la boca;

Vive en las cabañas;

Toca con las manos

La tierra mojada;

Alimenta el cuerpo

Con raíz amarga;

Bebe de las rocas;

Duerme sobre escarcha;

Renueva tejidos

Con salitre y agua;

Habla con los pájaros

Y lévate al alba.

 

Y cuando las carnes

Te sean tornadas,

Y cuando hayas puesto

En ellas el alma

Que por las alcobas

Se quedó enredada,

Entonces, buen hombre,

Preténdeme blanca,

Preténdeme nívea,

Preténdeme casta.

 

 

Cuando tú ya no estés / Lorsque tu ne seras plus (ANFORA NOVA)

Posté : 20 janvier, 2020 @ 7:35 dans Poemas en español, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Florero primaveral M.M. IHRY 65 81

Florero primaveral -Oleo sobre lino 81 x 65 cm-

Cuando tú ya no estés

 

Hace algunos meses apenas, yo osaba abrigar este pensamiento:

«Cuando tú ya no estés, los árboles del parque continuarán creciendo y nuestras rosas perfumarán aún los senderos del jardín. Yo me encontraré a veces llorando en la sala oscura de un cine, pensando en los proyectos queridos que no tuvimos tiempo de realizar ayer, en estas obras que ya no podremos admirar juntos, en nuestros niños que verán el día bajo la luz febril de mi alegría recuperada.

Cuando tú ya no estés, los árboles del parque sin embargo terminarán muriendo en noviembre, el otoño se revestirá de ámbar y de crepúsculo, y el manto del invierno enterrará el vestido blanco de rosas de la aurora.

Un día, paralizada de cansancio, abandonaré la página infinita de mi soledad y partiré para encontrarme contigo en una bella mañana de luna, cuando el horizonte congelado por el hielo alcance el cielo, un día de invierno cuando las farolas de nuestra calle ya no puedan iluminar mi memoria dolorida, un día donde, como los árboles de nuestro parque, yo haya dejado de creer que, en la oscuridad del recuerdo, aún me es posible intentar sobrevivir sin ti».

Llegó para mí el momento de dejar el otoño de mi vida para quedarme en el infinito de tu corazón…

 

©  Monique-Marie IHRY, poetisa francesa

 

“Cuando tú ya no estés”, una oda al amor y a la naturaleza, cuando el otoño del alma nos ofrece el misterio de su belleza magistral, cuando el pincel de un pintor, ávido de belleza, percibe en la armonía de un reflejo aterciopelado el misterio divino ante el cual se resigna…

para la revista literaria Ánfora Nova y la celebración de sus treinta años.

(poema traducido al espaňol por la poeta y critica literaria Ana Herrera)

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

Lorsque tu ne seras plus

Il y a quelques mois à peine, j’osais caresser cette pensée :

« Lorsque tu ne seras plus, les arbres du parc continueront à croître et nos roses embaumeront encore les allées du jardin. Je me retrouverai parfois à pleurer dans la salle obscure d’un cinéma, songeant aux projets chers que nous n’avons pas eu le temps de réaliser hier, à ces œuvres que nous ne pourrons plus admirer ensemble, à nos petits enfants qui verront le jour sous la lueur fébrile de ma joie recouvrée.

Lorsque tu ne seras plus, les arbres du parc finiront cependant par mourir en novembre, l’automne se revêtira d’ambre et de crépuscule, et le linceul de l’hiver ensevelira la robe blanche des roses de l’aurore.

Un jour, paralysée de lassitude, j’abandonnerai la page infinie de ma solitude et partirai te rejoindre par un beau matin de lune, quand l’horizon par la glace figé rejoint le ciel, un jour d’hiver où les réverbères de notre rue ne parviendront plus à éclairer ma mémoire endolorie, un jour où, tout comme les arbres de notre parc, j’aurai cessé de croire que, dans l’obscur du souvenir, il m’est encore possible de tenter de survivre sans toi ».

Le temps est venu pour moi de quitter l’automne de ma vie pour rejoindre l’infini de ton cœur…

 

© Monique-Marie Ihry

Ce poème fait partie du recueil de poésie « La dernière pavane » traduit en espagnol par Ana Herrera

La version espagnole se trouve dans la revue  » Literatura y compromiso  » éditée par l’éditeur ÁNFORA NOVA dirigée par José María Molina Caballero pour la célébration de ses trente ans d’existence. Une cérémonie en cet honneur a eu lieu le 18 janvier 2020 à la Chambre des députés de Courdoue en Espagne (Palacio de la Merced) où j’ai été conviée pour l’occasion.

 

(more…)

Chimères

Posté : 12 janvier, 2020 @ 8:42 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

QUIZAS 46 X 38

Chimères 

 

J’ai cherché dans le vin des plaisirs capiteux

comme pour oublier des souvenirs houleux.

Je me suis étourdie aux baisers des aurores,

ai succombé aux feux sur l’autel du remords,

me suis lovée menue dans des bras musculeux

telle une louve au seuil de l’antre crapuleux,

m’abandonnant entière aux hasards des transports

conférés par l’alcool, ses viles métaphores.

 

Sur les quais vaporeux des senteurs éthyliques,

l’ivresse d’une voix aux parfums de bohème

surgit du fond de l’ombre en frôlant le blasphème.

La bouteille était vide et mes sens en éveil,

il me fallait encore embrasser Machiavel

pour me perdre à nouveau à ses flancs faméliques !

 

© Monique-Marie Ihry – 23 septembre 2019 -

(toile de l’auteure,

poème extrait du recueil de poésie  » IVRESSES « , Cap de l’Étang Éditions, 2020)

 

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