Dans le Jardin des mots

Archive pour la catégorie 'Poèmes en français'

La dernière pavane / El último baile

Posté : 19 novembre, 2019 @ 4:55 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poemas en español, Poèmes en français, Prose poétique | Pas de commentaires »

La dernière pavane

 

La valse des jours exécutait son ballet ultime, comme les feuilles des platanes dansant une dernière pavane sur les allées glissantes du grand parc de novembre. Les branches étiraient leurs membres frileux dans la brume installée.

Les écureuils avaient déserté les branches. Les oiseaux se terraient, cachés sous une rare feuille opportune attendant le vain évènement d’une aurore, et les jours sans amour dans leur costume funèbre défilaient ensemble avec lenteur, comme des nuages en procession dans le cortège des ténèbres d’un cœur à l’abandon.

 

(Poème extrait du recueil de prose poétique du même nom traduit à la suite en espagnol par Ana Herrera)

 

 COUVERTURE 1ere LA DERNIERE PAVANE

El último baile  

 

El vals de los días ejecutaba su último ballet, como las hojas de los plataneros danzaban un último baile en los caminos resbaladizos del gran parque de noviembre. Las ramas estiraban sus miembros friolentos en la bruma emergente instalada.

Las ardillas habían abandonado las ramas. Los pájaros se escondían, ocultos bajo una extraña hoja oportuna, esperando el vano acontecimiento de una aurora, y los días sin amor, en su traje fúnebre, desfilaban juntos con lentitud, como las nubes en procesión en el cortejo de las tinieblas de un corazón abandonado.

 

* * * * * * *

 

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Anniversaire

Posté : 1 novembre, 2019 @ 2:40 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

baisercinma.jpg

Anniversaire   

 

 Je te rencontrai il y a dix ans

sous la pluie battante d’une rue déserte.

Un parapluie pour deux nous réunit alors,

nous faisant oublier les caprices du temps,

son inhospitalité.

Dix ans aujourd’hui que tu n’es plus,

et dans ma main ce parapluie, jadis pour deux,

que je tiens seule

dans cette rue désertée

qui vit autrefois notre éclore amour.

 

La pluie tombe encore

sur les pavés glissants d’hier,

comme larme ma peine

sur mes joues solitaires.

Et tombe la pluie,

pluie incessante sur mon cœur

aussi enamouré que naguère…    

 

© Monique-Marie Ihry  – 17 septembre 2019 -

(Extrait d’un recueil de poésie à paraître très prochainement)

 

Ma sœur, poème d’Alfonsina Storni traduit en français par Monique-Marie Ihry

Posté : 23 octobre, 2019 @ 6:59 dans Poemas en español, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Couverture Langueur STORNI IHRY Occitanie L et L

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MA SŒUR  

 

Il est dix heures du soir ; dans la chambre obscure

Ma sœur est endormie, ses mains sur la poitrine ;

Son visage est très pâle et sa couche très blanche.

Comme si elle le comprenait, la lumière n’éclaire presque pas.

 

Elle s’enfonce dans le lit comme le font les fruits

Roses, dans un profond matelas d’herbe tendre.

L’air entre dans sa poitrine et la soulève chastement

Avec un rythme mesurant les minutes éphémères.

 

Je la borde doucement avec les couvertures banches

Et je protège du vent ses deux mains divines ;

Sur la pointe des pieds je ferme toutes les portes,

J’entrebâille les volets et tire les rideaux.

 

Il y a beaucoup de bruit dehors, tant de bruit étouffe.

Les hommes se querellent, les femmes murmurent,

Montent des paroles de haine, les cris de marchands :

Vous les voix, arrêtez-vous. Ne venez pas jusqu’à son nid.

 

Ma sœur, tel un ver habile, est en train de tisser

Son cocon de soie : son cocon est un rêve.

Avec un fil d’or elle tisse le flocon soyeux :

Sa vie est un printemps. Moi, je suis déjà l’été.

 

Elle n’a que quinze automnes derrière elle,

Et c’est pour cela que ses yeux sont aussi limpides et clairs ;

Elle croit que les cigognes descendent depuis des pays étranges,

Avec des enfants blonds aux petits pieds rouges.

 

Qui désire entrer maintenant ? Oh, c’est toi le bon vent ?

Tu veux la regarder ? Entre. Mais avant, sur mon front

Réchauffe-toi un instant ; ne vas pas tout à coup

Refroidir le doux rêve que je devine sur le sien.

 

Comme toi, ils aimeraient bien entrer et se mettre

À regarder cette blancheur, ces joues pimpantes,

Ces petites oreilles, ces traits fins.

Tu les verrais, toi le vent, pleurer et se mettre à genoux.

 

Ah, si vous l’aimez un jour, soyez bons, parce qu’elle fuit

La lumière qui la blesse. Mesurez vos paroles.

Et vos intentions. Son âme se modèle comme la cire,

Mais comme la cire un frôlement la détruit.

 

Faites comme cette étoile qui, la nuit, la regarde

En filtrant son regard à travers un voile cristallin :

Cette étoile lui effleure les cils et tourne,

Pour ne pas la réveiller, silencieusement dans le ciel.

 

Volez, s’il vous est possible, dans son verger enneigé :

Pitié pour son âme ! Elle est immaculée.

Pitié pour son âme ! Moi je sais tout, il est vrai.

Mais elle, elle est comme le ciel : elle ne sait rien.

 

Alfonsina STORNI

Traduction en français de Monique-Marie Ihry

Extrait du recueil de poésie de la poète argentine Alfonsina Storni Langueur/ Languidez paru en 1920, ouvrage ayant remporté le 2ème prix de National de Littérature en Argentine.

En vente sur amazon.fr

 

* * * * * * *

 

MI HERMANA

 

Son las diez de la noche; en el cuarto en penumbra
Mi hermana está dormida, las manos sobre el pecho;
Es muy blanca su cara y es muy blanco su lecho.
Como si comprendiera la luz casi no alumbra.

En el lecho se hunde a modo de los frutos
Rosados, en el hondo colchón de suave pasto.
Entra el aire a su pecho y levántalo casto
Con su ritmo midiendo los fugaces minutos.

La arropo dulcemente con las blancas cubiertas 
Y protejo del aire sus dos manos divinas;
Caminando en puntillas cierro todas las puertas,
Entorno los postigos y corro las cortinas.

Hay mucho ruido afuera, ahoga tanto ruido.
Los hombres se querellan, murmuran las mujeres,
Suben palabras de odio, gritos de mercaderes:
Oh, voces, deteneos. No entréis hasta su nido.

Mi hermana está tejiendo como un hábil gusano
Su capullo de seda: su capullo es un sueño.
Ella con hilo de oro teje el copo sedeño:
Primavera es su vida. Yo ya soy el verano.

Cuenta sólo con quince octubres en los ojos,
Y por eso los ojos son tan limpios y claros;
Cree que las cigüeñas, desde países raros,
Bajan con rubios niños de piececitos rojos.

¿Quién quiere entrar ahora? Oh ¿eres tú, buen viento?
¿Quieres mirarla? Pasa. Pero antes, en mi frente
Entíbiate un instante; no vayas de repente
A enfriar el manso sueño que en la suya presiento.

Como tú, bien quiseran entrar ellos y estarse
Mirando esa blancura, esas pulcras mejillas,
Esas finas ojeras, esas líneas sencillas.
Tú los verías, viento, llorar y arrodillarse.

Ah, si la amáis un día sed buenos, porque huye
De la luz si la hiere. Cuidad vuestra palabra.
Y la intención. Su alma, como cera se labra,
Pero como a la cera el roce la destruye.

Haced como esa estrella que de noche la mira
Filtrando el ojo por un cristalino velo:
Esa estrella le roza las pestañas y gira,
Para no despertarla, silenciosa en el cielo.

Volad si os es posible por su nevado huerto:
¡Piedad para su alma! Ella es inmaculada.
¡Piedad para su alma! Yo lo sé todo, es cierto.
Pero ella es como el cielo: ella no sabe nada.

Alfonsina Storni (“Languidez”)

La colère des cieux

Posté : 9 octobre, 2019 @ 8:15 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

soledad I 27  35 

 

Les nuages,

ces fantômes sans couronne

aux formes irréelles,

peuplant le ciel d’octobre

de tristesse et d’opprobre,

 

les nuages,

ce soir, copulent sans vergogne

avec l’horizon de la mer.

Ils se mêlent aux vagues brunes

salivant leur écume,

bavant leur rancœur amère

sur les rouleaux ivres

dont l’ire déborde,

emporte les voiles malmenées

vers des rivages inconnus.

 

Les nuages en cohortes,

grisés, dominés

par leur rage tourmentée,

reflétant du ciel l’injuste colère,

déclencheront bientôt

le feu de leurs canons aveugles

sur les frêles embarcations 

démâtées,

jetées en pâture

à l’obscure besogne des cieux,

 

les cieux,

ce soir, gouvernés

par la rage inassouvie

de Lucifer.

 

 

© Monique-Marie IHRY  – 23 septembre 2019 -

Extrait d’un recueil de poésie de l’auteure

Toile de l’auteure (« Soledad I » 27 x 35 cm , huile sur lin)

 

Un matin d’août

Posté : 31 août, 2019 @ 3:34 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

au chant de l'automne V 60 x 40 cm

 

Bientôt viendra l’automne

déposer sur les arbres sa blondeur

et déposséder peu à peu les branches

de leurs feuilles endimanchées.

Bientôt viendra mon cœur

poussé par le vent de septembre

à s’immoler au chant monotone

du mystère de la nuit,

cette nuit qui terre les âmes esseulées

dans son antre de douleur

afin qu’elles hibernent

dans l’ivresse d’une longue

mélancolie.

 

Bientôt, sous les branches du tremble

dénudées du parc des ténèbres,

je viendrai retrouver mon amour

parti un matin d’août rejoindre la nuit,

celle d’où l’on ne revient en fait

jamais.

 

© Monique-Marie Ihry  -  31 août 2019 -

(toile de l’auteure)

Roses sans épines / Rosas sin espinas

Posté : 15 juin, 2019 @ 8:08 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poemas en español, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Roses sans épines

Elle voulait seulement atteindre ce balcon de l’univers

où l’air revêt l’arôme des roses sans épines.

On lui a dit que la porte était fermée.

Elle a gravi une à une les marches,

son reflet affiché dans le miroir de toutes ses lunes.

Fort heureusement elle avait une clef

magique oxydant tous les mensonges.

 

LORSQUE POINT L AURORE ANA

 

 

Rosas sin espinas

 

Solo quería llegar a ese balcón del universo

donde el aire huele a rosas sin espinas.

Le dijeron que la puerta estaba cerrada.

Subió los peldaños de uno en uno,

retratada en el espejo de todas sus lunas.

Afortunadamente llevaba una llave

de ilusiones que oxidaba todas las mentiras.

 

© Ana HERRERA, extrait du recueil de poésie « Les oiseaux de neige / Pájaros de nieve« , traduction en français de Monique-Marie IHRY, Collection Bilingue n° 3, Cap de L’étang Editions, 2019

Les illustrations sont de Monique-Marie IHRY.

 

COUVERTURE 1ère LES OISEAUX DE NEIGE

La corniche

Posté : 13 juin, 2019 @ 6:43 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Paris 35 

 

Les siècles avaient déposé

leurs rochers dans la mer de Sète

et les vagues allaient et venaient en fracas

frotter leur écume blanche

sur la pierre usée à force de résister

à l’affront perpétuel.

Le ciel semblait bénir l’entêtement des flots

et l’onde continuait son va-et-vient

exécutant sa danse sonore

sur la roche docile et muette.

Quelques mouettes fendaient le ciel,

plongeant de temps à autre dans l’eau

en quête d’un repas,

ignorant le trépas

des pierres millénaires déposées

sur les rives de l’onde,

malmenées par la folle ronde

des vagues, elles-mêmes condamnées

à errer sans espoir de salut

dans cette mer encerclant le monde

prisonnier de son aura.

 

© Monique-Marie Ihry  – 21 août 2018 –

(Illustration : aquarelle de l’auteure)

Tatoue-moi / Márcame, poème d’Ana HERRERA traduit en français par Monique-Marie IHRY

Posté : 9 juin, 2019 @ 10:51 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poemas en español, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

carnet secret 1

Tatoue-moi     

 

Tatoue-moi ton absence avec des semences d’amour

dans le délire désert de mon univers,

sur les feuilles qui tremblent au vent

tout près de ma porte,

sur les années que dessine le temps

sur ma nudité,

sur ma nudité mise à nu pour toujours.

Sur l’image de tes mains oubliées

près de mon chevet,

sur le visage gris de l’aube intolérante.

Tatoue-moi ton absence

dans l’éclat permanent de mon désir

projeté entre mes jambes,

dans chaque cellule oxygénée par mon corps,

pour que je ne puisse jamais,

jamais plus, au cours des siècles à venir,

me dégager de l’aura de ton regard.

 

                    * * * 

Márcame

 

Márcame tu ausencia con semillas de amor

en el delirio hueco de mis aires,

en las hojas que tiemblan con el viento

muy cerca de mi puerta,

en los años que el tiempo balancea

en mi desnudez,

en mi desnudez desnuda para siempre.

En el matiz de tus manos olvidadas

junto a la cabecera de mi cama,

en el semblante gris de la mañana intolerante.

Márcame tu ausencia

en el fulgor intacto del deseo

que se extiende entre mis piernas,

en cada célula que mi cuerpo oxigena,

para que no pueda nunca,

nunca jamás, en el tropel de los siglos, 

desprenderme del aura en tu mirada.

 

(- Poème extrait du recueil illustré d’Ana HERRERA Les oiseaux de neige / Pájaros de nieve, traduit en français par Monique-Marie IHRY, Collection Bilingue n° 3, Cap de l’Étang Editions 2019, en vente sur amazon.fr et amazon.es

- Les illustrations de ce recueil sont de Monique-Marie IHRY)

 

COUVERTURE 1ère LES OISEAUX DE NEIGE

 

CRITIQUE LITTÉRAIRE : « La dernière pavane » / « El útimo baile » par Ana Herrera

Posté : 28 mai, 2019 @ 10:53 dans Critique littéraire, Poemas en español, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Crítica literaria de La dernière pavane -El último baile-, de Monique-Marie IHRY

 

El clamor de la naturaleza en un tiempo de amor y muerte

 

“Nuestro amor fue, desgraciadamente, como una flor frágil y efímera en el verde prado de la inocencia”. La dernière pavane.

He tenido la suerte y el inmenso placer de traducir este hermoso libro escrito en lengua francesa, y en cada una de sus páginas he encontrado un universo de colores presente en sus palabras, en sus personificaciones, en sus bellas metáforas y comparaciones, en las sensaciones sinestésicas que nos ofrece la descripción de la naturaleza a través de sus estaciones temporales, en sus sentimientos y emociones, en la pasión que la autora pone al escribir.

Se abre este magnífico poemario en prosa poética, La dernière pavane -El último baile, de Monique-Marie Ihry, con un texto que lleva por título “Aniversario”. Un texto que celebra el nacimiento de un amor y al mismo tiempo llora la muerte de la persona amada. Momentos de felicidad y dolor simbolizados en la calle de una ciudad lorenesa, en un día de lluvia otoñal y al amparo de un paraguas.

Pregunta un dicho popular: ¿Qué pasa cuando se abrazan el amor y la muerte? Nos responde en este caso la voz poética: “Y cae la lluvia, lluvia incesante sobre mi corazón tan enamorado como antes…”.

El Canal del Midi, con sus plataneros y sus viñas, sus flamencos rosas, sus pintores y pescadores de caña, sus barcos silenciosos, sus dorados ramajes, hace honor a un otoño que despliega su belleza y perturba la mirada: “Es la dorada estación en la que la aurora se desviste, cuando el viento susurra al alba dentro de poco desnuda la canción de los amores y cae una hoja”.

El recuerdo de aquel amor de juventud queda unido para siempre al renacimiento de la primavera, mientras que el otoño con sus “arbustos tristes y desnudos” se convierte en la imagen de la ausencia: “El amor, los besos se han callado”. Pero queda ese parque y ese banco donde el yo poético encuentra consuelo: “Me dirijo hacia el parque, me siento en nuestro banco y saboreo estos últimos instantes serenos en tu feliz recuerdo, amor mío”.

Las rosas y las dalias, las hojas, los lirios, los crisantemos, los árboles, las ramas, los tilos, los álamos adormecidos, los pinos marítimos, el roble, las ardillas, los pájaros, el alba, el crepúsculo, los rayos de sol, las nubes, la luna, el mar, el campanario de la iglesia con su toque de muertos, el campo solitario, los caminos, los trigos, el cielo, el viento, la laguna, la bruma, la lluvia, el lodo, los dorados, el gris, el frío,  las lágrimas, los días, las almas, el corazón, los brazos, el baile, la lira, la flauta, el frío, la escarcha, el último suspiro, el último beso, septiembre y noviembre, la nostalgia y la melancolía, la pena, la esperanza y la desesperanza, la soledad, los recuerdos, los poemas, el libro, la contemplación de la belleza, la muerte y el amor…, se convierten en elementos imprescindibles en el juego poético de esta exquisita voz.

Y siempre cuenta, la poeta, un otoño más, un otoño que se lleva “ese tiempo orlado que se fue para siempre”. Los tópicos literarios del “Tempus fugit” y “Ubi sunt” se desgranan entre las líneas magistrales del poemario. Las estaciones pasan, corren, vuelan, pero sigue “la interminable noche en el vacío infinito de la ausencia”.

“Navegaban las aguas tranquilas del canal del Midi” y reluce la sonrisa del recuerdo en el sujeto poético: “Era un domingo contigo, mi amor”.

El broche de oro de estas páginas de luz lo pone un magnífico poema, “Cuando tú ya no estés”, donde la autora, en su pena, recorre los espacios que ya no pisarán juntos, para seguir cantando: “Un día, paralizada de cansancio, abandonaré la página infinita de mi soledad y partiré para encontrarme contigo en una bella mañana de luna”. La muerte, que desencadena la ausencia, se encargará de reunir a los amantes por siempre en una nueva primavera.

Es importante destacar asimismo la magnífica ilustración que Monique-Marie IRHY nos ofrece en la portada, fruto de su creación y de su brillante ingenio como ilustradora y pintora. Una ilustración interior, en blanco y negro, complementa de manera sublime su dominio de la palabra.

Naturaleza, amor y muerte fueron las luces que iluminaron el Romanticismo del XIX. Así lo expresaban poetas y escritores como Bécquer en sus “Rimas” y “Leyendas”, Espronceda en la “Canción del pirata” y el “Canto a Teresa”, el Duque de Rivas en “ Don Álvaro o la fuerza del sino”, Zorrilla y su inmortal “Tenorio”, Rosalía de Castro, Larra, …, citando a los de España, y otros como Rousseau, Madame de Stael,  Chateaubriand, Lamartine, Vigny, Nerval, Gautier, Victor Hugo, Musset, Dumas, Leopardi, Manzoni, Wordsworth, Coleridge, Lord Byron, Shelley, Keats, Walter Scott, Goethe, Schiller, Hölderlin, Novalis, Heine, Blake, Oscar Wild,  Emily Brontë, Jane Austen, Allan Poe, Pushkin, Jorge Isaacs, Esteban Echeverría, José Mármol…,  grandes genios de la literatura del mundo. La literatura universal y atemporal está impregnada de romanticismo, recordemos sí no a Shakespeare, Hartzenbusch o Fernando de Rojas en la declaración sublime de Calisto a Melibea: “Melibeo soy, y a Melibea adoro, y en Melibea creo, y a Melibea amo”.

Naturaleza, amor y muerte impregnan también las páginas de este poemario que nos atrapa en su oscuridad y su esplendor. Mis más sinceras felicitaciones a la autora.

 

Ana Herrera

 COUVERTURE 1ere LA DERNIERE PAVANE

 

 

Dos palabras / Deux mots

Posté : 14 mai, 2019 @ 4:05 dans Poemas en español, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Hundirme en el refugio último del alma

para regresar a la luz de tu mirada,

para regresar a la cuna de tu amor,

y nacer como una flor

al alba de la primavera.

Oír, por fin tu voz suave

diciéndome que soy la Única.

Sentir el deseo sacudirme,

perderme de nuevo en el laberinto de tu deseo,

vibrar de la fiebre encendiendo mi febril corazón,

modelar el tiempo con el untuoso contacto de tu piel,

y,  culebrear tu cuerpo con besos de pluma,

y…

no despertarme nunca,

porque mi blanca cuna de noviazgo hecha bruma

ahora mismo es un lecho de hojas secas,

de rosas agonizantes y pesadillas,

y…  

que los días sin el calor de tu cuerpo de bronce

son lentos, tan lentos como un largo abismo

de dolor.

 

Quiero renacer como la amapola de la primavera

en el alba florida de tu corazón,

al oír esas dos únicas palabras:

 

“¡Te quiero!”

  

© Monique-Marie IHRY – el 10 de mayo de 2019 

ENCRE 29 (3)

Sombrer dans le refuge ultime de l’âme

pour recouvrer les feux de ton regard,

pour rejoindre le berceau de ton amour,

et renaître comme une fleur

à l’aube du printemps.

Percevoir enfin ta douce voix

me disant que je suis l’Unique.

Sentir le désir m’ébranler,

me perdre à nouveau dans le labyrinthe de ton désir,

vibrer de la fièvre animant mon fébrile cœur,

sculpter le temps en frôlant le velours de ta peau,

et, comme un serpent onduler sur ton corps

avec des baisers de plume,

et…

ne jamais ne réveiller,

parce que mon berceau de fiançailles nimbé de brume

n’est plus qu’un lit de feuilles sèches,

de roses à l’agonie et de cauchemars,

et…

que les jours sans la chaleur de ton corps de bronze

demeurent lents, aussi lents qu’un abîme infini

de douleur.

 

Je veux renaître comme le coquelicot du printemps

dans l’aube fleurie de ton cœur,

en entendant ces deux seuls mots :

 

« Je t’aime ! »

© Monique-Marie IHRY – 10 mai 2019 

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