Dans le Jardin des mots

Archive pour la catégorie 'Poèmes en français'

Temps immobile

Posté : 23 mars, 2024 @ 3:17 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

COUVERTURE NUITS DE PORCELAINE 1ere

Temps immobile 

Temps lent,

immobile,

long,

démesuré,

fébrile,

fragile,

incertain…

Temps de l’absence

une fois la romance

évaporée

dans les limbes

d’un regret persistant…

Temps serpent

qui ondule,

mord,

pour un peu recule,

s’immobilise,

prodigue son venin

dans l’absence

d’une promesse…

Liesse évaporée,

joies avortées

dans le souffle du vent…

Temps de ces « je t’aime »

rassurants, non-dits,

bref instant de ce « oui »

esquissé,

de ces « encore »

magnifiés

toujours en suspens

désormais sur le fil

de l’incertitude

et balancés

au gré de l’autan

du tourment…

Immobilité de ce temps

lent,

démesuré,

dans l’infini

d’un regard

fuyant le clair-obscur

du cœur

par l’absence,

malmené…

© Monique-Marie Ihry  – 4 février 2023 –

Extrait de mon recueil de poésie  »Nuits de porcelaine » paru en mars 2023 aux Éditions Cap de l’Étang

Plénitude

Posté : 10 mars, 2024 @ 11:33 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

 

DELICES 5

Plénitude

 

Dans la ville aux paupières closes et bleues

où luit un soleil tempérant l’endroit,

repose un souvenir, tous nos rêves heureux.

De rondes coupoles surplombent les toits

qui dominent eux-mêmes une mer émeraude

où se reflète ‒ azur ‒ le souvenir de toi…

Sereine, l’onde se repose un instant,

l’après-midi courtise avec l’indicible.

Les songes sont doux, le bonheur permanent.

Inondé de soleil, le chat sur la margelle

s’étire, ronronne et s’endort un moment,

rêvant de s’envoler, d’un bond, à tire-d’aile.

© Monique-Marie Ihry   – 1er mars 2012 -

Extrait d’un recueil de poésie de l’auteure

(Encre de Chine de l’auteure intitulée « Délices V »)

Carapace

Posté : 8 mars, 2024 @ 1:31 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, féminisme, Poèmes en français | Pas de commentaires »

AGRESSION 50 50

Carapace 

Je suis en apparence nue

mais cependant vêtue

d’une carapace.

Ce que tu ignores

c’est qu’insister

à la porte de mon sexe

ne te mènera à rien.

Tu t’évertues à prendre ton dû

et je dois

− au nom de ma condition de femme –

me laisser faire sans concession !

Continue à frapper de la sorte,

jamais je ne te donnerai la clef

de mon âme.

Il n’est plus de passion

ni de flamme,

j’ai troqué mon corset

de femme soumise

contre une carapace

que nul et surtout toi

ne pourra jamais plus

ébranler !

©  Monique-Marie Ihry    -  20 juillet 2017  -

(toile de l’auteure intitulée « Agression », (2003) – huile sur toile 50 x 50 cm -

Un verger en fleur

Posté : 13 février, 2024 @ 11:45 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Un verger en fleur

Dans le petit village de Lorraine

à deux pas du village de mes ancêtres,

le verger en fleurs offre à l’aube

la magnificence de sa beauté.

Si le froid ne vient pas

d’ici quelques semaines

déposer sa robe de givre

sur le satin des blanches corolles,

les arbres enfanteront de nouveau

de nombreux fruits.

Un couple de cigognes

semble avoir élu domicile

sur le toit du grand château assoupi…

De gais rossignols enchantent de leurs trilles

le jardin de rosée s’éveillant paisiblement

dans la douceur matinale.

Les roses offriront bientôt

la grâce de leur robe

et la quintessence de leur arôme,

ajoutant à celle de la terre

encore humide du parfum de la nuit,

s’éveillant elle aussi, peu à peu,

dans la sérénité de mai

acquise aux promesses printanières.

 

© Monique-Marie Ihry  – 25 février 2023 -

Le rosier

Posté : 3 février, 2024 @ 9:29 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

vasilmaison.bmp

Le rosier

 

Dans la ville désertée de ses habitants,

les portes entre-ouvertes claquent au vent,

répondant à l’écho de volets malmenés

par les fracas de l’hivernale colère.

La ville a froid ; glacées sont les maisons

désormais sans âmes,

sans flammes au foyer des êtres enfuis

depuis plusieurs mois déjà, partis

rejoindre à pied les frontières de l’inconnu,

portés par la foi en un possible devenir.

N’ayant toujours pas compris

cet abandon sans préavis,

des chats faméliques entrent et sortent

par les portes tremblantes de l’aurore.

Les chiens hurlent leur détresse,

interpellent la mort, longuement.

Dans le petit jardin de la maison vide,

un rosier sans épines continue de fleurir malgré tout

offrant au monde la fragrance délicate

d’une vie que seul un obus pourrait anéantir.

La maison voisine affiche de profondes blessures.

La façade parcourue d’une plaie géante

laisse deviner la misère installée.

Des rossignols ayant élu domicile en ces lieux

viennent et vont, s’affairent pour nourrir leurs petits.

Généreuse, la maison efflanquée,

à défaut d’être habitée, laisse ces âmes pénétrer,

tout comme la vigne s’étant vaillamment épanouie

entre les pierres délabrées d’une petite chambre

abandonnée…

© Monique-Marie Ihry – 29 septembre 2020 –

 (Poème issu de mon recueil Les rimes interdites, hommage à Antonio Machado, Collection Plume d’ivoire n° 15, Cap de l’Étang Éditions, 2021)

COUVERTURE LES RIMES INTERDITES 18 mai 2021-page001 (3)

 

Un sapin

Posté : 19 janvier, 2024 @ 8:42 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

ophélia II  50  70

Un sapin

Sur la petite table du salon,

un sapin de Noël pleurait

les absents, leurs rires

et la joie de cette nuit

d’amour et de pardon

dans la magie de l’illusion…

Ses boules brillaient, étincelaient,

les guirlandes dansaient,

clignotaient,

comme les petites larmes

perlant le regard attristé,

parcourant bientôt

les cernes bleutés

d’un visage fané.

Sur la table de Noël,

s’était invitée l’absence,

auguste présence

au cœur d’un hiver

indéniable…

© Monique-Marie Ihry – 17 décembre 2023 –

(Illustration de l’auteure, Huile sur toile 80 x 40 cm (2013) collection privée)

L’empire de la nuit

Posté : 1 janvier, 2024 @ 3:54 dans Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

PARIS II La mélancolie du cygne

L’empire de la nuit 

 

Le ciel avait décidé de pleurer

sur la ville absente d’amour.

Un vide épousait le néant

dont l’obscur était de mise,

l’extrême d’un rien… d’un tout…

Il pleuvait sur le cœur

du marcheur épuisé, empêché

d’aligner ses pas impuissants

dans le vague des flaques

qui reflétaient la lumière

dégoulinante des réverbères.

La ville imposait son empire

sur les âmes dépouillées,

en attente d’un possible lendemain,

lorsqu’il ne pleurerait plus

dans les cœurs errants

privés d’un toit

au sein d’un vide démocratique

institutionnalisé.

Le ciel larmait toujours.

Ruisselante, l’âme

pâlissait au fur et à mesure

de cette pluie épanchée en abondance

sur les pavés ruisselants,

entre deux coups de tonnerre

vrombissant,

ébranlant le cœur à la dérive.

 

C’était un soir d’hiver,

sous les larmes amères

d’une pluie persistante,

sans armes, face au déluge

de l’amour éconduit,

dans une maison sans toit,

sous une averse diluvienne

dans le désert avéré

d’une vie sans apparent

devenir…

 

© Monique-Marie Ihry  – 1er janvier 2024 –

(aquarelle de l’auteure : »La mélancolie du cygne »)

 

Une plaie de ciel

Posté : 10 novembre, 2023 @ 9:01 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français, Prix de poésie | Pas de commentaires »

1ERE COUVERTURE POUR L ETERNITE

Une plaie de ciel

La guerre se rapprochait de nouveau, l’été repliait son manteau fleuri de sève. L’automne déployait son jupon flamboyant sur le massif en deuil, désolé, larmoyant, dans le ballet d’un soir où la mort dans un ultime et grand sursaut plantait son glaive impitoyable.

C’était la fin d’un temps, une vie qui s’achève, et dans la tombe ouverte à l’automne assaillant, des feuilles défuntes, réunies, sommeillant, gémissaient en silence en plainte sourde et brève. Dans le crépuscule souverain, aux confins de la nuit, une lune voilée offerte aux accents de tristesse entamait un refrain de profonde détresse…

L’été était parti, avec lui, l’amour, la paix, s’étaient enfuis, et dans les cœurs rompus aux refrains d’un vain espoir avortaient les rêves ô combien légitimes, dans le cruel et glacial écho d’une montagne proche, traîtresse, résignée de belle indifférence…

Le ciel s’était tout à coup incendié d’un rouge flamboyant. Sa plaie s’était ensuite agrandie vers l’horizon de l’infini. Ouverte, la nuit se défaisait de son sang qui ruisselait, dévalait sur le jupon déployé de la colline ensommeillée.

Une bruine diffusait des gouttes ensanglantées sur le mont de la peine dans le village du souvenir où les âmes, ensemble, sur le seuil du souffrir, luttaient pour évincer de leur cœur les armes pointées sur le mont de l’horreur, leur imposant l’infâme souvenance des outrages d’une guerre intestine.

Peu à peu, la nuit exsangue de sa plaie s’assoupit dans l’obscur déclinant, peu soucieuse de la douleur imposée aux êtres abandonnés à la blessure magnifiée. L’univers s’endormait, mais demeurait la douleur, comme une vie qui se meurt à petit feu, comme s’étiolent les roses de la vie, tout comme les cœurs orphelins d’une romance qu’un jour de lune pleine on promit à leur ignorance ingénue…

 

© Monique-Marie Ihry

Poème extrait du recueil de prose poétique Pour l’éternité, Prix Jacques Raphaël-Leygues de la Société des Poètes Français 2022, Collection Plume d’ivoire n° 39, Cap de l’Étang Éditions, 2023

Les mots indélébiles…

Posté : 25 septembre, 2023 @ 11:02 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Les mots indélébiles…

 

Il est tant de douleur à vivre loin des siens,

tellement de peine à endurer les agressivités d’hier

qui martèlent longuement, irréversiblement le cœur

à coup de mots forts, tranchants, cruels,

indélébiles !

 

Éloignement,

fossé qui se creuse davantage

à mesure que le silence s’installe

irrémédiablement,

s’allonge et s’étire encore

tant que les mots ne se prononcent pas,

ne se prononcent plus

au-delà des kilomètres

et de ce temps tortionnaire silencieux,

cependant lourd en paroles douloureuses

qui résonnement encore avec force, sans cesse,

ébranlent le cœur malmené,

après tant d’années de don de soi

pour ceux que l’on aime,

que l’on aimera malgré tout

au-delà de cette distance…

de ce silence qui s’étire, désespérément,

déchirant le miroir effeuillé de l’amour

en souffrance…

 

Temps douloureux de l’absence

et des mots adverses non dits,

ne serait-ce que pour s’excuser de les avoir

prononcé au-delà de la bienséance…

 

Silence et distance déchirant le temps

d’un présent horriblement douloureux

que rien, nul ne semble être en mesure

de pouvoir apaiser…

 

© Monique-Marie Ihry ‒ 23 septembre 2023

 

Il n’est plus de demains…

Posté : 27 juillet, 2023 @ 8:13 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français, sensualité | Pas de commentaires »

ophélia II  50  70

 

Il n’est plus de demains…

 

Sous son décolleté de dentelle nacrée

Se laissaient entrevoir de bien charmants secrets.

Ses deux seins palpitants tels des chardonnerets,

Évoquaient la rondeur d’une lune sacrée.

 

Depuis combien de temps se morfondait Myriam

Assise à cette table, espérant la venue

De l’être bien-aimé ? Sur la grande avenue,

L’on entendait l’écho d’un long phrasé de slam…

 

L’on percevait au loin près de la blonde dune

La danse de l’étoile, son gracieux menuet.

Mais dans son cœur flétri, dans son âme, à regret,

Fleurissait le carmin d’une larme opportune.

 

© Monique-Marie Ihry  – 7 mars 2022 -

(toile de l’auteure intitulée « Ophelia II » (2013) 70 x 50 cm)

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