Dans le Jardin des mots

Archive pour la catégorie 'féminisme'

Un printemps assassin, pandémie

Posté : 23 novembre, 2020 @ 11:28 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, féminisme, poèmes d'amour, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

 COUVERTURE 1ere UN PRINTEMPS ASSASSIN

Un printemps assassin, pandémie

Monique-Marie IHRY, Recueil de poésie, Collection Plume d’ivoire n° 13, Cap de l’Étang Éditions, 2020

* * *

Ce recueil a été écrit entre le 17 mars et le 11 mai 2020 durant la première période de confinement, près d’une grande fenêtre ouvrant sur un monde en suspens…

Nous ne savions pas alors que nous serions peut-être confinés à nouveau et que la vie de nos enfants pouvait encore être menacée par un virus dont nous avions malgré nous fait la connaissance, mais que nous ne connaissions ‒ hélas ‒ pas assez pour nous débarrasser de la menace qu’il représentait.

Outre le fait de bouleverser nos habitudes, la pandémie est venue s’installer, imposant l’incertitude, l’inquiétude, le deuil pour tant d’autres.  Certains adoptèrent des comportements responsables en restant le plus possible chez eux, mais d’autres s’en moquèrent, sortant à outrance dans les rues, refusant de porter leur masque, imposant aux autres l’inconscience de leur égoïsme assassin.

Pendant ce temps, le printemps affichait l’ineffable de sa beauté, la mer occitane continuait ses allées et venues sous un ciel sans nuages, et la poète redoublant d’inspiration épanchait ces vers sur un cahier déjà bien rempli d’émotions, de rêves et d’espérance entremêlés.

Au jour le jour…

Posté : 8 mars, 2020 @ 5:53 dans féminisme, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Au jour le jour

 

Il est mort hier

sans avoir confessé

son manque de respect,

sa violence,

ses injures,

sans avoir imploré,

ne serait-ce qu’une seule fois

son pardon.

Dieu quant à lui

ne lui pardonnera pas

ses crimes,

il ne le peut !

L’homme aux poings d’acier

part donc pour l’Enfer

rejoindre Satan et ses disciples.

 

Adieu bourreau !

 

Elle s’interdit toute émotion,

mais la rage la prend.

À nouveau elle se souvient.

On n’oublie pas les outrages,

on espère cicatriser un jour,

tourner la page,

on quémande un instant de paix

sur le long chemin escarpé

de la douleur.

On trébuche souvent,

on pleure, on se relève,

on croit mourir,

mais l’on survit

au jour le jour

et l’on n’oublie

 

JAMAIS !

 

© Monique-Marie Ihry    – 21 janvier 2016 -

(Extrait de mon recueil  » Telle la feuille au vent d’hiver, Coll. Plume d’ivoire n° 2, Cap de l’Étang Éditions, 2017)

 » Il se pourrait… / Bien pudiera ser… « , poème de la poète féministe Alfonsina STORNI (1919)

Posté : 8 mars, 2020 @ 10:18 dans féminisme, Poemas en español, Poèmes en français, Traduction | Pas de commentaires »

Adieu  48 56 cm mm ihry

8 mars, en cet unique jour annuel consacré au respect du droit des femmes en tant qu’être humain à part entière, je vous propose ce poème que j’ai traduit en français dans un ouvrage à paraître, poème de la poète féministe Argentine Alfonsina STORNI issu de son recueil « Irrémédiablement » paru en 1919. Le thème ? la condition féminine dans une société régie depuis toujours par le patriarcat.

 

IL SE POURRAIT… 

 

Il se pourrait que tout ce dont j’ai hérité

Ne soit rien d’autre que ce qui n’a jamais pu exister,

Ne soit rien d’autre que quelque chose d’interdit et de réprimé

De famille en famille, de femme en femme.

 

On dit que dans ma famille, mesuré

Était tout ce qui devait être fait…

On dit que les femmes du côté maternel

Ont été silencieuses… Ah, il se pourrait que cela soit vrai…

 

Il est arrivé à ma mère d’avoir le caprice

De vouloir se libérer, mais une profonde amertume

Montait dans son regard et, dans l’ombre, elle pleurait.

 

Et tout ce qui la blessait, la contraignait, la mutilait,

Tout ce qui, dans son âme enfermé se trouvait,

Je pense, sans le vouloir, l’avoir libéré.

 

BIEN PUDIERA SER…

 

Pudiera ser que todo lo que aquí he recogido

No fuera más que aquello que nunca pudo ser,

No fuera más que algo vedado y reprimido

De familia en familia, de mujer en mujer.

 

Dicen que en los solares de mi gente, medido

Estaba todo aquello que se debía hacer…

Dicen que silenciosas las mujeres han sido

De mi casa materna… Ah, bien pudiera ser…

 

A veces en mi madre apuntaron antojos

De liberarse, pero, se le subió a los ojos

Una honda amargura, y en la sombra lloró.

 

Y todo eso mordiente, vencido, mutilado,

Todo eso que se hallaba en su alma encerrado,

Pienso que sin quererlo lo he libertado yo.

 

*  *  *  *  *  *  *

(Toile de l’auteure intitulée « Adieu » huile sur toile 55 x 46 cm / Óleo sobre tela )

TÚ ME QUIERES BLANCA / TU ME DÉSIRES IMMACULÉE

Posté : 25 février, 2020 @ 4:44 dans féminisme, Poemas en español, poèmes d'amour, Poèmes en français, Traduction | Pas de commentaires »

alfonsina collier gris

Voici un extrait d’un recueil à paraître prochainement. Il s’agit ici du poème « TÚ ME QUIERES BLANCA / TU ME DÉSIRES IMMACULÉE » de la poète argentine Alfonsina STORNI, extrait de l’ouvrage  » Le doux mal  » publié en 1918. C’est un poème très connu mettant en avant une revendication féministe bien légitime.

TÚ ME QUIERES BLANCA / TU ME DÉSIRES IMMACULÉ

 

Alfonsina STORNI, Le doux mal (1918), traduction de Monique-Marie IHRY

(Extrait du recueil de poésie El dulce daňo/ Le doux mal à paraître courant mars 2020 aux Éditions Cap de l’Étang dans une collection bilingue)

 

TU ME DÉSIRES IMMACULÉE

 

 

Tu me désires telle l’aube,

Tu me désires d’écumes,

Tu me désires de nacre.

Tu veux que je sois un lys

Et surtout, chaste.

Avec un parfum délicat,

Une corolle close.

 

Qu’aucun rayon de lune

Ne m’ait caressée.

Qu’aucune marguerite

Ne se dise mon égale.

Tu me désires comme la neige,

Tu me désires immaculée,

Tu me désires comme l’aube.

 

Toi qui as eu tous

Les calices à portée de main,

Les lèvres violettes

De fruits et de miels.

Toi qui, au festin,

Étais couvert de feuilles de vigne,

Tu as compromis ton corps

En festoyant avec Bacchus.

Toi qui dans les jardins

Noirs du Mensonge,

Vêtu de rouge,

Tu t’es précipité vers ta Ruine.

Toi dont le corps

Reste intact

Par je ne sais encore

Quel miracle,

Tu me veux immaculée

(Que Dieu te le pardonne)

Tu me veux chaste

(Que Dieu te le pardonne)

Tu me veux comme l’aube !

 

Enfuis-toi vers les bois ;

Pars à la montagne ;

Lave-toi la bouche ;

Vis dans des cabanes ;

Touche avec tes mains

La terre mouillée ;

Alimente ton corps

Avec la racine amère ;

Bois l’eau des roches ;

Dors sur le givre ;

Lave tes vêtements

Avec du salpêtre et de l’eau :

Parle aux oiseaux

Et lève-toi à l’aube.

 

Et quand tes chairs

Seront revenues normales,

Et quand tu auras penché

Sur elles ton âme

Qui, dans les alcôves

S’est retrouvée enchevêtrée,

Alors, bonhomme,

Tu pourras exiger que je sois immaculée,

Tu pourras exiger que je sois comme la neige,

Tu pourras exiger que je sois chaste.

 

*  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *

 

TÚ ME QUIERES BLANCA

 

Tú me quieres alba,

Me quieres de espumas,

Me quieres de nácar.

Que sea azucena

Sobre todas, casta.

De perfume tenue.

Corola cerrada.

 

Ni un rayo de luna

Filtrado me haya.

Ni una margarita

Se diga mi hermana.

Tú me quieres nívea,

Tú me quieres blanca,

Tú me quieres alba.

 

Tú que hubiste todas

Las copas a mano,

De frutos y mieles

Los labios morados.

Tú que en el banquete

Cubierto de pámpanos

Dejaste las carnes

Festejando a Baco.

Tú que en los jardines

Negros del Engaño

Vestido de rojo

Corriste al Estrago.

Tú que el esqueleto

Conservas intacto

No sé todavía

Por cuáles milagros,

Me pretendes blanca

(Dios te lo perdone)

Me pretendes casta

(Dios te lo perdone)

Me pretendes alba!

 

Huye hacia los bosques;

Vete a la montaña;

Límpiate la boca;

Vive en las cabañas;

Toca con las manos

La tierra mojada;

Alimenta el cuerpo

Con raíz amarga;

Bebe de las rocas;

Duerme sobre escarcha;

Renueva tejidos

Con salitre y agua;

Habla con los pájaros

Y lévate al alba.

 

Y cuando las carnes

Te sean tornadas,

Y cuando hayas puesto

En ellas el alma

Que por las alcobas

Se quedó enredada,

Entonces, buen hombre,

Preténdeme blanca,

Preténdeme nívea,

Preténdeme casta.

 

 

 

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