Dans le Jardin des mots

Archive pour la catégorie 'Extraits de recueils de poésie de l’auteure'

Joli mois de mai

Posté : 1 mai, 2020 @ 1:59 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

paradisdesrosesblanches.jpg

Joli mois de mai

Me croiriez-vous si je vous disais rêver
de vous voir sur le pas de ma porte arriver
le regard ébloui d’un bouquet de muguet
venant ainsi sacrer cet heureux mois de mai,
si je vous disais que depuis des lustres j’aime
ce beau sourire empreint d’une bonté extrême ?

Tendez-moi ce bouquet de joli mois de mai
je m’ouvrirai à son parfum comme il vous sied.
Mille baisers d’espoir je vous adresse en vers,
mille vers énamourés je compose ce soir,
hommage à ce regard dans lesquels je me perds…

 

©  Monique-Marie Ihry  -  1er mai 2015 –

Extrait d’un recueil de poésie de l’auteure

 

Chimères

Posté : 12 janvier, 2020 @ 8:42 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

QUIZAS 46 X 38

Chimères 

 

J’ai cherché dans le vin des plaisirs capiteux

comme pour oublier des souvenirs houleux.

Je me suis étourdie aux baisers des aurores,

ai succombé aux feux sur l’autel du remords,

me suis lovée menue dans des bras musculeux

telle une louve au seuil de l’antre crapuleux,

m’abandonnant entière aux hasards des transports

conférés par l’alcool, ses viles métaphores.

 

Sur les quais vaporeux des senteurs éthyliques,

l’ivresse d’une voix aux parfums de bohème

surgit du fond de l’ombre en frôlant le blasphème.

La bouteille était vide et mes sens en éveil,

il me fallait encore embrasser Machiavel

pour me perdre à nouveau à ses flancs faméliques !

 

© Monique-Marie Ihry – 23 septembre 2019 -

(toile de l’auteure,

poème extrait du recueil de poésie  » IVRESSES « , Cap de l’Étang Éditions, 2020)

 

Comme d’habitude

Posté : 25 novembre, 2019 @ 8:51 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

AGRESSION 50 50

Comme d’habitude  

 

 

Il rentre tard.

Comme d’habitude

son regard lance des éclairs.

Elle ignore ce qu’elle a pu faire

pour le contrarier à nouveau…

Tout ce qu’elle sait,

c’est que les coups vont pleuvoir,

comme d’habitude…

 

Comme d’habitude,

il la saisira par les cheveux.

Comme d’habitude,

il la plaquera contre le mur de la chambre.

Comme d’habitude,

elle fermera les yeux

sous les poings assassins

et comme d’habitude

elle s’effondrera sur le carrelage.

Puis viendront les coups de pied

additionnés d’une salve d’injures.

Et puis, tout d’un coup,

rassasié,

satisfait,

il s’arrêtera

et partira se coucher

en claquant la porte,

à son habitude,

comme si rien ne s’était passé…

 

Comme d’habitude,

elle sombrera

sous le joug infâme de la douleur,

une fois de plus,

une fois de trop

et se lèvera au petit matin

juste à temps pour se rendre,

le ventre meurtri,

silencieuse

et le cœur vide

au travail…

 

 

© Monique-Marie Ihry    – 24 novembre 2019 -

(toile de l’auteure  » :  » Agression  » (2003) – huile sur lin 50 x 50 cm -

La dernière pavane / El último baile

Posté : 19 novembre, 2019 @ 4:55 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poemas en español, Poèmes en français, Prose poétique | Pas de commentaires »

La dernière pavane

 

La valse des jours exécutait son ballet ultime, comme les feuilles des platanes dansant une dernière pavane sur les allées glissantes du grand parc de novembre. Les branches étiraient leurs membres frileux dans la brume installée.

Les écureuils avaient déserté les branches. Les oiseaux se terraient, cachés sous une rare feuille opportune attendant le vain évènement d’une aurore, et les jours sans amour dans leur costume funèbre défilaient ensemble avec lenteur, comme des nuages en procession dans le cortège des ténèbres d’un cœur à l’abandon.

 

(Poème extrait du recueil de prose poétique du même nom traduit à la suite en espagnol par Ana Herrera)

 

 COUVERTURE 1ere LA DERNIERE PAVANE

El último baile  

 

El vals de los días ejecutaba su último ballet, como las hojas de los plataneros danzaban un último baile en los caminos resbaladizos del gran parque de noviembre. Las ramas estiraban sus miembros friolentos en la bruma emergente instalada.

Las ardillas habían abandonado las ramas. Los pájaros se escondían, ocultos bajo una extraña hoja oportuna, esperando el vano acontecimiento de una aurora, y los días sin amor, en su traje fúnebre, desfilaban juntos con lentitud, como las nubes en procesión en el cortejo de las tinieblas de un corazón abandonado.

 

* * * * * * *

 

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Anniversaire

Posté : 1 novembre, 2019 @ 2:40 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

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Anniversaire   

 

 Je te rencontrai il y a dix ans

sous la pluie battante d’une rue déserte.

Un parapluie pour deux nous réunit alors,

nous faisant oublier les caprices du temps,

son inhospitalité.

Dix ans aujourd’hui que tu n’es plus,

et dans ma main ce parapluie, jadis pour deux,

que je tiens seule

dans cette rue désertée

qui vit autrefois notre éclore amour.

 

La pluie tombe encore

sur les pavés glissants d’hier,

comme larme ma peine

sur mes joues solitaires.

Et tombe la pluie,

pluie incessante sur mon cœur

aussi enamouré que naguère…    

 

© Monique-Marie Ihry  – 17 septembre 2019 -

(Extrait d’un recueil de poésie à paraître très prochainement)

 

La colère des cieux

Posté : 9 octobre, 2019 @ 8:15 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

soledad I 27  35 

 

Les nuages,

ces fantômes sans couronne

aux formes irréelles,

peuplant le ciel d’octobre

de tristesse et d’opprobre,

 

les nuages,

ce soir, copulent sans vergogne

avec l’horizon de la mer.

Ils se mêlent aux vagues brunes

salivant leur écume,

bavant leur rancœur amère

sur les rouleaux ivres

dont l’ire déborde,

emporte les voiles malmenées

vers des rivages inconnus.

 

Les nuages en cohortes,

grisés, dominés

par leur rage tourmentée,

reflétant du ciel l’injuste colère,

déclencheront bientôt

le feu de leurs canons aveugles

sur les frêles embarcations 

démâtées,

jetées en pâture

à l’obscure besogne des cieux,

 

les cieux,

ce soir, gouvernés

par la rage inassouvie

de Lucifer.

 

 

© Monique-Marie IHRY  – 23 septembre 2019 -

Extrait d’un recueil de poésie de l’auteure

Toile de l’auteure (« Soledad I » 27 x 35 cm , huile sur lin)

 

Un matin d’août

Posté : 31 août, 2019 @ 3:34 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

au chant de l'automne V 60 x 40 cm

 

Bientôt viendra l’automne

déposer sur les arbres sa blondeur,

et déposséder peu à peu les branches

de leurs feuilles endimanchées.

Bientôt viendra mon cœur,

poussé par le vent de septembre

à s’immoler au chant monotone

du mystère de la nuit,

cette nuit qui terre les âmes esseulées

dans son antre de douleur

afin qu’elles hibernent

dans l’ivresse d’une longue

mélancolie.

 

Bientôt, sous les branches du tremble

dénudées du parc des ténèbres,

je viendrai retrouver, toi, mon amour

parti un matin d’août rejoindre la nuit,

celle d’où l’on ne revient en fait

jamais.

 

© Monique-Marie Ihry  -  31 août 2019 -

(toile de l’auteure)

Roses sans épines / Rosas sin espinas

Posté : 15 juin, 2019 @ 8:08 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poemas en español, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Roses sans épines

Elle voulait seulement atteindre ce balcon de l’univers

où l’air revêt l’arôme des roses sans épines.

On lui a dit que la porte était fermée.

Elle a gravi une à une les marches,

son reflet affiché dans le miroir de toutes ses lunes.

Fort heureusement elle avait une clef

magique oxydant tous les mensonges.

 

LORSQUE POINT L AURORE ANA

 

 

Rosas sin espinas

 

Solo quería llegar a ese balcón del universo

donde el aire huele a rosas sin espinas.

Le dijeron que la puerta estaba cerrada.

Subió los peldaños de uno en uno,

retratada en el espejo de todas sus lunas.

Afortunadamente llevaba una llave

de ilusiones que oxidaba todas las mentiras.

 

© Ana HERRERA, extrait du recueil de poésie « Les oiseaux de neige / Pájaros de nieve« , traduction en français de Monique-Marie IHRY, Collection Bilingue n° 3, Cap de L’étang Editions, 2019

Les illustrations sont de Monique-Marie IHRY.

 

COUVERTURE 1ère LES OISEAUX DE NEIGE

La corniche

Posté : 13 juin, 2019 @ 6:43 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Paris 35 

 

Les siècles avaient déposé

leurs rochers dans la mer de Sète

et les vagues allaient et venaient en fracas

frotter leur écume blanche

sur la pierre usée à force de résister

à l’affront perpétuel.

Le ciel semblait bénir l’entêtement des flots

et l’onde continuait son va-et-vient

exécutant sa danse sonore

sur la roche docile et muette.

Quelques mouettes fendaient le ciel,

plongeant de temps à autre dans l’eau

en quête d’un repas,

ignorant le trépas

des pierres millénaires déposées

sur les rives de l’onde,

malmenées par la folle ronde

des vagues, elles-mêmes condamnées

à errer sans espoir de salut

dans cette mer encerclant le monde

prisonnier de son aura.

 

© Monique-Marie Ihry  – 21 août 2018 –

(Illustration : aquarelle de l’auteure)

Tatoue-moi / Márcame, poème d’Ana HERRERA traduit en français par Monique-Marie IHRY

Posté : 9 juin, 2019 @ 10:51 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poemas en español, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

carnet secret 1

Tatoue-moi     

 

Tatoue-moi ton absence avec des semences d’amour

dans le délire désert de mon univers,

sur les feuilles qui tremblent au vent

tout près de ma porte,

sur les années que dessine le temps

sur ma nudité,

sur ma nudité mise à nu pour toujours.

Sur l’image de tes mains oubliées

près de mon chevet,

sur le visage gris de l’aube intolérante.

Tatoue-moi ton absence

dans l’éclat permanent de mon désir

projeté entre mes jambes,

dans chaque cellule oxygénée par mon corps,

pour que je ne puisse jamais,

jamais plus, au cours des siècles à venir,

me dégager de l’aura de ton regard.

 

                    * * * 

Márcame

 

Márcame tu ausencia con semillas de amor

en el delirio hueco de mis aires,

en las hojas que tiemblan con el viento

muy cerca de mi puerta,

en los años que el tiempo balancea

en mi desnudez,

en mi desnudez desnuda para siempre.

En el matiz de tus manos olvidadas

junto a la cabecera de mi cama,

en el semblante gris de la mañana intolerante.

Márcame tu ausencia

en el fulgor intacto del deseo

que se extiende entre mis piernas,

en cada célula que mi cuerpo oxigena,

para que no pueda nunca,

nunca jamás, en el tropel de los siglos, 

desprenderme del aura en tu mirada.

 

(- Poème extrait du recueil illustré d’Ana HERRERA Les oiseaux de neige / Pájaros de nieve, traduit en français par Monique-Marie IHRY, Collection Bilingue n° 3, Cap de l’Étang Editions 2019, en vente sur amazon.fr et amazon.es

- Les illustrations de ce recueil sont de Monique-Marie IHRY)

 

COUVERTURE 1ère LES OISEAUX DE NEIGE

 

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