Dans le Jardin des mots

Archive pour la catégorie 'Extraits de recueils de poésie de l’auteure'

Je l’ai aimé

Posté : 27 septembre, 2009 @ 7:51 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

 bailarin détail

Je l’ai aimé,

Dieu que je l’aime encore.

S’il vit toujours dans un coin de la Terre,

si la Terre avait ce bonheur de porter ses pas,

j’aimerais sur l’aile d’un nuage

m’envoler enfin jusqu’à lui

et, portée par le souffle du vent,

petit papillon transparent

me poser légère sur ses épaules.

Peut-être me verrait-il,

sans doute ne me verrait-il pas.

Je resterais, baiser immobile

enivré et déposé sur son corps,

j’accompagnerais ses pas sur la plage

et j’écrirais le soir de mes ailes

sur l’horizon de cendre en attente

avec le sang versé de larmes au seuil du trépas

ce vers écrit par Neruda :

« Es tan corto el amor y tan largo el olvido. »

L’amour est si court et si long l’oubli…

Je l’ai aimé,

Dieu comme je l’ai aimé.

La Terre eut ce bonheur de porter nos pas un jour,

un jour d’infini

un jour d’amour,

Dieu que je l’aime encore !

 

©  Monique-Marie Ihry    -  août 2009  -

(toile de l’auteure « Bailarin »

poème primé)

 

Solitudes

Posté : 27 septembre, 2009 @ 7:32 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Elle avait bu et n’était plus tout à fait elle-même. La vie lui semblait tout à coup plus légère. Somnambule sur le fil de l’oubli, elle voguait dans l’éphémère, loin du marasme quotidien de la solitude. Les brumes de l’alcool lui réchauffait le cœur et brune lune dans le ciel veillait. Tendre était la nuit, douce son euphorie; elle tentait de survivre, il le fallait…

Encore une coupe de champagne, rien qu’une et elle sombrerait enfin dans le lac impassible et bienheureux du sommeil, si tant est qu’un cauchemar ne la noie définitivement dans la fange de ses tristes souvenirs…

 

©  Monique-Marie  Ihry    -  septembre 2009  -

 Extrait du recueil Cueillir les roses de l’oubli,  Éditions Mille-Poètes en Méditerranée, Narbonne, 2014

couvlivreceuillirlesrosesdeloubli

 

 

 

Ballade en mai

Posté : 25 août, 2009 @ 5:17 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Si je vous disais que depuis des lustres j’aime 

Ce blond sourire empreint d’une douceur suprême 

Que vous m’adressez volontiers avec flamme 

Et qui dès lors n’a de cesse de me bercer l’âme 

 

Me croiriez-vous si je vous disais rêver 

De vous voir sur le pas de ma porte arriver 

Votre regard paré d’un bouquet de muguet 

Qui consacrerait ce merveilleux mois de mai 

 

Tendez-moi ce bouquet de joli mois de mai 

Je m’ouvrirai à son parfum comme il vous plaît 

Je serai vôtre en ce charmant printemps fleuri 

 

Mille baisers de joie je vous adresse en vers 

Mille vers d’espoir je vous compose ce soir 

Hommage à vos yeux pers dans lesquels je me perds 

 

©   Monique-Marie Ihry    -  août 2009  - 

Texte déposé

 

Douce apparition automnale

Posté : 29 juin, 2009 @ 5:20 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Prose poétique | Pas de commentaires »

Pasion III 50 x 40 cm (2)

 

 

Un jour au petit matin, je sortis de mon chalet en direction du bois. L’atmosphère ambiante si pure mettait en évidence la splendeur de la nature. La rosée ornant les fougères ressemblait à de petites perles transparentes. Les feuilles des arbres tombaient en douceur et virevoltaient dans les airs effectuant d’harmonieuses volutes colorées.

Un rayon de soleil filtrait à travers les branches matinales. L’air était délicieusement humide et frais conférant aux senteurs de l’aurore une soudaine majesté.

Le soleil entama sa lente ascension dans le ciel. Je le distinguais à peine à travers les branches qui ornaient le chemin que j’avais emprunté. Il m’obligea cependant à cligner les yeux que j’avais encore endormis. Les feuilles commençaient à joncher le sol, le parcheminant de chaudes couleurs automnales. Je les respirais, je humais ces senteurs qui me rappelaient mes longues promenades dans la forêt que nous faisions ensemble. Je me souvenais de ces moments passés en quête de girolles, bolets ou autres champignons commestibles qui viendraient orner notre panier gourmand.

Un vent léger se mit à agiter les branches des arbres qui libérèrent des gouttes d’humidité accumulées pendant la nuit. Dans  leur chute, elles émirent un clapotis sautillant qui me réveilla quelque peu. Le soleil filtrait désormais timidement ses rayons, empêché dans son éclat par des taillis hauts qui s’avéraient de plus en plus denses en cet endroit de la forêt.

Au bout du sentier que j’avais emprunté à dessein, je me retrouvai nez à nez avec une cascade qui gazouillait fébrilement dans le silence matinal.

Tu surgis comme par magie au milieu de cette paisible atmosphère automnale. Tu étais là, magnifique, dressé devant moi dans ton habit de lumière à me contempler. J’étais échevelée et vêtue sobrement pour la circonstance. Mais tu me trouvas malgré tout aussi belle que dans tes songes. Tu me tendis les bras. Je courus m’y blottir, enfin !

La forêt qui avait accueilli nos retrouvailles tant attendues s’effaça. Nous ne savions plus où nous étions. Le soleil brillait-il ? Faisait-il encore jour ou bien la nuit avait-elle tout envahi ? Nous nous moquions du monde ambiant, nous ignorions sa présence et défions son existence. Nous partîmes ensemble au royaume des rêves et de l’oubli. La Terre s’arrêta de tourner. Une joie intense enivra nos cœurs qui s’enfuirent dans une indicible harmonie recouvrée.

Je crois bien n’être jamais vraiment redescendue seule en cet endroit où tu m’attendais secrètement, caché derrière le bel écran qu’offrait cette cascade. Mon âme accompagne désormais la tienne. Nous voguons tous deux de concert sur des nuages transcendants, distribuant de temps à autre quelques gouttes de bonheur matinal aux jeunes amoureux qui aspirent à se retrouver par-delà les turpitudes de ce monde hostile. Le moment venu, nous parcheminons les sentiers forestiers de perles de rosée fraîcheur, annonce de senteurs automnales colorées aux teintes chaudes des retrouvailles espérées. Les feuilles des arbres qui jonchent le sol forment un  tapis accueillant qui étouffe nos pas discrets et imaginaires. Nous allons rejoindre la petite cascade gazouillante et attendons… Le miracle d’un jour nouveau se produit immanquablement. Des petites étincelles de joie et de vie s’allument dans les yeux désespérés des amoureux jusqu’alors séparés. L’amour est là, accomplissant son miracle quotidien.

 

©  Monique-Marie Ihry   – juin 2009 -

(Extrait du recueil de poésie  » Rendez-vous manqués  » paru en mai 2011, en vente sur amazon.fr)

 

 

Une bouteille à la mer

Posté : 6 mai, 2009 @ 9:49 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

bouteille.bmp

 

 

Je dépose vingt vers dans cette bouteille à la mer 

en caressant le secret espoir qu’au détour 

d’une promenade sur la plage, un beau jour,

elle te ramène vers moi de l’au-delà. 

Souvenirs de dîners près d’une cheminée 

en duo à la lumière d’un candélabre 

savourant et dégustant des mots délectables, 

douces joies de conversations animées…,

souvenirs de balades le long d’une plage,

nos pieds agiles foulant le sable mouillé, 

nous abreuvant de la beauté du paysage, 

savourant le bonheur ineffable d’un jour ensoleillé…,

souvenirs de jours tendres passés à nous aimer,

de folles nuits de passion à nous étreindre, 

convaincus que le malheur ne pouvait nous atteindre.

Merveilleux souvenirs, instants délicieux,

lorsque nous étions encore ensemble, 

vingt vers seulement pour résumer

une vie à deux

dans cette bouteille à la mer sans vis-à-vis…

 

©  Monique-Marie Ihry    – mars 2009  -

Extrait d’un recueil de poésie de l’auteure

Texte déposé , reproduction interdite

 

Voix (extrait du recueil de poésie  » Rendez-vous manqués « )

Posté : 14 mars, 2009 @ 6:38 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Nouvelles | 2 commentaires »

 

Voix

 

Un jour, j’ai rencontré une voix. Elle m’a appelée lorsque j’étais à mon travail. Pour un peu je ne l’entendais pas car mon portable était en sourdine. Je ne la connaissais pas. Elle a désiré parler à une « jeune femme élancée au prénom de ‘…’ » qui en l’occurrence était moi-même. Interloquée par un timbre que je n’avais jamais entendu auparavant, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un appel professionnel, encore que, dans ce cas bien précis on ne m’aurait en l’occurrence pas appelée d’emblée par mon prénom…

Pensant qu’elle ne l’était pas encore assez, la Voix s’est faite soudain plus mystérieuse. J’ai fini par répondre que j’étais bien moi, tout en pensant avec contrariété qu’il ne s’agissait là que d’une partie de mon identité. La Voix s’est donc fait connaître, et j’ai pu mettre enfin une tonalité sur un visage que j’ignorais encore… Dans cet étrange registre, je commençais à entrevoir un semblant d’éclaircie.

Comment pourrais-je décrire cette voix nouvelle ?  Classe, posée, élégante, sans accent,  et… un peu énigmatique malgré tout, tout aussi mystérieuse que l’absence de numéro sur l’écran de mon téléphone portable.

J’osai un timide : «  Vous êtes bien Alexandre, n’est-ce pas ? ».

La Voix marqua alors très rapidement un temps d’arrêt, surprise apparemment au son de la mienne. Il est vrai que mon timbre s’était refusé par le plus grand des hasards à mûrir un jour, stoppant ainsi sa course vers une mue des plus ordinaires. Ce problème étant pour ma part hélas bien connu, un autre sous-jacent n’en demeurait pas moins entier.

S’étant reprise, la Voix du téléphone m’indiqua que cet appel serait bref et que notre conversation ne pourrait s’étendre davantage. Était-ce prémédité ? Le charme de nos précédentes discussions aphones par MSN interposé était-il en train de se rompre de façon unilatérale ? Après quelques phrases laconiques, la Voix s’arrêta et je n’eus jamais le loisir de mettre enfin un visage sur ce profil anonyme facebookéen. Elle repartit aussi brièvement qu’elle s’était fait entendre à travers les ondes fébriles de mon forfait téléphonique.

Un an plus tard jour pour jour, cette voix que je reconnus dès le premier coup de sonnette, réapparut sur le seuil de ma porte. Elle était accompagnée cette fois de la présence d’un homme grand et souriant arborant un charme rieur engageant qui tenait dans ses mains un bouquet de roses incarnat à l’odeur enivrante. J’en restai sans voix. La Voix ne me reconnut donc pas et pensa par conséquent s’être trompée de porte. Les larmes coulant malgré moi sur mon visage ému livide d’émotion laissèrent échapper alors par mégarde un sanglot identifié d’emblée par la Voix comme étant le mien. Le bouquet tomba à terre, l’homme me prit dans ses bras, et m‘entoura d’un enlacement mélodieux. Nos voix se conjuguèrent un instant en identités recouvrées, puis s’unirent dans un long baiser de paix respective ouvrant les portes d’un monde non virtuel de son état, afin de revêtir enfin les couleurs de la vie transparente dans laquelle j’avais toujours désiré évoluer.

Je pouvais désormais poser un visage sur ce timbre. Un corps de bronze viril et élancé la sculptait avec magnificence. J’avais devant moi un homme ayant surgi d’un mystère virtuel le plus complet avec qui j’allais passer les quelques mois lui restant à vivre…

 

© Monique-Marie IHRY

 Texte introductif du recueil de poésie  » Rendez-vous manqués  » paru en 2011 chez IchraQ Éditions (Tunis).

 

 

 

 

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