Dans le Jardin des mots

Archive pour la catégorie 'Extraits de recueils de poésie de l’auteure'

Liberté

Posté : 25 mars, 2021 @ 12:14 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

COUVERTURE 1ere UN PRINTEMPS ASSASSIN

Liberté

 

Envie de sortir,

de prendre ma voiture et de voir défiler les arbres,

regarder les vignes enfanter leurs jeunes feuilles,

m’éblouir de ce camaïeu de verts ensoleillés

que la nature nous offre sur l’autel consacré du printemps,

m’étourdir du chant des oiseaux, de leurs trilles enjoués,

de la symphonie des fleurs dans les champs,

et renaître à l’espoir, ne serait-ce qu’une seule heure,

quelques minutes de vie en prenant le risque

de tomber malade. Peu m’importe !

La sixième semaine de confinement s’épuise

et je me meurs de cette non-liberté qui pourtant

me délivre le choix d’écrire à ma guise.

C’est ainsi, qu’on se le dise, je désire sortir,

m’éblouir, m’enivrer de printemps,

des arbres et des fleurs,

aller jusqu’à mourir allongée dans un champ

au milieu des herbes et des fleurs,

ne serait-ce qu’un instant, bercée par le chant

de la nature et, sereine m’endormir,

dans une paix recouvrée,

au pays de mes rêves et de l’impossible,

loin de cette cruelle réalité

qui tue sans pitié les êtres que l’on aime

et nous plonge dans la lie de la peine

où je m’enlise aujourd’hui,

loin de mes chers enfants

qui luttent courageusement de leur côté

contre le cruel ennemi de leur vie…

 

© Monique-Marie IHRY  – avril 2020 -

Extrait du recueil de poésie  » Un printemps assassin  » écrit lors du 1er confinement et paru fin décembre 2020 chez  Cap de l’Étang Éditions

COUVERTURE 31 octobre UN PRINTEMPS ASSASSIN, pandémie-page001 (2)

L’amandier

Posté : 30 janvier, 2021 @ 5:53 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes courts, poèmes d'amour | Pas de commentaires »

mademoiselle J 55 x 46

L’amandier

 

 

Le premier amandier vient de fleurir,

mon amour.

C’est le printemps des cœurs,

la saison gracieuse

qui fait éclore dans les arbres

les bourgeons et fleurir la romance

dans les allées jolies

de la vie et de l’espérance !

 

© Monique-Marie Ihry

(Extrait du recueil  » A l’encre sur ma peau « , toile de l’auteure intitulée  » Mademoiselle  » (2018) huile sur toile 55 x 46 cm)

La maison vide

Posté : 4 janvier, 2021 @ 10:14 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

La maison vide

 

 

L’Espagne n’est plus désormais qu’une

profonde blessure

dont les sillons féconds se gorgent

de                                             semences sanguinaires.

Les prés exhalent              l’haleine fétide de la mort,

les champs sont jonchés de               corps allongés,

dont la précieuse vie s’en est      ‒  hélas  ‒      allée.

 

L’Espagne funambule vacille   entre enfer et démons.

Les maisons se vident,        les prisons se remplissent,

tout comme    les chambres de torture qui fleurissent

les caves et les villes.

 

Parmi tous, l’emploi de bourreau est devenu,

le mieux rémunéré. On se croirait revenus

aux temps de l’Inquisition

lorsque le printemps de chaque jour faisait éclore

dès les premières lueurs de l’aube la délation

et que, dans le grand ménage de la sorcière religion,

des vies innocentes n’étaient plus

qu’une simple mauvaise herbe de plus

à éradiquer.

 

Il pleut des gerbes de balles sur la plaine,

et dans les prés, à perdre haleine,

ravis, les charognards font leur marché

pendant que, dans les maisons désertes

aux portes branlantes entre-ouvertes,

des portraits abandonnés sur une commode

témoignent de jours où, sereine fut l’Espagne,

où les enfants pouvaient se laisser à rêver

à des cours de récréation sans le fantôme

d’un fusil… !

 

© Monique-Marie IHRY

(Extrait d’un recueil de poésie de l’auteure sur le thème de la Retirada qui paraîtra courant 2021)

Ce poème fait partie de l’un des textes qui m’a permis d’obtenir le Grand Prix Jean Bonicel dans le cadre du concours ARCADIA 2020.

 

 

 

1er novembre 2020

Posté : 11 décembre, 2020 @ 11:22 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

novembre fleur

1er novembre 2020 -

Les fleuristes ayant eu exceptionnellement

le droit de rester ouverts,

la plupart des tombes aujourd’hui

seront couronnées de fleurs,

sauf la tienne mon amour,

trop loin pour que je puisse me pencher

sur l’écrin de verdure

où tu reposes.

Comme tant d’autres,

je suis confinée,

enfermée dans ma tour,

loin de toi pour toujours,

loin tout, mon aimé.

Un frêle soleil s’est levé

au-dessus des toits endormis

parsemés de givre.

Sur mon appui de fenêtre,

prises de somnolence,

les fleurs se préparent à l’oraison

de l’automne,

tout comme mon cœur

priant pour que la mort ne soit

qu’une simple erreur que l’on gomme,

une faute que l’on corrige

en rectifiant la grammaire du sort,

un fantôme que l’on replace

sur la voie de l’irréel… !

© Monique-Marie IHRY  – 1er novembre 2020  -

Un printemps assassin, pandémie

Posté : 23 novembre, 2020 @ 11:28 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, féminisme, poèmes d'amour, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

 COUVERTURE 1ere UN PRINTEMPS ASSASSIN

Un printemps assassin, pandémie

Monique-Marie IHRY, Recueil de poésie, Collection Plume d’ivoire n° 13, Cap de l’Étang Éditions, 2020

* * *

Ce recueil a été écrit entre le 17 mars et le 11 mai 2020 durant la première période de confinement, près d’une grande fenêtre ouvrant sur un monde en suspens…

Nous ne savions pas alors que nous serions peut-être confinés à nouveau et que la vie de nos enfants pouvait encore être menacée par un virus dont nous avions malgré nous fait la connaissance, mais que nous ne connaissions ‒ hélas ‒ pas assez pour nous débarrasser de la menace qu’il représentait.

Outre le fait de bouleverser nos habitudes, la pandémie est venue s’installer, imposant l’incertitude, l’inquiétude, le deuil pour tant d’autres.  Certains adoptèrent des comportements responsables en restant le plus possible chez eux, mais d’autres s’en moquèrent, sortant à outrance dans les rues, refusant de porter leur masque, imposant aux autres l’inconscience de leur égoïsme assassin.

Pendant ce temps, le printemps affichait l’ineffable de sa beauté, la mer occitane continuait ses allées et venues sous un ciel sans nuages, et la poète redoublant d’inspiration épanchait ces vers sur un cahier déjà bien rempli d’émotions, de rêves et d’espérance entremêlés.

Ier novembre

Posté : 1 novembre, 2020 @ 2:05 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

SOUS-BOIS 80 X 40

1er novembre

 

Novembre et son cortège de chrysanthèmes,

requiem fleuri, hommage aux défunts,

à ceux que l’on a tant aimés et qui ne sont plus,

nuages obscurs charriés par le vent de l’est

crachant leur pluie sur les palmiers en berne,

mer agitée vomissant ses bateaux vers le large,

 

plages désertées fouettées par les vagues

 

du NON-RETOUR,

 

vague à l’âme dans la grisaille de l’aube :

 

AMERTUME !

 

 

©  Monique-Marie Ihry    –  24 novembre 2019  -

(toile de l’auteure  » Sous-bois  » (2017) – huile sur lin 80 x 40 cm -)

 

Calligramme 17

Posté : 31 octobre, 2020 @ 5:20 dans Calligramme, Extraits de recueils de poésie de l'auteure | Pas de commentaires »

encre 17 (2)

Ce calligramme  » 17  » a reçu le 2ème Prix LIBERTÉ au Concours International de Littérature REGARDS 2020. Il fait partie d’une série encre de Chine réalisée il y a quelque temps déjà.

D’une larme

Posté : 25 septembre, 2020 @ 9:39 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

bailarin détail

D’une larme

 

Dans le grand cimetière où repose ton âme

Flânent de grands cyprès, un tilleul protecteur.

Posé sur une branche, un pic-vert orateur

Chante un air d’antan, gazouille et fait sa gamme.

 

La campagne ignorant le lundi qui se pâme

Émet des craquements, un bruit évocateur    

Émanant d’une brume absente de senteur,

Et l’on entend au loin du cerf le puissant brame.

 

L’animal égaré appelle une âme sœur,

Il pense apercevoir son aura, sa rousseur

Dans le flou souvenir qui bientôt s’évapore.

 

Sur le tombeau gelé de l’amant endormi,

Une rose agonise au soir couchant, gémit,  

S’étiole et s’éteint d’un larmoiement sonore.

 

 

©  Monique-Marie IHRY  – 19 septembre 2020 –

(toile de l’auteure : « Bailarin » 92 x 73 cm, détail)

Ad vitam

Posté : 3 août, 2020 @ 12:46 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

copla 60  60

Ad vitam

 

Il paraissait las, soucieux.

Rien ne semblait en mesure de tempérer

les pensées séquestrant son sourire quotidien.

L’amour était emmuré dans son cœur

soumis au martyre d’une réflexion délétère.

Le souvenir le tenait prisonnier,

lui faisant revivre l’horreur

et rien, ni mes attentions ni mes mots

ne pouvaient l’extraire de sa douleur

cadenassée par les chaînes d’une rancœur

nourrissant longuement les divers maux

de l’âme.

Les coups, les injures, l’abominable,

fendaient encore de grands sillons son front.

Sa mémoire y avait un jour semé

les germes féconds d’une souffrance

tenace, indélébile, meurtrière,

qu’un ressentiment rebelle à la délivrance

semblait préserver ad vitam.

 

© Monique-Marie Ihry — 24 juillet 2020 —

(toile de l’auteure : « Pareja I » (2015) -  huile sur lin 60 x 60 cm -)

 

 

La ronde des mots

Posté : 30 juin, 2020 @ 11:33 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

La ronde des mots

 

Les mots sont une danse au petit pas léger,

Quelques flocons d’espoir lorsqu’il vient à neiger

Dans le cœur en frimas d’un langoureux vertige,

Des mots pour oublier le vide d’un vestige.

 

Alors semons des mots tels des grains, des cailloux,

Des petits et des longs et puis de grands filous,

Des mots faits de velours que doucement l’on brode

Ou bien des vers en fête écrits avec méthode,

 

Des mots comme les flots sur l’océan rêveur,

Des phrases loin des maux contées avec ferveur,

Des vers qui lentement composent une pavane

Au gré de songes doux à l’ombre d’un platane.

 

Dans la ronde des mots que la lyre offre au soir

Il y a ces vers bleus exempts de désespoir,

Ceux que j’écris pour toi sur l’horizon poète

Et que dansent les fleurs dans la campagne en fête.

 

 

  © Monique-Marie Ihry

Texte déposé, reproduction interdite

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