Dans le Jardin des mots

Archive pour la catégorie 'Extraits de recueils de poésie de l’auteure'

À la veillée

Posté : 15 janvier, 2023 @ 10:21 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes courts, poèmes d'amour, Poèmes en français, Prix de poésie | Pas de commentaires »

Nikolaï + 41 x 33 cm

À la veillée

(Sonnet)

 

Tes yeux sont un miroir, un lac azur paisible

Dans lequel se reflète un ciel peuplé d’oiseaux ;

Y vogue une caresse, et parmi les roseaux,

Le doux refrain venu d’une flûte invisible.

 

Ton cœur fleuri d’amour au-delà du plausible,

A la divine aura des jeunes damoiseaux ;

Poème étourdissant bientôt surgi des eaux

Révélant la candeur d’une aube intraduisible…

 

Tes lèvres sont un lac, une onde de bienfaits

Où d’éternels soupirs fleurissent satisfaits

Quand tu poses sur moi ton âme ensoleillée.

 

Ton corps est une harpe acquise à mon plaisir,

De ses cordes vibrant comme il plaît à loisir

Lorsque ton cœur serein m’accueille à la veillée…

 

@ Monique-Marie Ihry  – 30 avril 2022 -

(toile de l’auteure intitulée « Nikolaï » (2015) – huile sur toile 41 x 33 cm -)

Lamento

Posté : 10 décembre, 2022 @ 10:26 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

VIGNES D'OCCITANIE I 80 x 40

Lamento

 

L’archet du temps faiblit. L’on ne perçoit bientôt

Dans le soir vieillissant qu’une longue plainte muette.

Les chênes aussi ont leur douleur secrète

Qu’ils pleurent d’une feuille au fil d’un lamento.

 

L’automne prend son temps, nous dicte sa froidure,

À vils renforts de vents, fait trembler les troncs morts,

Puis les grands arbres blonds au front couronné d’ors

S’inclinent à regret sans autre procédure…

 

L’on ne perçoit bientôt dans les sommets obscurs

Que des nuages hagards chevauchant la vallée,

Chassés par le Mistral dans la nuit brune allée ;

Ils galopent traqués par des souffles impurs.

 

La nature se meurt sous l’assaut de l’automne.

Un grand chêne gémit sur le bord du canal.

Blotti sur un côté, l’érable colossal

S’incline d’un silence et puis se pelotonne…

 

Sous peu, l’hiver viendra nous dicter sa vigueur

Et l’on ne verra plus des arbres que les branches,

Grandes, squelettiques comme de vieilles hanches

Agonisant tantôt sous l’auguste rigueur.

 

Il n’y a plus de plainte ou de douleur secrète,

La nature n’est alors qu’une tombe gisant

Sur un sol épuisé. Il n’est guère à présent

Que l’ombre d’une mort qu’une flûte interprète…

 

© Monique-Marie Ihry  – 10 décembre 2022 -

(toile de l’auteure « Vignes d’Occitanie I » – huile sur lin 80 x 40 cm -)

L’état de bête

Posté : 11 novembre, 2022 @ 8:34 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

PARIS II La mélancolie du cygne

En ce 11 novembre 2022, voici un poème sur la guerre, sa monstruosité, en hommage à toutes les victimes d’un pouvoir qui se veut absolu en dépit de tout…

L’état de bête

 

Y a-t-il une excuse à la monstruosité

commise par des humains hantés

par la cruauté sans cesse alimentée

par les démons d’une guerre

autorisant tous les pouvoirs ?

Les hommes connaissent-ils la culpabilité

Lorsqu’un enfant se meurt de peine ensanglantée,

que l’âme se débat avec l’horreur, la détresse

cimentée au plus profond du cœur pour l’éternité ?

Il n’est point de pardon pour effacer le crime

commis sur un enfant, une pauvre victime

malgré elle soumise au dictat d’un pouvoir

qui bombarde les maternités, les hôpitaux

et mutile la vie au berceau de l’innocence.

On ne peut qualifier d’humain la bête cruelle

dépourvue de raison, dont la soif rituelle

d’insuffler son venin se commue en devoir !

 

Certes, le soldat est contraint d’obéir

à un maître assoiffé de pouvoir.

Certes, il doit répondre à des ordres.

Mais lorsque le cœur orphelin déborde,

l’on se souvient des viols, des outrages, des horreurs

qui n’avaient pas été ordonnés…

On se souvient de ceux que l’on a aimés

et l’on pleure ces moments de grâce

à jamais disparus…

 

© Monique-Marie Ihry – 8 décembre 2020 -

(aquarelle de l’auteure intitulée « La mélancolie du cygne »)

Masque…

Posté : 6 novembre, 2022 @ 10:56 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

 soldat ange

Masque…

 

La guerre a fait rage dans le blanc paysage de l’hiver

désormais maculé par le sang de valeureux soldats…

Seule est la plaine sous la bise hivernale

qui souffle en rafale son amertume glaçante

sur les corps étalés, sans défense, abandonnés,

exposés aux rigueurs hivernales.

Isolés, sont ces êtres en phase terminale,

ces corps mutilés dont l’âme, déjà, s’en est allée

vers des lieux plus favorables…

 

Peu à peu, neige s’installe dans la plaine endormie…

En silence, elle recouvre de son blanc linceul de flocons

les monts, les vallées, les forêts de cristal, l’horizon

des corps ensanglantés,

masquant ainsi l’horreur du combat

sacrificiel…

 

La mort rôde de nouveau.

Un tir isolé déchire le silence.

Un cri sourd, un râle désespéré,

une flaque de sang macule le sol blanc…

De nouveau, le silence. La mort cependant rôde,

érode des corps parallèles ensanglantés,

emporte vers des rivages plus sereins

ces âmes lasses d’avoir combattu en vain

pour une paix illusoire.

 

Demain, dans la blancheur virginale de l’aube

et le silence d’une mort résolument installée,

une nouvelle rafale de neige opaline masquera

de son aube virginale

le carnage d’autres vies immolées

pour satisfaire les dieux éternels

et insatiables de la guerre…

 

Le monde ne change pas.

Les crimes se perpétuent.

Au nom du pouvoir de certains,

l’on sacrifie des pères,

des mères se lamentent,

l’enfance mutilée se désespère…

 

© Monique-Marie Ihry  – 6 novembre 2022 -

Deux blancs cygnes

Posté : 26 octobre, 2022 @ 8:44 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

cygne couple

Deux blancs cygnes

(Sonnet)

 

Deux cygnes opalins voguaient calmes, beaux.

Le chant du crépuscule éveillait une étoile

Bienveillante évinçant la brume de son voile.

L’archange dans le ciel semblait bénir les eaux…

 

Au loin, l’on entendait des canons, des corbeaux,

Dont le martèlement dans la nuit automnale

Finit par succomber ; plus de tirs en rafale

Dans le silence azur d’une nuit sans tombeaux.

 

Il n’était plus d’obscur sous les feux de la lune.

La valse palmipède à l’ivoirine plume,

Vint attendrir les flots, les combler d’infini.

 

Sur le bienheureux lac, fleurissait l’assurance

D’un univers serein dépourvu de souffrance,

De l’enfer des combats, leur souvenir honni…

 

© Monique-Marie Ihry – 6 mai 2022 –

cygne couple

Le wagon infernal

Posté : 22 septembre, 2022 @ 4:54 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français, Réflexions diverses | Pas de commentaires »

fantasmagorie I 30 40

 Le wagon infernal 

 

…Je tentais vainement d’accrocher mon wagon

À ce train diabolique où valse l’horizon,

Mais ne parvenais pas dans cette course folle

À rassembler le tout courant derrière Éole.

Mus par un ouragan de pensées délétères,

Les nuages du ciel, comme de pauvres hères

Montés sur leur jument, vomissaient leur sang,

Maculaient le soir d’un bandeau indécent.

Dans un semblant de paix malgré ce flux de rouge,

Les noirs délaissèrent le siège de ce bouge

Et la lune en sommeil fit éclore une étoile,

Soulageant de ce fait les cœurs purs de leur voile.

Puis le train se para d’un semblant d’unité,

Une paix s’installa sur le rail affecté,

Et dans le ciel paisible un oiseau de passage

Grava ces mots d’amour, ce bienveillant message :

 

« La mort survient sans rendez-vous,

Soyez unis, entraidez-vous,

     La vie est une fleur fragile,

     La guerre une cause futile.

     De la nuit émane le jour,

     Des maux, le plus fort est l’amour! »

 

© Monique-Marie Ihry

(toile de l’auteure intitulée « Fantasmagorie I », huile sur toile, 30 x 40 cm)

Vint le baiser

Posté : 19 juillet, 2022 @ 10:29 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Chutt ! II 55 46

Vint le baiser

 

… Puis vint le baiser,

un baiser violent comme une exigence,

un de ces uniques baisers qui rend fou, délirant,

ouvre une brèche, un passage

dans un cœur asséché par les tourments de la vie,

un baiser qui suggère à la hâte des mots déments

griffonnés sur une nouvelle page,

défie la raison, ses démons,

anéantit chaque bonne résolution

et fait enfin sombrer dans le néant

les pensées obscures gisant

dans l’antre insoumis du cœur.

C’était un baiser d’allégeance

qui ressuscite

et suscite un nouvel élan,

fougueux élan d’amour, de printemps,

enfanté par la passion naissante d’un renouveau.

 

J’eus soudain envie de laisser faire la vie,

de lâcher prise et d’oublier

l’ennui des jours lents et tristes,

ces moments faits de bistre,

ces heures hantées par la métaphore

de la mort et de ses encore,

modelées par le souffrir

d’un long et douloureux martyre.

Je m’ouvris à cet impétueux baiser,

semant à tout vent

dans les sillons jadis inféconds de mon cœur

les voluptueux pétales d’un printemps éternel.

©  Monique-Marie Ihry    -  25 avril 2022  -

(toile de l’auteure intitulée  » Chut !  » (2016) – huile sur lin 55 x 46 cm -)

 

Jamais

Posté : 2 juillet, 2022 @ 10:29 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

flor IV  60 80

Jamais

 

Elles reviendront les hirondelles

composer leur nid dans notre jardin,

tout comme les iris sur le bord des canaux,

mais je sais qu’à moi, tu ne reviendras pas.

 

Oiseaux et papillons voleront de nouveau

venant ainsi demain fleurir la vie

de mille couleurs et d’harmonie,

mais je sais qu’à moi, tu ne reviendras plus.

 

On ne revient jamais du grand trépas,

et même si l’on dit qu’il existe là-haut

un grand jardin d’âmes fleuri,

je sais que la vie là-bas est irréelle ;

et que dans notre jardin d’ici-bas,

même si avec les oiseaux le printemps

toujours revient,

je sais que jamais tu ne me reviendras !

 

@ Monique-Marie Ihry  – 9 février 2022 –

(toile de l’auteure intitulée « Flor IV » huile sur toile 80 x 60 cm)

J’irai au bois

Posté : 14 juin, 2022 @ 10:28 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

ENCRE 29 (3)

J’irai au bois   

(Sonnet)

 

Je voudrais de mes mains toucher l’immatériel,

Colombe me poser sur un nuage rose,

Frôler la belle étoile où mon amant repose,

Quitter ce monde laid, rejoindre l’arc-en-ciel.

 

Il me faut chaque jour dans le superficiel,

Composer le futur à la rime morose,

Semer des mots d’espoir dans mon jardin en prose,

Ressentir de l’instant le vide artificiel…

 

Lorsque viendra l’avril éclore l’espérance,

Les grands maux de l’hiver feront leur révérence,

Je m’enfuirai vers toi loin de ce crève-cœur…

 

J’irai au bois cueillir le bouquet d’un poème

Orchestré par l’amour sur un air de bohème,

Où l’on fait fi des maux, où le verbe est vainqueur…

 

©  Monique-Marie Ihry    -  11 mai 2022  -

(illustration de l’auteure, encre de Chine)

Telle la rosée

Posté : 9 juin, 2022 @ 8:20 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes courts, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

bailarin détail

Telle la rosée

 

Ton souvenir vient délicatement

se poser telle la rosée

sur les blanches corolles de l’aube.

Tu te penches sur mon front

et déposes un doux

et langoureux baiser,

effeuillant la colline

désormais ensoleillée

où repose sereinement

mon cœur…

©  Monique-Marie Ihry   – 18 mai 2022 -

(toile de l’auteure, détail de  ” Bailarin ” – huile sur lin – )

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