Dans le Jardin des mots

Archive pour la catégorie 'Extraits de recueils de poésie de l’auteure'

L’amer des grands fonds

Posté : 4 septembre, 2021 @ 4:12 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Adieu  48 56 cm mm ihry

L’amer des grands fonds

 

Mon cœur s’est réfugié au berceau de la mer

afin d’oublier du passé le tourment.

Mais dans le puits obscur de cet antre liquide,

il se retrouva sur une couche de boue,

collé bien malgré lui, maculé jusqu’au cou,

sans espoir d’émerger pour rejoindre le présent.

Les déesses vagues, au-dessus de sa tête,

rivalisaient de leur écume dentelle

dont les chevelures blanches ensemble déployées,

ballottées par l’onde paressaient au soleil

sans se soucier de l’être par la fange encerclé.

Dans le vase de la mer, des poissons indifférents

naviguaient en silence picorant ici et là

sur algue, une conque, sur mon âme un regret.

Puis soudain, j’aperçus une paire de rames

encadrant une barque à la coque vermeille,

écartant la dentelle de la robe océane

à la veine recherche d’un cœur désespéré

venu se réfugier dans l’azur infini.

Mais au fond de l’amer, il n’y eut pas d’écho,

car les mots prisonniers se noyèrent aussitôt

entraînant mes espoirs vers l’amer des grands fonds.

Les rames disparurent emportant le vermeil

d’un possible salut. Repus, les poissons

repartirent en chœur picorer d’autres lieux,

abandonnant le cœur au présent d’un oubli

dans le puits de l’âme englouti pour toujours…

 

© Monique-Marie Ihry  – 26 février 2021  -

Toile de l’auteure intitulée « Adieu » – huile sur toile 46 x 55 cm -

Une plume de soie

Posté : 29 juillet, 2021 @ 6:55 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

OISEAU 26

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une plume de soie

 

 J’entrevois sur ton front la trace d’un baiser

un soir déposé dans la grâce d’un instant

comme une douce plume de soie

sur le satin rose de ta peau.

Sur tes lèvres, je devine les pas joyeux

d’un oiseau guettant l’éclosion d’un je t’aime

entre deux soupirs diffusés

par le souffle tempéré de ta bouche.

Tu reposes nonchalamment sur notre couche

sans te douter que l’oiseau et moi

nous veillons conjointement sur ton repos,

espérant toutefois assister à l’heureuse éclosion

d’une fleur entre tes lèvres adorées.

À défaut de l’un de tes sourires conscients et délicieux,

un simple bourgeon est venu soudain éclore

d’une rose à peine entr’ouverte à l’aurore renaissante

et me comble d’un bonheur infini

en attendant patiemment ton réveil.

Et l’oiseau de s’exercer à ses trilles enjoués

dans l’espoir de te voir bientôt revenu parmi nous

pour profiter ensemble de ce jour exquis

où les fleurs, les roses de la vie

revêtent leur robe de gala

pour célébrer l’avènement du printemps…

 

© Monique-Marie Ihry – 2021 -

Dessin de l’auteure -  encre de Chine  -  faisant partie du recueil de poèmes  » A l’encre sur ma peau  »

 

 

Aller sans retour

Posté : 21 juin, 2021 @ 4:09 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes courts, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Florero primaveral M.M. IHRY 65 81

Aller sans retour

 

Une amie part,

un enfant naît,

le soir se meurt

et déjà le soleil luit

quelque part…

Vivons, Vivons ce jour

comme s’il était le dernier,

Enivrons-nous de joie,

d’amour,

demain à l’aube

il sera trop tard !

©  Monique-Marie Ihry

Hommage à une amie partie bien trop tôt…

Depuis la nuit des temps

Posté : 2 juin, 2021 @ 6:46 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Chutt ! II 55 46

Depuis la nuit des temps

La mer déploie la chevelure diffuse

de ses vagues

sur le turquoise de sa robe

qui ondule, danse, avance

vers le sable de la plage,

délaissant au passage

une dentelle accrochée à son blanc jupon.

Elle s’attarde un peu sur le sable

avant de repartir flirter vers l’horizon,

le volant froissé, la jupe relevée

vers sa poitrine haletante,

se lovant à la houle,

ondulant de ses vagues serpentines

sous la caresse diamantine du vent

dans une azure pâmoison.

Comblée, plus belle que jamais,

elle revient déployer sa robe

de gitane sur le vague des pensées

qui vont et viennent, comme elle,

sur la plage des cœurs offerts

aux délicieux caprices d’Éole,

dans un fandango endiablé et fougueux

que seule la mer sait orchestrer

depuis la nuit des temps…

© Monique-Marie Ihry  – 5 mars 2021  -

(toile de l’auteure  » Chutt !  » (2015)  – huile sur toile 55 x 46 cm  -)

Joli mois de mai

Posté : 2 mai, 2021 @ 11:10 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes courts, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

muguet tendre

 

Joli mois de mai

Me croiriez-vous si je vous disais rêver
de vous voir sur le pas de ma porte arriver
le regard ébloui d’un bouquet de muguet
venant ainsi sacrer cet heureux mois de mai,
si je vous disais que depuis des lustres j’aime
ce beau sourire empreint d’une bonté extrême ?

Tendez-moi ce bouquet de joli mois de mai
je m’ouvrirai à son parfum comme il vous sied.
Mille baisers d’espoir je vous adresse en vers,
mille vers énamourés je compose ce soir,
hommage à ce regard dans lesquels je me perds…

 

©  Monique-Marie Ihry  -  1er mai 2015 -

Sans un bruit…

Posté : 5 avril, 2021 @ 11:06 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

perles de lune ange

Sans un bruit

 

La lune passe sans un bruit,

comme un parfum dans l’air assoupi

s’esquivant malgré lui,

comme la douce caresse d’un vent

sur les épaules décolletées d’une nymphe

abandonnée à la paisible rêverie

d’un oubli passager…

 

La lune passe sans un bruit,

doucement, elle part rejoindre la nuit,

comme une page qui se ferme sur le jour,

comme un au revoir par la mer décliné

dans le va-et-vient d’une mer

ineffable…

 

©  Monique-Marie Ihry  – 23 février 2021  -


 

Depuis la nuit des temps

Posté : 28 mars, 2021 @ 3:27 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

dolores

Depuis la nuit des temps

La mer déploie la chevelure diffuse

de ses vagues

sur le turquoise de sa robe

qui ondule, danse, avance

vers le sable de la plage,

délaissant au passage

une dentelle accrochée à son blanc jupon.

Elle s’attarde un peu sur le sable

avant de repartir flirter vers l’horizon,

le volant froissé, la jupe relevée

vers sa poitrine haletante,

se lovant à la houle,

ondulant de ses vagues serpentines

sous la caresse diamantine du vent

dans une azure pâmoison.

Comblée, plus belle que jamais,

elle revient déployer sa robe

de gitane sur le vague des pensées

qui vont et viennent, comme elle,

sur la plage des cœurs offerts

aux délicieux caprices d’Éole,

dans un fandango endiablé et fougueux

que seule la mer sait orchestrer

depuis la nuit des temps…

© Monique-Marie Ihry  – 5 mars 2021  -

Liberté

Posté : 25 mars, 2021 @ 12:14 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

COUVERTURE 1ere UN PRINTEMPS ASSASSIN

Liberté

 

Envie de sortir,

de prendre ma voiture et de voir défiler les arbres,

regarder les vignes enfanter leurs jeunes feuilles,

m’éblouir de ce camaïeu de verts ensoleillés

que la nature nous offre sur l’autel consacré du printemps,

m’étourdir du chant des oiseaux, de leurs trilles enjoués,

de la symphonie des fleurs dans les champs,

et renaître à l’espoir, ne serait-ce qu’une seule heure,

quelques minutes de vie en prenant le risque

de tomber malade. Peu m’importe !

La sixième semaine de confinement s’épuise

et je me meurs de cette non-liberté qui pourtant

me délivre le choix d’écrire à ma guise.

C’est ainsi, qu’on se le dise, je désire sortir,

m’éblouir, m’enivrer de printemps,

des arbres et des fleurs,

aller jusqu’à mourir allongée dans un champ

au milieu des herbes et des fleurs,

ne serait-ce qu’un instant, bercée par le chant

de la nature et, sereine m’endormir,

dans une paix recouvrée,

au pays de mes rêves et de l’impossible,

loin de cette cruelle réalité

qui tue sans pitié les êtres que l’on aime

et nous plonge dans la lie de la peine

où je m’enlise aujourd’hui,

loin de mes chers enfants

qui luttent courageusement de leur côté

contre le cruel ennemi de leur vie…

 

© Monique-Marie IHRY  – avril 2020 -

Extrait du recueil de poésie  » Un printemps assassin  » écrit lors du 1er confinement et paru fin décembre 2020 chez  Cap de l’Étang Éditions

COUVERTURE 31 octobre UN PRINTEMPS ASSASSIN, pandémie-page001 (2)

L’amandier

Posté : 30 janvier, 2021 @ 5:53 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes courts, poèmes d'amour | Pas de commentaires »

mademoiselle J 55 x 46

L’amandier

 

 

Le premier amandier vient de fleurir,

mon amour.

C’est le printemps des cœurs,

la saison gracieuse

qui fait éclore dans les arbres

les bourgeons et fleurir la romance

dans les allées jolies

de la vie et de l’espérance !

 

© Monique-Marie Ihry

(Extrait du recueil  » A l’encre sur ma peau « , toile de l’auteure intitulée  » Mademoiselle  » (2018) huile sur toile 55 x 46 cm)

La maison vide

Posté : 4 janvier, 2021 @ 10:14 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

La maison vide

 

 

L’Espagne n’est plus désormais qu’une

profonde blessure

dont les sillons féconds se gorgent

de                                             semences sanguinaires.

Les prés exhalent              l’haleine fétide de la mort,

les champs sont jonchés de               corps allongés,

dont la précieuse vie s’en est      ‒  hélas  ‒      allée.

 

L’Espagne funambule vacille   entre enfer et démons.

Les maisons se vident,        les prisons se remplissent,

tout comme    les chambres de torture qui fleurissent

les caves et les villes.

 

Parmi tous, l’emploi de bourreau est devenu,

le mieux rémunéré. On se croirait revenus

aux temps de l’Inquisition

lorsque le printemps de chaque jour faisait éclore

dès les premières lueurs de l’aube la délation

et que, dans le grand ménage de la sorcière religion,

des vies innocentes n’étaient plus

qu’une simple mauvaise herbe de plus

à éradiquer.

 

Il pleut des gerbes de balles sur la plaine,

et dans les prés, à perdre haleine,

ravis, les charognards font leur marché

pendant que, dans les maisons désertes

aux portes branlantes entre-ouvertes,

des portraits abandonnés sur une commode

témoignent de jours où, sereine fut l’Espagne,

où les enfants pouvaient se laisser à rêver

à des cours de récréation sans le fantôme

d’un fusil… !

 

© Monique-Marie IHRY

(Extrait d’un recueil de poésie de l’auteure sur le thème de la Retirada qui paraîtra courant 2021)

Ce poème fait partie de l’un des textes qui m’a permis d’obtenir le Grand Prix Jean Bonicel dans le cadre du concours ARCADIA 2020.

 

 

 

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