Dans le Jardin des mots

Archive pour la catégorie 'Extraits de recueils de poésie de l’auteure'

Un verger en fleur

Posté : 13 février, 2024 @ 11:45 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Un verger en fleur

Dans le petit village de Lorraine

à deux pas du village de mes ancêtres,

le verger en fleurs offre à l’aube

la magnificence de sa beauté.

Si le froid ne vient pas

d’ici quelques semaines

déposer sa robe de givre

sur le satin des blanches corolles,

les arbres enfanteront de nouveau

de nombreux fruits.

Un couple de cigognes

semble avoir élu domicile

sur le toit du grand château assoupi…

De gais rossignols enchantent de leurs trilles

le jardin de rosée s’éveillant paisiblement

dans la douceur matinale.

Les roses offriront bientôt

la grâce de leur robe

et la quintessence de leur arôme,

ajoutant à celle de la terre

encore humide du parfum de la nuit,

s’éveillant elle aussi, peu à peu,

dans la sérénité de mai

acquise aux promesses printanières.

 

© Monique-Marie Ihry  – 25 février 2023 -

Le rosier

Posté : 3 février, 2024 @ 9:29 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Le rosier

 

Dans la ville désertée de ses habitants,

les portes entre-ouvertes claquent au vent,

répondant à l’écho de volets malmenés

par les fracas de l’hivernale colère.

La ville a froid ; glacées sont les maisons

désormais sans âmes,

sans flammes au foyer des êtres enfuis

depuis plusieurs mois déjà, partis

rejoindre à pied les frontières de l’inconnu,

portés par la foi en un possible devenir.

N’ayant toujours pas compris

cet abandon sans préavis,

des chats faméliques entrent et sortent

par les portes tremblantes de l’aurore.

Les chiens hurlent leur détresse,

interpellent la mort, longuement.

Dans le petit jardin de la maison vide,

un rosier sans épines continue de fleurir malgré tout

offrant au monde la fragrance délicate

d’une vie que seul un obus pourrait anéantir.

 

La maison voisine affiche de profondes blessures.

La façade parcourue d’une plaie géante

laisse deviner la misère installée.

 

Des rossignols ayant élu domicile en ces lieux

viennent et vont, s’affairent pour nourrir leurs petits.

Généreuse, la maison efflanquée,

à défaut d’être habitée, laisse ces âmes pénétrer,

tout comme la vigne s’étant vaillamment épanouie

entre les pierres délabrées d’une petite chambre

abandonnée…

 

© Monique-Marie Ihry – 29 septembre 2020 –

 (Poème issu de mon recueil Les rimes interdites, hommage à Antonio Machado, Collection Plume d’ivoire n° 15, Cap de l’Étang Éditions, 2021)

COUVERTURE LES RIMES INTERDITES 18 mai 2021-page001 (3)

 

Un sapin

Posté : 19 janvier, 2024 @ 8:42 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

ophélia II  50  70

Un sapin

Sur la petite table du salon,

un sapin de Noël pleurait

les absents, leurs rires

et la joie de cette nuit

d’amour et de pardon

dans la magie de l’illusion…

Ses boules brillaient, étincelaient,

les guirlandes dansaient,

clignotaient,

comme les petites larmes

perlant le regard attristé,

parcourant bientôt

les cernes bleutés

d’un visage fané.

Sur la table de Noël,

s’était invitée l’absence,

auguste présence

au cœur d’un hiver

indéniable…

© Monique-Marie Ihry – 17 décembre 2023 –

(Illustration de l’auteure, Huile sur toile 80 x 40 cm (2013) collection privée)

Si les peuples, ensemble…

Posté : 22 décembre, 2023 @ 2:46 dans CONCOURS, Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes courts, Prix de poésie | Pas de commentaires »

COUVERTURE SI LES PEUPLES ENSEMBLE NANCY PRIX DES POETES LORRAINS

Si les peuples ensemble

 

Si la Paix faisait loi dans un monde sans pleurs

Délivré pour toujours des grands maux de la sphère,

Si les êtres vivants repeuplaient l’atmosphère

De bonté, de beauté, de forêts et de fleurs…

 

Par la fente de marbre au tombeau des douleurs,

Si les gémissements que la mort vocifère

Se muraient d’un silence et que nul ne profère,

N’incite au fanatisme, au fardeau des malheurs…

 

Si les peuples ensemble unis dans l’espérance

Acceptaient de bannir le dard de la souffrance,

L’univers tout entier serait bercé d’amour.

 

Mais il n’est aujourd’hui que guerres intestines

Que les bombes du ciel, averses guillotines,

Enflamment de leurs feux sans égal alentour !

 

© Monique-Marie Ihry   10 juillet 2023 –

(Extrait du recueil de poésie « Si les peuples, ensemble… », Grand Prix des Poètes Lorrains 2023 (SPAF)

Une plaie de ciel

Posté : 10 novembre, 2023 @ 9:01 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français, Prix de poésie | Pas de commentaires »

1ERE COUVERTURE POUR L ETERNITE

Une plaie de ciel

La guerre se rapprochait de nouveau, l’été repliait son manteau fleuri de sève. L’automne déployait son jupon flamboyant sur le massif en deuil, désolé, larmoyant, dans le ballet d’un soir où la mort dans un ultime et grand sursaut plantait son glaive impitoyable.

C’était la fin d’un temps, une vie qui s’achève, et dans la tombe ouverte à l’automne assaillant, des feuilles défuntes, réunies, sommeillant, gémissaient en silence en plainte sourde et brève. Dans le crépuscule souverain, aux confins de la nuit, une lune voilée offerte aux accents de tristesse entamait un refrain de profonde détresse…

L’été était parti, avec lui, l’amour, la paix, s’étaient enfuis, et dans les cœurs rompus aux refrains d’un vain espoir avortaient les rêves ô combien légitimes, dans le cruel et glacial écho d’une montagne proche, traîtresse, résignée de belle indifférence…

Le ciel s’était tout à coup incendié d’un rouge flamboyant. Sa plaie s’était ensuite agrandie vers l’horizon de l’infini. Ouverte, la nuit se défaisait de son sang qui ruisselait, dévalait sur le jupon déployé de la colline ensommeillée.

Une bruine diffusait des gouttes ensanglantées sur le mont de la peine dans le village du souvenir où les âmes, ensemble, sur le seuil du souffrir, luttaient pour évincer de leur cœur les armes pointées sur le mont de l’horreur, leur imposant l’infâme souvenance des outrages d’une guerre intestine.

Peu à peu, la nuit exsangue de sa plaie s’assoupit dans l’obscur déclinant, peu soucieuse de la douleur imposée aux êtres abandonnés à la blessure magnifiée. L’univers s’endormait, mais demeurait la douleur, comme une vie qui se meurt à petit feu, comme s’étiolent les roses de la vie, tout comme les cœurs orphelins d’une romance qu’un jour de lune pleine on promit à leur ignorance ingénue…

 

© Monique-Marie Ihry

Poème extrait du recueil de prose poétique Pour l’éternité, Prix Jacques Raphaël-Leygues de la Société des Poètes Français 2022, Collection Plume d’ivoire n° 39, Cap de l’Étang Éditions, 2023

Les mots indélébiles…

Posté : 25 septembre, 2023 @ 11:02 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Les mots indélébiles…

 

Il est tant de douleur à vivre loin des siens,

tellement de peine à endurer les agressivités d’hier

qui martèlent longuement, irréversiblement le cœur

à coup de mots forts, tranchants, cruels,

indélébiles !

 

Éloignement,

fossé qui se creuse davantage

à mesure que le silence s’installe

irrémédiablement,

s’allonge et s’étire encore

tant que les mots ne se prononcent pas,

ne se prononcent plus

au-delà des kilomètres

et de ce temps tortionnaire silencieux,

cependant lourd en paroles douloureuses

qui résonnement encore avec force, sans cesse,

ébranlent le cœur malmené,

après tant d’années de don de soi

pour ceux que l’on aime,

que l’on aimera malgré tout

au-delà de cette distance…

de ce silence qui s’étire, désespérément,

déchirant le miroir effeuillé de l’amour

en souffrance…

 

Temps douloureux de l’absence

et des mots adverses non dits,

ne serait-ce que pour s’excuser de les avoir

prononcé au-delà de la bienséance…

 

Silence et distance déchirant le temps

d’un présent horriblement douloureux

que rien, nul ne semble être en mesure

de pouvoir apaiser…

 

© Monique-Marie Ihry ‒ 23 septembre 2023

 

Il n’est plus de demains…

Posté : 27 juillet, 2023 @ 8:13 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, poèmes d'amour, Poèmes en français, sensualité | Pas de commentaires »

ophélia II  50  70

 

Il n’est plus de demains…

 

Sous son décolleté de dentelle nacrée

Se laissaient entrevoir de bien charmants secrets.

Ses deux seins palpitants tels des chardonnerets,

Évoquaient la rondeur d’une lune sacrée.

 

Depuis combien de temps se morfondait Myriam

Assise à cette table, espérant la venue

De l’être bien-aimé ? Sur la grande avenue,

L’on entendait l’écho d’un long phrasé de slam…

 

L’on percevait au loin près de la blonde dune

La danse de l’étoile, son gracieux menuet.

Mais dans son cœur flétri, dans son âme, à regret,

Fleurissait le carmin d’une larme opportune.

 

© Monique-Marie Ihry  – 7 mars 2022 -

(toile de l’auteure intitulée « Ophelia II » (2013) 70 x 50 cm)

Nuit de Sèvres

Posté : 11 juin, 2023 @ 3:01 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français | Pas de commentaires »

canal du midi VIII 50 50

Nuit de Sèvres

Il me sembla percevoir le souffle

d’un « je t’aime » entre tes lèvres

avides et gourmandes.

Mais il s’agissait bien là

d’une faible ébauche

échappée bien malgré toi

dans le soupir de cette Nuit de Sèvres,

fragile nuit de porcelaine

où naît et disparaît

le mirage d’un amour

avorté avant même d’être né.

Au berceau de tes bras éphémères

je caressai longuement dans tes bras

ce rêve impalpable, illusoire,

de te voir rester à mes côtés,

ne serait-ce qu’une journée d’illusion

où je conjuguerais le tangible avec l’impossible

sur le cahier des espérances.

Mais il s’agissait bien là également

d’une vaine doléance,

tout comme ce « je t’aime » à peine

suggéré entre tes lèvres

gourmandes à-demi assoupies

dans leur indifférence.

© Monique-Marie Ihry  -  2 mai 2021 –

Extrait du recueil de poésie paru en mai 2023 intitulé « Nuits de porcelaine » aux Éditions Cap de l’Étang

COUVERTURE NUITS DE PORCELAINE 1ere

Même si rêve est court…

Posté : 3 mai, 2023 @ 7:36 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes courts, poèmes d'amour, Poèmes en français, sensualité | Pas de commentaires »

Nikolaï + 41 x 33 cm
Même si rêve est court… 

Même si rêve est court, ne dure qu’un seul jour,

Je veux rêver de toi et croire en notre amour,

Me nourrir à ton cœur, te réveiller à moi,

Faire de toi l’amant sujet de cet émoi,

Comme il me plut ce jour où fleurit cet amour

Qui nous unit le soir près de cette fontaine,

Ce mirage lointain, cette page incertaine…

Je veux faiblir encore et sombrer dans l’extase,

Vibrer comme la corde à l’archet de ton corps,

Sentir battre mon cœur en de parfaits accords,

Je rêver de toi, côtoyer cette emphase,

Même si rêve est court, ne dure qu’un seul jour !

 

© Monique-Marie Ihry  – 13 décembre 2022 -

(Toile de l’auteure intitulée « Nicolas », huile sur toile 41 x 33 cm, 2015)

Joli moi de mai…

Posté : 1 mai, 2023 @ 2:27 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes courts, poèmes d'amour, Poèmes en français | Pas de commentaires »

Joli moi de mai... dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure coquelicots-blancs-300x300

Joli mois de mai

Me croiriez-vous si je vous disais rêver
vous voir sur le pas de ma porte arriver,
le regard ébloui d’un brin de muguet
venant ainsi consacrer cet heureux mois de mai ?
… Si je vous disais que depuis des lustres j’aime
votre sourire empreint d’une bonté suprême ?

Tendez-moi ce bouquet de joli mois de mai,
je m’ouvrirai à son arôme comme il vous sied.
Cent baisers d’espoir je vous adresse en vers,
mille vers énamourés je compose pour vous ce soir,
hommage à ce doux regard dans lequel

chaque nuit d’espoir je me perds…

©  Monique-Marie Ihry  -  1er mai 2015 -

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