Dans le Jardin des mots

Poésie et prose, prose et poésie, au gré des mots, au fil du temps…

Archive pour le 1 septembre, 2017

Aux confins de la nuit (traduit et commenté par le Pr Mohamed Salah Ben Amor)

Posté : 1 septembre, 2017 @ 4:00 dans Critique littéraire, Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes traduits en arabe | Pas de commentaires »

Poème du jour : Aux confins de la nuit
Par : Monique-Marie Ihry

 
L’été repliait son manteau fleuri de sève,
L’automne déployait son jupon flamboyant
Sur le massif en deuil, désolé, larmoyant
Dans le balai d’un soir où la mort plante un glaive.

C’était la fin d’un jour, un amour qui s’achève
Et dans la tombe ouverte à l’automne assaillant
Des feuilles défuntes, réunies, sommeillant
Gémissaient en silence en plainte sourde et brève.

Dans le noir crépuscule aux confins de la nuit
Une lune voilée aux accents de tristesse
Entamait un refrain de profonde détresse.

L’été était parti, l’amour s’était enfui
Et dans mon cœur rompu aux refrains d’une larme
Se perdaient mes rêves dans le vide et son charme…
© Monique-Marie Ihry – 2 mai 2014

 

L’une des constantes principales de la poésie de l’auteure de ce texte est l’utilisation symbolique massive des éléments naturels que l’on voit présents dans presque tous les vers. Néanmoins, c’est sur des éléments temporels que s’est focalisée, cette fois, son attention et sur lesquels elle a érigé la fondation de son poème .Ces éléments ont été distribués sous forme de deux dualités dont l‘une , étant plus vaste ( Eté/Automne ), englobe l’autre, plus restreinte ( Jour/Nuit) .D’autre part , elles n’ont pas été appréhendées dans leur dimension concrète mais dans la phase minime de transition où l’automne commence à prendre la relève de l’été, laquelle est une sorte de passage lourd et pénible à supporter par les âmes sensibles comme celle de l’auteure, du fait de leur prédisposition à la mélancolie et aux appréhensions du futur immédiat .D’où ce flot d’images évoquant la tristesse , le regret, l’angoisse et dont la plupart ont été conçues sur la base de la personnification (massif en deuil, désolé, larmoyant – la mort plante un glaive – dans la tombe ouverte à l’automne assaillant des feuilles défuntes – lune voilée aux accents de tristesse – un refrain de profonde détresse ).Mais , il n’y s’agit que d’une simple projection de l’état d’âme de la poétesse sur le paysage naturel qu’elle décrit dans ce laps de temps bien déterminé.Et elle le dit d’ailleurs expressément : (dans mon cœur rompu aux refrains d’une larme se perdaient mes rêves dans le vide et son charme ).Et le mot « charme » qui peut apparaître ici, à première vue, comme un intrus montre que la beauté n’est nullement liée à la joie et que bien de paysages tristes sont esthétiquement fascinants. Nous avons encore beaucoup à dire sur ce poème mais notre commentaire s’est trop allongé. Arrêtons-nous donc et invitons les lecteurs à dégager le reste.

على تُخوم اللّيلِكان الصّيفُ يطوي مِعطفَهُ الزّاهِرَ المضمَّخَ بالرّحيقِ
وكان الخريفُ ينشُرُ جِلبابَهُ المُلتهِبَ
على المُرتفَعِ الجَبَلِيِّ القَفْرِ الدّامعِ العينين المُتلَفِّعِ بثوبِ الحِدَادِ
في خِضَمِّ مساءٍ جارفٍ يغرسُ فيه الموتُ سيفَهُكانتْ تلك نهايةَ نهارٍ، لحظةً لفظَ فيها حُبٌّ أنفاسَهُ
وفي القبرِ المفتوحِ للخريفِ الدّاهِمِ
كانت أوراقٌ شَجرٍ ميّتةٌ متلاصقةٌ منغمسةً في نومها
تئنُّ في صمتٍ مُرسِلةً شكوى مختنِقة الهمهماتِفي المغيبِ الدّامسِ على تُخوم اللّيلِ
كان ثمّةَ قمرٌ مُتَحَجِّبٌ حزينُ النّبراتِ
قد أخذَ يردِّدُ مُستغيثا أغنية رتيبةً تدمي القلوب

كان الصّيفُ قد رحلْ
والحُبُّ قد فرْ
وفي قلبي المُتمرِّسِ بنغماتِ الدّمعِ الرتيبة
كانت أحلامي تتلاشى في الفراغِ و سِحْرِهِ

مونيك ماري إهري – شاعرة فرنسيّة

 

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