Dans le Jardin des mots

Poésie et prose, prose et poésie, au gré des mots, au fil du temps…

Archive pour mars, 2014

Posée sur un nuage (traduit en arabe)

Posté : 27 mars, 2014 @ 10:55 dans Poèmes en français, Poèmes traduits en arabe | Pas de commentaires »

posée sur un nuage mohamed

Traduit en arabe par le Professeur Mohamed Salah Ben Amor

 

26 mars 2014, 17:33

حاطّة على سحابةٍ

 

شعر : مونيك ماري إهري – شاعرة فرنسيّة

 

 

 

نسِيَتِ الطّعَناتِ ،دَفنتْ ألمَها

 

في هُوَّةِ القلبِ التي تغرَقُ فيها

 

دموعُ المهانةِ في صخبٍ

 

ثمَّ نذَرتْ إلى الموتِ

 

أسلحةَ الغمِّ وفِتنتَها الدّنيئةَ

 

 

 

فوق موجةِ القصيدةِ احتضنتِ الأملَ

 

وعلى  مياهِ البحرِ

 

 فرّتْ محلّقةً لا تلوي على شيءٍ

 

منقادةً وراءَ قافيةٍ جديدةٍ

 

أوحى بها إليها الحبُّ

 

 

 

لطالما طارتْ وراءَ المرارةِ

 

وراءَ وجَعِ الصّقيعِ

 

المتفشّي  في لحمِها الحيِّ

 

كان عليها أن تحيَى بعد كلّ ذلك اليأسِ

 

 

 

لقد حلَّقتْ  بعيدا، هروبا من الإهانةِ  

 

ولجتْ عالَمَ الشِّعرِ

 

ذلك الذي تعدِّلُه شمسٌ

 

 تبعثُ الحرارةَ في السّماءِ الصّافيةِ

 

كقلبٍ لا مثيل لنبضاتهِ

 

وأخذتّ تكتبُ تكتبُ

 

وهي  تعتلي سحابةً

 

 

 

في أعلى الحُلمِ

 

وقد حطّتْ بها الرِّحالُ

 

في متاهةٍ من سرابٍ

 

بعيدا عن الخِزْيِ والشَّنَارِ

 

بعيدا عن ليالي الأرقِ

 

وقد باركها القمرُ

 

وأسدى إليها نصائحَه الثّمينَةَ

 

كانت تغنّي للفجرِ

 

أغرودَتَه السّعيدَةَ  

 

 

 

كانت القوافي تسيلُ تحت قدميها

 

نحو البحرِ

 

كسُفُنٍ صغيرةٍ خفيفةٍ

 

هاربةٍ من الزّمنِ المُرِّ

 

حيث تذوي الزّهرةُ

 

تحت نَيْرِ الدَّناسةِ

 

 

 

 كانت  وقد تحصّنت من هذه الدّنيا

 

  فوق  سحابةٍ

 

تعيدُ تأليفَ ضفافٍ

 

لسماءٍ صافيةٍ

 

وقد هدهدتْها قافيةٌ

 

قصيدةٍ قادمةٍ   

 

 

 

Posée sur un nuage

 

[…]

                          I

 

Elle oublia les coups, enterra sa souffrance

Dans l’abîme du cœur où se noient en fracas

Les larmes de l’outrage, puis voua au trépas

Les armes du chagrin et leur vile attirance.

 

Sur l’onde d’un poème, elle embrassa l’espoir,

Sur les flots de la mer, d’une rime nouvelle

Inspirée par l’amour, s’enfuit à tire-d’aile…

Elle vola longtemps au-delà de l’amer

Par-delà la douleur des frimas de sa chair,

Il lui fallait survivre à ce grand désespoir.

 

                        II

 

Elle vola bien loin, s’évadant de l’outrage,

Entra en poésie où régnait un soleil

Qui réchauffait l’azur comme un cœur sans pareil.

Elle écrivit longtemps, posée sur un nuage.

 

Du haut de son rêve, perdue dans un mirage,

Loin de l’ignominie, de ses nuits sans sommeil,

Bénie par la lune et son précieux conseil

Elle chantait l’aube sous un heureux ramage.

 

Les rimes à ses pieds s’écoulaient vers la mer,

Petits bateaux légers fuyant le temps amer

Où s’étiole la fleur sous le joug de l’immonde.

 

Du haut d’un nuage, protégée de ce monde

Elle recomposait les rives d’un azur,

Bercée par la rime d’un poème futur…

 

©  Monique-Marie Ihry  - mars 2014  -

 

Extrait du recueil « Enfers » en cours de rédaction à paraître en 2014

Texte déposé

Si te vas

Posté : 21 mars, 2014 @ 12:29 dans Poemas en español | Pas de commentaires »

bailarina triste+++ 54  65

© M.M. Ihry, Bailarina triste 45/65 cm

Si te vas  

 

Si te vas

seguiré olvidándome

las llaves del corazón

Si te vas

seguirán pasando

los días

días muertos

huérfanos

de ti

días sin sabor

camino

de la muerte

Si te vas…

 

©  Monique-Marie Ihry    -  21.O3.2014  -

Derechos de autor

Aux frontières du rêve

Posté : 10 mars, 2014 @ 6:11 dans Prose poétique | 2 commentaires »

 

cygne couple

Aux  frontières du rêve

 

 

 

Je sais désormais que tu ne reviendras pas, je sais que je ne te reverrai  plus car on ne surgit pas des frontières de l’indicible. La vie est ainsi faite qu’elle peut être défaite, on ne rentre pas de la mort.

 

S’il existait une vie après le décès, je prendrais alors le premier vol en  partance pour le berceau de tes bras. Je partirais te rejoindre sur le champ, je laisserais tout, le cours des jours et son cortège d’arpèges fallacieux, la mer, le soleil, la vie et les roses de l’aurore. Mes rêves ne sont plus ici, je les entrevois au-delà du monde, dans le berceau virtuel de tes bras chaleureux.

 

Depuis que tu es parti, la terre se meurt, le printemps n’est plus. L’été a même refusé de briller hier sur la plage et semble avoir projeté le monde sur la page mélancolique des frontières de l’automne.

 

La rive de mes pensées se retrouve jonchée de feuilles mortes que le vent du Nord balaie et puis emporte sur le flot impétueux des larmes de l’absence. La pluie colporte sa mélancolie ici et là, s’infiltre partout, s’engouffre entre les branches et vient glacer mon cœur las. Le monde vacille, tangue, sur l’onde de vagues accrues par le souffle d’une bise rebelle, puis s’enfuit en songe vers les frontières  inaccessibles du ciel, cet abîme infini de l’au-delà qui me sépare douloureusement de toi depuis de si longs mois.

 

Je sens la vie m’abandonner petit à petit, ma barque penche et versera d’ici peu dans les méandres de l’obscur. La mer m’absorbera bientôt dans le gouffre crépusculaire de ses flots. J’entends dans la campagne au loin une cloche, un glas qui résonne à l’horizon de la mort. Un cygne blanc passe fugitivement, longe mon embarcation puis trépasse derrière le voile sombre de mes pensées. Il m’a semblé cependant entrevoir ton regard, j’ai cru deviner la métaphore de ton sourire, puis tu es reparti aussitôt dans un halo brumeux couronné de mystère. Un autre cygne au plumage de cendre a frôlé fugitivement ma voile, puis s’est envolé vers le ciel dans un élan lourd et maladroit. Je le suis du regard et m’égare dans les méandres d’un néant absolu…

 

… Du haut de mon rêve le plus cher j’entrevois la terre, cette planète azur dont on ne distingue plus désormais les frontières. Ma barque a disparu, n’est plus. Il règne désormais un soleil radieux qui paraît envelopper toute chose. Ma vie semble n’avoir échappé, mais je vibre cependant au son d’une voix opaline qui m’est infiniment chère. Je me retourne et t’aperçois, enfin ! Est-ce un rêve ? Est-ce la mort ? Serait-ce la vie du ciel ? Ai-je à nouveau été prise au piège de mes songes ?

 

             ©   Monique-Marie Ihry

J’ai obtenu pour ce texte le 2ème prix de prose poétique au concours de poésie de la ville de Frontignan (2014)

 

 

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