Dans le Jardin des mots

Archive pour décembre, 2009

BAISER D’AUTOMNE

Posté : 12 décembre, 2009 @ 9:46 dans Extraits de recueils de poésie de l'auteure, Poèmes en français, Prose poétique | Pas de commentaires »

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Baiser d’automne 

 

Une rue pavée déserte, une porte entrouverte, un paysage d’automne qui aurait pu être monotone, un passage clouté, une pluie bleutée tombant à perdre haleine dans cette ville lorraine, et entre tes lèvres… tout. Nous respirions à peine c’était fou, c’était divin. Ta bouche, tes yeux et ce baiser, baiser fougueux scellant un bel amour censé durer une éternité…

La pluie tombait avec une rare intensité. Nous étions là, tremblants, enchantés, trempés à nous conter notre ravissement d’amants insouciants. Et puis, à l’aube d’une matinée sereine, Dame Sort est venue frapper à notre porte avec son escorte de peine et de chagrin.

Dans cette rue déserte désormais bien monotone, sous une pluie battante d’automne, j’erre le cœur en bandoulière, l’âme entrouverte. Tout me ramène à cette douloureuse perte, ton souvenir, tes yeux, tes lèvres et ce baiser d’amour infini.

Un matin d’intense douleur, Dame Mort est venue te prendre par la main. Ce départ fut hélas, pour toujours, un aller simple sans retour…

 

©     Monique-Marie Ihry   – juillet 2009  -

(Extrait du recueil « La dernière pavane » paru en avril 2019 chez Cap de l’Étang Éditions)

 

Jeunesse éternelle

Posté : 6 décembre, 2009 @ 9:24 dans Poèmes en français | Pas de commentaires »

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Jeunesse éternelle 

 

Elle a été belle, 

Mais elle ne l’est plus, 

Plus autant qu’avant. 

Elle a été fleur frêle 

Il y a… un certain temps, 

Un temps révolu, 

Il y a tellement, 

Tellement de temps. 

 

La vie s’est écoulée, fluide 

Par moments radieuse, voire torride, 

Mais si peu, si peu souvent. 

Et puis sont apparue quelques rides. 

Petite fleur s’est fanée 

Au cours du temps, 

Au gré des vents, 

De ces vents tourment 

Qui l’on desséchée 

Au fil des années, 

Au fil du temps. 

 

L’amour a parfois dardé ses rayons 

Des rayons câlins, tendres et vermillon, 

Irradiant de bonheur, de joies son âme, 

Embrasant à la folie son corps 

Sans le moindre remords. 

Elle s’est alors offerte sans condition 

À cette ô combien attirante flamme, 

À cette douce passion 

Qui ne requerrait que reddition. 

 

Et puis des nuages 

Sont venus avec ombrage 

Assombrir ce ciel 

Où brillaient mille merveilles. 

Elle s’est retrouvée seule, 

Tellement seule 

Au milieu des champs virulents 

Et d’une adversité pourtant veule, 

Qui diffusaient d’acerbes vents 

Au pouvoir desséchant, corrompant. 

 

Elle a su redresser la tête, 

S’est même prise à faire la fête, 

Histoire d’avoir fière allure 

Et de montrer belle figure 

À ses enfants devenus orphelins 

Qui lui réclamaient mille câlins. 

 

Quelques vents non cléments 

S’évertuent encore par moments 

À balayer sa frêle parure 

Érigée en armure. 

Elle plie, mais jamais ne rompt 

Car sa bonté, nul ne corrompt. 

Sa jolie corolle 

Autrefois obole capricieuse et folle 

S’est quelque peu flétrie 

À force d’être marrie, endolorie. 

 

Cependant, son sourire irradie encore. 

Il en émane de doux reflets d’or. 

Son regard, autrefois de braise ingénue 

S’est mué en grâce tendresse. 

À ses petits-enfants des caresses 

Sans cesse elle s’évertue 

À dispenser avec largesse. 

 

Petite fleur est devenue une noble dame 

Son amour est la plus belle de ses armes, 

Sa tendresse ses plus précieux atours. 

Dans son cœur irradie une grande flamme, 

Celle de cette infinie tendresse 

Qui la rend désormais forte et belle 

Et lui confère jeunesse éternelle. 

 

©    Monique-Marie Ihry    -  mai 2009  - 

 

 

  

 

 

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